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Quelque chose redémarre pour la littérature française…
Philippe Forest   Le Roman, le réel et autres essais - Allaphbed 3
Editions Cécile Defaut 2007 /  20 € - 131 ffr. / 302 pages
ISBN : 978-2-350-18038-0
FORMAT : 13,0cm x 19,0cm

L'auteur du compte rendu : Alain Romestaing est maître de conférences en Littérature française à l’IUT de l’Université René Descartes - Paris V. Sa thèse, soutenue à La Sorbonne - Paris IV, traite du corps dans l’ensemble de l'œuvre de Jean Giono. Il est rattaché à l’UMR 7171, «écritures de la modernité», à la Sorbonne Nouvelle - Paris 3.
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À propos de l’auteur et de l’ouvrage, la très intéressante maison d’édition Cécile Defaut dit l’essentiel en quatrième de couverture : «Philippe Forest est l'auteur de nombreux essais et de trois romans parus aux éditions Gallimard : L'Enfant éternel (Prix Femina du Premier roman 1997), Toute la nuit (1999) et Sarinagara (Prix décembre 2004). Après La Beauté du contresens (2005) et De Tel Quel à L'Infini (2006), ce troisième volume d'Allaphbed rassemble une série d'études et de conférences, toutes récentes et souvent inédites, consacrées au roman moderne. A partir de ses propres livres et de ceux de quelques écrivains majeurs (depuis James Joyce et Georges Bataille, André Breton et Louis Aragon jusqu'à Alain Robbe-Grillet et Philippe Sollers, Kenzaburo Oé et Philip Roth), Philippe Forest développe une vraie vision systématique du roman présent qui, renouvelant leur approche et leur interprétation, touche aux principales questions littéraires d'aujourd'hui et invite à les envisager de nouveau dans la fidélité à l'idéal moderne : répondant au réel et répondant de lui, le roman se trouve défini comme: une expérience de l'impossible à la faveur de laquelle une figure du «Je» se réinvente à l'épreuve du monde».

On chipotera peut-être sur l’élégance de la formule «vraie vision systématique», mais on accordera qu’en effet Philippe Forest est un auteur contemporain important, comme critique et comme romancier. C’était manifeste lors du non moins important colloque «Enjeux contemporains du roman» organisé le 26 janvier 2007 à la Maison de l’Amérique Latine et qui a rassemblé de nombreux écrivains, universitaires et journalistes : Philippe Forest était non seulement invité et a pu faire entendre ce ton à la fois pondéré et convaincu que l’on retrouve dans ses textes, mais il fut aussi souvent cité. Il est vrai en outre que son actualité est riche puisqu’il vient de faire paraître chez Gallimard un autre essai intitulé Tous les enfants sauf un qui est un retour sur son premier roman, L’Enfant éternel. Mais cette actuelle «visibilité» de l’auteur, encore confirmée par un récent entretien dans le Monde des livres, n’a rien d’un effet de mode. Philippe Forest développe son œuvre depuis longtemps et avec ténacité.

C’est d’ailleurs ce qui frappe chez cet auteur : le ressassement d’un même événement par le biais de modalités d’écritures diverses, de réflexions sur des sujets et des auteurs différents, et cela depuis une dizaine d’années. L’événement biographique, c’est la mort à quatre ans – d’un cancer – de la fille du romancier. L’événement au sens philosophique et esthétique, c’est le roman, en tant qu’il s’attache vraiment à répondre à «l’appel inouï du réel» (titre de la première partie de l’ouvrage) et tel que le décrit Forest dans la dernière partie qui est une conclusion : «si la langue romanesque peut à son tour faire événement, c’est dans la stricte mesure où quelque chose du réel y serait repris (y ferait l’objet d’une «reprise»). «Reprise». Non pas «réminiscence» : révélation reconduisant nostalgiquement l’individu vers un passé censé contenir en lui la somme de toute signification. (…) «Reprise» au sens où Kierkegaard, bien sûr, dans un texte que son inintelligibilité totale rend interminablement fascinant, définit mystérieusement comme «ressouvenir en avant»» (p.297)

Philippe Forest, en une langue parfaitement intelligible et néanmoins fascinante par sa scrupuleuse obstination, s’efforce en effet de cerner au plus près le noyau d’une écriture romanesque élaborée dans la fidélité au scandale de l’existence et dans le défi des facilités de la consolation, dans le double refus des illusions du néo-naturalisme et de l’obsolescence du formalisme, bref dans la confrontation à «l’impossible du réel». Et c’est grâce à une telle concentration autour de ce noyau de nuit remettant en cause et en jeu la sédimentation de la réalité, que l’auteur peut aussi aborder avec profondeur «les principales questions littéraires d’aujourd’hui», pour reprendre la formule de la quatrième de couverture : après une première partie déterminante sur «l’appel inouï du réel », Philippe Forest consacre plusieurs textes également très éclairants et novateurs aux différents aspects du «roman du je», entre «ego-littérature», «autofiction» et «hétérographie». Dans une troisième partie, plus courte, il tente une réhabilitation du pathos accompagnée d’une réflexion sur la douleur. Enfin, convoquant notamment Giorgio Agamben et Primo Levi, puis Kierkegaard, il nous propose une ambitieuse analyse de la valeur éthique du roman («morales du roman moderne»).

Pour qui s’intéresse aux récits contemporains, Le Roman, le réel et autres essais est donc une référence indispensable. On lui adjoindra (au moins) Littérature française au présent, l’essai universitaire de Dominique Viart et Bruno Vercier (Bordas, 2005) à l’origine du colloque évoqué plus haut, et Devenirs du roman, ouvrage collectif aux éditions Inculte/Naïve (2007). Quelque chose redémarre pour la littérature française…


Alain Romestaing
( Mis en ligne le 30/03/2007 )
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