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Péquenots des Appalaches…
James-David Vance   Hillbilly Élégie
Globe 2017 /  22 € - 144.1 ffr. / 288 pages
ISBN : 978-2-211-23328-6
FORMAT : 15,2 cm × 22,6 cm

Vincent Raynaud (Traducteur)

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Best seller aux États-Unis, en voie d’adaptation cinématographique par Ron Howard, Hillbilly Élégie est la description d’une Amérique qui vit non le rêve, mais le cauchemar américain. Mal connus, ces hillbillies (terme péjoratif que l’on peut traduire par ''péquenauds'') sont en marge de l’Amérique de la réussite. «Pauvres blancs» de la région des Appalaches,ils sont les descendants de mineurs et de paysans misérables, qui dans les années 1960 ont connu une relative amélioration de leur sort en s’embauchant dans des industries en pleine expansion. Aujourd’hui, ils vivent de façon tragique la désindustrialisation de la région, entreprise à la fin du siècle dernier. On parle désormais de «Rust Belt», la ceinture de la rouille, aux entrepôts abandonnés, une région de chômeurs sans espoir, qui a massivement voté aux dernières élections présidentielles pour le candidat Trump. Le livre est antérieur à Novembre 2016 mais aux États-Unis il est lu dans cette perspective : celle d’un texte prémonitoire pour comprendre une élection inattendue.

Écrit sans grands style, à la fois texte autobiographique, essai, réflexion sociologique, Hillbilly Élégie juxtapose de courts chapitres qui initient le lecteur à cette société particulière, mal intégrée au pays, une société de pauvres qui ne sont pas reconnus comme les minorités ethniques et qui pourtant d’une certaine façon en constituent une : «Les Irlando-Écossais sont l’un des sous-groupes les plus identifiables de la population américaine. En voyageant à travers le pays, j’ai été sidéré de constater que les Irlando-Écossais possèdent, et de loin, la sous-culture la plus persistante et immuable des États Unis (…) a fait remarquer un observateur». C’est cette «sous-culture» que l’auteur entend expliquer ; il en est issu et il a pu la dépasser grâce à son engagement chez les Marines et à son travail.

Étudiant à Yale, il est devenu un avocat d’affaires et se retourne sur son parcours : «Là où les Américains voient des Hillbillies, des rednecks ou des white trash, je vois mes voisins, mes amis, ma famille». Une société qui vit selon ses propres règles, indifférente au reste du pays, soucieuse de survivre et de défendre avant tout le clan familial. La figure des grands-parents, que l’auteur a toujours vus avec une arme dans la poche, est assez emblématique de ce point de vue.

Le propos de J.D.Vance n’est pas d’accabler mais de démonter les rouages de la pauvreté : alcoolisme, maltraitance, violences conjugales, familles monoparentales, etc., et d’envisager des issues. Au-delà de l’objectif militant, se dégagent des figures attendrissantes : les grands-parents Papaw et Mamaw, qui suppléent les carences maternelles. La mère, elle, comme de nombreuses filles de ce milieu, a arrêté ses études adolescente, en raison d’une grossesse ; ses enfants se succèdent au fur et à mesure du défilé d’hommes qui ne restent jamais très longtemps dans ce foyer déglingué. Toxicomane, elle est incapable de s’occuper de ses enfants, largement pris en charge par les grands-parents donc.

Fier de sa réussite et d’avoir échappé à cette malédiction de la misère que portent les siens, J.D. Vance se vit néanmoins comme un traître à son milieu d’origine, à qui il tente de dispenser des conseils pour attraper l’ascenseur social. Un roman qui permet de mieux comprendre une Amérique blanche et pauvre, souvent présentée de façon caricaturale, même si la caricature n’est pas totalement injustifiée…


Marie-Paule Caire
( Mis en ligne le 06/11/2017 )
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