L'actualité du livrerencontre rencontrefemme Jeudi 24 août 2017
  
 
     
Le Livre
Littérature  ->  
Rentrée Littéraire 2017
Romans & Nouvelles
Récits
Biographies, Mémoires & Correspondances
Essais littéraires & histoire de la littérature
Policier & suspense
Classique
Fantastique & Science-fiction
Poésie & théâtre
Poches
Littérature Américaine
Divers
Entretiens

Notre équipe
Essais & documents
Philosophie
Histoire & Sciences sociales
Beaux arts / Beaux livres
Bande dessinée
Jeunesse
Art de vivre
Poches
Sciences, écologie & Médecine
Rayon gay & lesbien
Pour vous abonner au Bulletin de Parutions.com inscrivez votre E-mail
Rechercher un auteur
A B C D E F G H I
J K L M N O P Q R
S T U V W X Y Z
Littérature  ->  Romans & Nouvelles  
 

Moïse rom
Moris Farhi   Les Enfants du Romanestan
Bleu autour - D'un lieu l'autre 2016 /  24 € - 157.2 ffr. / 448 pages
ISBN : 978-2358480505
FORMAT : 14 x 22 cm

Martine Chard-Hutchinson et Agnès Chevallier (Traduction)
Imprimer

Un roman étonnant de Moris Farhi, une vaste épopée poétique. Moris Farhi, né en 1935 dans une famille juive de Turquie, vit depuis ses vingt ans en Angleterre. Il a été comédien avant de devenir romancier, scénariste, poète, autant de facettes de sa personnalité qui se rejoignent dans ce roman fleuve, Les Enfants du Romanestan, dans lequel il empoigne à bras le corps l’histoire du peuple rom et de ses épreuves, mais aussi, et davantage encore, l’histoire de sa culture et de ses légendes. Les Roms : un peuple qu’il connaît bien pour avoir vécu dans son enfance à Ankara près d’une communauté rom, puis effectué plusieurs voyages en Bosnie et en Macédoine dans ces communautés, où il compte de nombreux amis et un «frère de sang».

Moris Fahri reconstruit un texte fondateur, une Bible des Roms, un Livre Sacré, récit des origines, mélange des grandes mythologies fondatrices : la Genèse, les souvenirs des mythologies grecque, égyptienne, hindoue, etc. Texte perdu, puis retranscrit par un héros-martyr, puis perdu à nouveau et enfin inspiré au personnage central Branko/Benedict, qui, fragment après fragment, le reconstitue dans la douleur et la solitude. Une entreprise qui est en elle-même énigmatique puisque les Roms n’ont pas d’écrit mais que leur culture est de tradition orale, la swatura. Ce texte fait partie d’une prophétie que Branko doit porter, malgré lui (comme tous les prophètes…) et accomplir : ramener le peuple rom vers sa terre promise, le Romanestan. Mission divine qui le dépasse et l’entraîne dans un violent dialogue/affrontement avec O Del/Dieu. Mission divine qui le condamne à la stérilité personnelle puisque son destin est d’enfanter un peuple nouveau…

Le récit commence dans la nuit d’Auschwitz, au milieu des Tziganes voués à l’extermination par les nazis, avec la naissance d’un bébé, Branko, que ses parents parviendront à faire sortir du camp en le confiant à un ingénieur allemand charitable. Le porajmos (génocide gitan) parcourt tout le livre, jusque sous sa forme contemporaine : l’épuration ethnique dans la Roumanie de Ceausescu. Enfant sauvé par miracle, élevé finalement par un couple de gadjé (Mechior et Élise), après avoir été arraché à une mère tzigane (Ariana), élevé dans l’orphelinat d’une association pour enfants tziganes, Benedict n’a que de minces souvenirs de ses origines. Il est pleinement assimilé, du moins le pense-t-il. Il vit dans une Suisse prospère aux côtés d’une compagne désirée. Cependant, la mort et les dernières paroles de son père adoptif le jettent sur le chemin de sa destinée : redevenir ce qu’il est, un Rom survivant, compagnon d’une Rom, Lumnia, la drabarni (qu’on peut traduire par sorcière ou magicienne), le fils d’un Ursari (dresseur d’ours) et l’ami d’un ours nommé Patte de Miel.

Dans ce texte foisonnant, un fil rouge : le questionnement incessant sur l’identité, celle des Roms, celle des gadjé, celle que l’on hérite, celle que l’on se construit… Et un lieu : l’Europe centrale et orientale, les Balkans ; un fleuve : le Danube ; un horizon : la mer noire… ; une prophétie leitmotiv : ''Un nouvel arbre portera les feuilles mangées par l’âne. La grenade fendue se reconstituera. L’espoir dévalera les pentes des montagnes vers la mer et s’éloignera vers le large avant de devenir terre'' ; soit un monde un peu mystérieux, à l’image de la belle illustration de couverture réalisée par la peintre Claire Forgeot.

De multiples personnages, enfin : Branko, le nouveau Moïse de ce peuple, dont les couleurs multiples enchantent la terre, Lumnia la mystérieuse, Ariane la Gitane, mère adoptive qui porte dans les paumes de ses mains le destin tragique de son fils aimé, Léo, Léo, le traître qui veut à tout prix l’assimilation, Kalderon le vieux Juif survivant de l’Holocauste, gardien d’un musée à Sarajevo et ami des Roms, figure possible de l’auteur… Comme Moïse, Branko qui aura conduit son peuple aux rives de la terre promise, ne peut y pénétrer.

Un grand roman, lyrique et tragique…


Marie-Paule Caire
( Mis en ligne le 06/01/2017 )
Imprimer
 
SOMMAIRE  /  ARCHIVES  /  PLAN DU SITE  /  NOUS ÉCRIRE  

 
  Droits de reproduction et de diffusion réservés © Parutions 2017
Site réalisé en 2001 par Afiny
 
livre dvd