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Roman d'enfer
Frédéric Castaing   Siècle d’enfer
Au Diable Vauvert 2009 /  18 € - 117.9 ffr. / 336 pages
ISBN : 978-2846262033
FORMAT : 13cm x 20cm
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Une aventure, une histoire d'amour, un roman policier, une critique sociale... Siècle d'enfer inclut tous ces genres. Notre héros sort à vingt-deux ans du camp où il a passé la plupart de son enfance. Enthousiaste, plein d'espoir, prêt à découvrir le monde, il veut devenir écrivain. Mais, traqué inexplicablement depuis sa sortie, il se trouve forcé à fuir ses assaillants, qui sont du genre tenace. Se rebaptisant Vendredi Treize, il aboutit dans une association d'aide sociale où il commence à travailler et rencontre, sous cette nouvelle identité, ses futurs collègues : une fille comme il n'en a jamais vu, et Robert, plus ambigu, paternel et distant à la fois. Poursuivi à travers le roman par ces assassins mystérieux, Vendredi se bât, tombe amoureux et essaie d'écrire son livre, charmant le lecteur, avec les autres personnages, jusqu'à l'euphorie littéraire. De ce monde cruel, surgissent de touchants moments de gentillesse, de bonheur et de courage.

La critique sociale constitue un des aspects les plus forts de ce roman par ailleurs accompli à tous les niveaux. Le monde du livre y apparaît comme structuré par les jeux vidéos, la télévision, les publicités et les flash infos, et dans la lumière crue du regard franc de Vendredi, tous ces aspects troublent. C'est un monde où toute information est superficielle et rapidement transmise, où des campagnes et des programmes ne sont communiqués qu'avec des slogans et des banderoles, où l'on parle beaucoup mais sans rien dire de substantiel, et où l'on ne lit presque plus. Où la parole prime sur l'action, où le conformisme, la manque de travail, le désespoir, l'isolation, la dégradation des liens gangrènent l'espace social. Tout cela, d'ailleurs, est-il si différent de notre présent ?

Vendredi Treize est un personnage très attachant ; naïf, innocent, beau et silencieux, il ressemble à un héros de BD, avec son corps musclé, sa capacité à se battre, apprise au camp, et son manque de sentimentalité. Une certaine simplicité aussi : un Candide en plus impressionnant et plus tonique. Avec malgré tout, un côté vulnérable, ce qui suscite chez le lecteur une empathie forte, un effet produit sans doute par sa naïveté et ses sentiments tendres pour Rica, mais aussi par d'étranges atteintes de nausée et de vertige et par ce curieux «trou noir» dans sa tête, où semblent avoir disparu ses souvenirs les plus anciens.

Il veut devenir écrivain, mais il ne sait pas par où commencer – dans sa vie comme pour l'écriture. Il va à la bibliothèque pour lire, pour apprendre... Cet aspect du roman est l'un des plus saisissants car l'écriture évolue au fil du récit – Vendredi étant l'auteur/narrateur de ce manuscrit, un journal personnel -, son écriture change au fur et à mesure qu'avance la lecture. L'écriture devient plus pleine, les phrases plus complexes et descriptives, mais toujours en suivant le même rythme et sans fioritures, une simplicité qui caractérise le récit. Le rythme est sans doute l'élément clé du style de Frédéric Castaing ; il soulève le lecteur et l'emporte dans un courant, le plonge dans l'action, le provoque à parcourir rapidement les pages, à avancer sans pause. On dirait même parfois, dans les passages les plus tendus, qu'un battement de coeur cadence le texte : celui de Vendredi comme celui du lecteur.

Vendredi écrit ce qui lui arrive sans préciser sentiments ni réflexions, conférant une légèreté au récit. Dense, mouvementé et sans pathos, l'écriture parvient néanmoins à susciter en retour chez le lecteur de très forts sentiments.

Une seule critique à adresser au roman serait son titre, Siècle d'enfer, peut-être trop fort. Mais au final, un roman que l'on peine à lâcher.


Lisa Jones
( Mis en ligne le 23/09/2009 )
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