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New York bobo
Jay McInerney   Les Jours enfuis
L'Olivier 2017 /  22,50 € - 147.38 ffr. / 490 pages
ISBN : 978-2-8236-1012-3
FORMAT : 14,5 cm × 22,0 cm

Marc Amfreville (Traducteur)
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Né en 1955 dans le Connecticut, Jay McInerney a connu immédiatement le succès avec son premier roman, Oiseau de nuit (1984) qui décrivait les nuits de la jeunesse dorée new yorkaise et qui sera adapté à l’écran. Au même moment, Bret Easton Ellis publie Moins que zéro sur le même thème, et les deux romanciers participent au groupe littéraire ''Le Bratpack''. L’un et l’autre sont des romanciers de New York qui à l’époque n’était pas un sujet littéraire.

Pour raconter «sa» ville, deux héros : Corrine et Russell Calloway que les lecteurs de Jay McInerney suivent fidèlement depuis Trente ans et des poussières (2003) et La Belle vie (2007) ; ils ont désormais la cinquantaine, leurs jumeaux grandissent, leur couple connaît une nouvelle fois une passe difficile. Corrine retrouve Luke, l’amant de La Belle vie, revenu d’Afrique du Sud, avec une nouvelle épouse qui pourrait être sa fille, et davantage de fortune encore. Mince suspense : quel sera le choix de Corrine ? Chaque volume peut se lire indépendamment.

Mais au-delà de ce fil qui construit la trilogie - les heurs et malheurs d’un couple des classes moyennes (très) aisées -, Jay McInerney parle de son sujet préféré : New York, personnage à part entière qui subit des transformations profondes et irréversibles. Certes le 11 septembre a été un événement décisif, mais bien davantage l’esprit de l’époque, les profits démesurés des milieux financiers, le succès de Manhattan, la sécurisation de la ville qui entraîne inéluctablement la disparition de la bohème, des malfrats, des quartiers glauques et donc de l’inattendu.

Corrine et Russell évoluent dans une société où leurs amis et relations, tous démocrates évidemment, se déplacent en jets privés, passent Noël à Saint Barth, ont leur table réservée dans les meilleurs restaurants de la ville, habitent de somptueux appartements dans Upper East Side ou Upper West Side. Un train de vie luxueux qui leur est interdit à eux, mais qu’ils essaient avec acharnement de suivre. Au lendemain du 11 septembre, Corinne a fait le choix d’un salaire moindre en échange d’un métier qui ait du sens. Russell quant à lui est toujours éditeur ; ils tentent de rester fidèles à leurs idéaux de jeunesse : l’art et l’amour contre le pouvoir et l’argent… Ils vivent à TriBeCa dans un loft un peu petit pour la famille, mais que Russell ne peut envisager de quitter pour un quartier correspondant mieux à leurs moyens, dans une ville qui se «gentrifie» à grande vitesse. Jay McInerney décrit la vague de spéculation immobilière inexorable qui transforme le sud de Manhattan en lieu chic, où les boutiques de couture remplacent les bars mal famés.

Des passages hilarants, comme la collation prise dans un restaurant à la mode par Corrine et ses amies qui demandent «la» salade de la carte… mais sans aucun des ingrédients qui composent la recette… ou encore le dîner presque clandestin dans un restaurant gastronomique japonais très tendance qui n’ouvre ses portes qu’à des clients triés sur le volet et dument recommandés, du moins avant la faillite de Lehman Brothers… La culture gastronomique tient d’ailleurs un grand rôle comme critère de «distinction» et si Russell est «pauvre» en comparaison de nombre de ses relations, en revanche personne ne peut prétendre lui en remontrer dans ce domaine.

L’obsession de la minceur chez les femmes, et de l’apparence chez tous, tenir son rang à tout prix, vivre à Manhattan, participer à des galas de bienfaisance à des prix exorbitants que nos deux héros n’ont pas les moyens d’assumer, passer l’été dans une ferme louée dans les Hamptons, organiser des réceptions courues… Jay McInerney place avec tendresse ses héros dans des situations intenables dues à un écart croissant entre leurs ambitions et leurs moyens. Le tout sur fond d’une campagne électorale inédite, alors que les personnages s’affrontent sur les qualités réciproques de Hillary Clinton et Barack Obama, tandis que monte la crise financière qui conduira à la faillite retentissante de Lehman Brothers.

Indestructible cependant, Manhattan survit. Un jour proche, TriBeca sera détrôné par «SoHa»(South Harlem), et nos héros vieillissent doucement mais avec élégance… Un roman de mœurs bien mené, dont le héros principal est New York, comédie nostalgique, qui se clôt sur l’élection de Barack Obama.


Marie-Paule Caire
( Mis en ligne le 30/10/2017 )
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