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Dossier : Paroles de poilus
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1914-1918
Le Feu

Trèves et fraternisations
Rémy Cazals   Marc Ferro   Malcolm Brown   Olaf Mueller   Frères de tranchées
Perrin - Tempus 2006 /  8.50 € - 55.68 ffr. / 324 pages
ISBN : 2-262-02599-1
FORMAT : 11,0cm x 18,0cm

Première parution en octobre 2005 (Perrin)

Voir aussi :
Carion Christian, Joyeux Noël, Perrin Octobre 2005, 177 p., 14 €, 13,5cm x 20,5cm, ISBN : 2-262-02400-6.

L'auteur du compte rendu : Thérèse Krempp mène une recherche en doctorat à l'Ecole des hautes études en sciences sociales sur l'armée française d'Orient pendant la Première Guerre mondiale. Avec Jean-Noël Grandhomme, elle a publié Charles de Rose, pionnier de l'aviation de chasse (éditions de la Nuée Bleue, septembre 2003).

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Récemment mis à l’honneur par le film Joyeux Noël de Christian Carion, le thème des fraternisations de tranchées pendant la Première Guerre mondiale n’avait jamais fait l’objet d’une étude approfondie en France. Ces épisodes ont été bien étudiés par les chercheurs anglo-saxons, mais il manquait assurément un ouvrage en français qui en retrace l\'histoire. C’est désormais chose faite avec l’ouvrage collectif présidé par Marc Ferro, codirecteur des Annales et directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales.

Cet ouvrage, divisé en quatre grands chapitres, propose autant de contributions qui présentent le point de vue anglais (étudié par Malcolm Brown), ainsi que les points de vue français (Rémy Cazals), allemand / italien (Olaf Mueller) et russe (Marc Ferro). Chacun de ces historiens s’appuie largement sur la correspondance des hommes et nous présente ces fraternisations telles qu’elles ont été perçues par les soldats et par les officiers.

Malcolm Brown, dans le premier chapitre, s’attache plus particulièrement à la période de Noël 1914 et aux fraternisations sur le front occupé par le corps expéditionnaire anglais. La «trêve des soldats» était encore, selon l’auteur, une tradition «bien ancrée dans la culture des combattants». La veille et le jour de Noël, des concerts furent improvisés dans les tranchées, puis les soldats anglais et allemands sont sortis sur le no man’s land qui séparait les tranchées adverses, discutèrent, échangèrent des cadeaux (tabacs, cigarettes, chocolat entre autres), burent un verre, partagèrent les offices religieux. Initiés de façon spontanée par les hommes, les cas d’entente avec l’ennemi semblent avoir été sporadiques et variables dans leur intensité ainsi que dans leur durée (certains se prolongèrent jusqu’aux mois de janvier et de février). Présentée dans différents journeaux anglais, la trêve de Noël ne donna lieu à aucun procès en cours martiale.

Le deuxième chapitre de l’ouvrage présente une étude des fraternisations entre Français et Allemands durant toute la durée de la guerre. Fréquemment imposées par les intempéries et l’inondation des tranchées, ces fraternisations sont, en général, plutôt à considérer comme des «petits gestes de non-agression». Dans certains secteurs, Français et Allemands conclurent une trêve temporaire pour consolider les tranchées et enterrer les morts. On laissait aussi parfois l’adversaire allumer un feu pour se réchauffer. L’exemple le plus frappant reste celui des attaques et des mines : les soldats prévenaient ceux d’en face de l’heure des attaques ou de l’heure à laquelle ils feraient sauter les mines. La hiérarchie militaire tenta de minimiser voire d’occulter ces faits. Rémy Cazals montre bien que ces trêves étaient avant tout une réaction de simple bon sens correspondant au concept du «vivre et laisser vivre». Selon lui «elles participèrent de l’effort général de sociabilité pour échapper à l’ensauvagement».

Apres une évocation des fraternisations sur le front italien et des procès militaires qui en découlèrent, Olaf Mueller étudie la vision allemande. L’auteur commence par présenter différentes réactions de la justice militaire, puis relate les fraternisations de Noël et des jours de fêtes. Il évoque également les différents moyens de rentrer en contact avec les tranchées adverses et conclut en s’interrogeant sur la place prise par ces souvenirs dans les associations pacifistes de vétérans dans l’entre-deux-guerres.

Dans le dernier chapitre de l’ouvrage, Marc Ferro évoque rapidement les fraternisations du côté russe à partir de 1917, fraternisations qui revêtent un caractère assez particulier puisqu’elles sont liées à la révolution russe. Sous-jacent jusque-là, le désir de trêve se révèle dans toute son intensité lors du soulèvement de Petrograd (23-27 février 1917). Les fraternisations qui, avant cette date, ne portaient que sur le statut du combattant, acquirent alors une signification politique très forte que vint renforcer le mot d’ordre de Lénine : «Paix immédiate, tout le pouvoir aux Soviets». La hiérarchie militaire condamna fortement les fraternisations mais cette attitude contribua à augmenter le nombre des mutineries.

Cet ouvrage nous propose ainsi une étude fort intéressante qui permet de faire mieux connaître en France les fraternisations de tranchées telles qu’elles ont été perçues par les différents adversaires de la Première Guerre mondiale.


Thérèse Krempp
( Mis en ligne le 25/10/2006 )
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