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Plein les yeux
Paul Levitz   The Silver Age of DC Comics - 1956-1970
Taschen 2013 /  39.99 € - 261.93 ffr. / 395 pages
ISBN : 9783836535786
FORMAT : 25x33 cm
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Les frenchies amateurs de comics nés dans les années 70 et 80 ont pu avoir une vision partielle de l’univers des super-héros américains. À côté de la prédominance des publications Marvel, distribuée avec passion et rigueur par les éditions Lug, le groupe concurrent DC n’a pas forcément été bien représenté dans l’hexagone. Quelques publications sporadiques, des titres aussi vite disparus qu’apparus, un ordre de publication douteux, des formats tronqués... et c’est tout un univers qui malheureusement n’a jamais pu convenablement traverser l’océan.
Avec l’engouement renoué pour les super-héros, essentiellement grâce aux adaptations cinématographiques, c’est tout un pan de l’industrie du comics qui revient sur le devant de la scène. Et cette fois, pas seulement aux USA: il y a maintenant les éditions Urban Comics qui s’attèlent à remettre en valeur les titres les plus prestigieux du groupe, grâce à des choix éditoriaux toujours impeccables.
Et il y aussi, donc, cette série de très (très !) beaux livres des éditions Taschen. Une suite de 5 énormes pavés remplis à ras bords d’illustrations merveilleuses. C’est une introduction idéale à l’univers de DC et c’est la nouvelle bible pour tous les amateurs du genre. Une somme tout simplement, incontournable et indispensable.

Précisons que cette série puise dans le très grand format sorti en 2010 chez Taschen, le monumental 75 years of DC comics, mais que, au final, cette nouvelle série est plus complète et couvre une période plus importante (le dernier volume traitera ainsi des publications DC jusqu’en 2012).

Avec sa belle couverture argentée, ce Silver Age est déjà splendide. Et au bout de ces 400 pages remplies d’images pop, colorées, drôles, puissantes et dynamiques, on reste émerveillé par ce flot d’idées folles, cette richesse graphique, et ces talents qui collaborent avec sérieux et passion autour d’un genre populaire. Après l’Âge d’or, la période de l’Âge d’argent (qui coïncide plus ou moins avec l’instauration du Comics Code Authority) est marquée par un retour flamboyant des super-héros après un passage à vide, et une recrudescence de « reboot », preuve que les années 2000 n’ont rien inventé. C’est en effet le temps des spectaculaires renaissances pour des personnages comme Wonder Woman, Green Lantern, ou surtout Flash. Avec ce dernier, c’est aussi le prétexte à élaborer ce qui deviendra également une routine pour les années à venir, le concept de terres parallèles: les différentes versions d’un héros se croisent au fil des épisodes, les dimensions et les différentes temporalités se bousculent.
L’Âge d’argent est aussi une période où la parodie et l’humour côtoient étroitement les séries majeures. Superman est ainsi accompagné de son super chien. On voit aussi l’apparition de Supergirl, de Superbébé, de Batwoman, de Catwoman, de Superman du futur, de Superman méchant etc. Les histoires en « Et si… » se multiplient. Les mélanges des genres aussi. Bref, c’est une période un peu folle où tout part un peu dans tous les sens. Et les illustrations proposées sont donc à l’aune de cet esprit de liberté débridée. Les couvertures des comics sont d’impeccables teasers, avec leurs accroches choc (« Batman Killed », « The Day 100 000 People Vanished ! » , « I married a Monster ! »...), et ce sont des œuvres à elles toutes seules. Il y a dans ces images tout ce qui fait l’industrie du comics: la folie, la fantaisie, mais aussi le commerce et la vulgarité avec leurs promesses pas toujours tenues. Elles se suffisent à elles-mêmes, elles interpellent autant qu’elles amusent, et c’est parfois (malheureusement), la seule bonne image du comics qui suit.

Comme pour le premier tome, et de la même manière que les suivants déjà annoncés, un invité de marque est interviewé en première partie. Ici, c’est Neal Adams qui revient sur sa carrière. Si l’homme est plutôt connu pour avoir œuvré lors de l’âge de bronze, son témoignage reste intéressant.
Vient ensuite le compte rendu historique de Paul Levitz. Des grandes dates sont données, et surtout des grands noms. Levitz montre bien que derrière tous ces super-héros et ces séries devenues légendaires, il y a des hommes, des artistes et des faiseurs, des passionnés et des commerciaux. Quelques rapprochements avec l’actualité du moment sont faits (la guerre du Vietnam, 1968…), mais le propos reste dans l’ensemble détaché de tout contexte. Ce qui intéresse Levitz avant tout c’est de mettre en avant l’évolution de DC, ses choix artistiques, ses grands moments. Au final, l’analyse historique est plutôt succincte mais elle donne un aperçu synthétique de ces années-là.
La suite du livre est donc une immense galerie d’illustrations, le plus souvent classées par thèmes (Superman, Batman, les gorilles, le mariage, la mort…). Quelques artistes phares ont droit à leur propre chapitre et c’est l’occasion d’admirer une fois de plus le travail de Carmine Infantino, Steve Dikto…. Le texte de Levitz, notamment dans ses légendes, n’est pas totalement béni oui-oui et certains commentaires sont même emprunts d’un seconde degré sarcastique voire d’une certaine sévérité.
Évidemment, nous sommes chez Taschen, et c’est l’iconographie ici qui donne toute sa puissance et sa qualité à cette série de livres. Personne ne sera déçu ici : des dizaines de couvertures pleine pages, quelques planches originales, et puis également pour les connaisseurs des photos d’objets dérivés et autres gadgets. C’est juste une insondable caverne, que l’on se plaira à feuilleter encore et encore, au hasard. Il y a là de quoi tenir l’hiver et les prochains.


Alexis Laballery
( Mis en ligne le 26/08/2013 )
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