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Dans quel état j'ère ?...
Christopher Priest   Le Glamour
Gallimard - Folio SF 2012 /  7.30 € - 47.82 ffr. / 409 pages
ISBN : 978-2-07-044568-4
FORMAT : 10,9cm x 17,8cm

Michelle Charrier (Traducteur)
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Après avoir été expert-comptable, Christopher Priest se tourne vers l'écriture en 1963. Sa première nouvelle, intitulée The Run, est publiée dans la revue Impulse en 1966. Il conquiert le public en 1974 avec Le Monde inverti qui remporte le prix British Science Fiction du meilleur roman. Suivent Futur intérieur, La Fontaine pétrifiante, Le Prestige, L'Archipel du rêve et La Séparation. En 1999, il participe à la novélisation du film eXistenZ, de David Cronenberg, puis en 2006, Le Prestige est adapté au cinéma par le réalisateur Christopher Nolan.

Christopher Priest nous embarque ici dans un récit au décor plutôt banal, se concentrant sur les personnages clés et leur psychologie. Des éléments sèment la discorde dans la logique des choses et le lecteur perd pied. Un univers étrange, contre-balancé par un style fluide et économe. Le récit est construit ; on y trouve des procédés narratifs qui invitent le lecteur à s’interroger sur sa construction et sa signification et l’incitent en quelque sorte à sortir de la fiction. Comme souvent chez Christopher Priest, le roman est construit sur deux points capitaux : l’alternance des points de vue narratifs, qui transforme le texte en énigme, et la déréalisation par la création d’univers virtuels. Christopher Priest est un auteur de science-fiction qui a ainsi été placé dans le sillage de Philip K. Dick.

Le Glamour reste assez en retrait d’autres romans plus étoffés de l’auteur. Richard Grey, caméraman professionnel, se réveille amnésique des suites d'un attentat à la voiture piégée dont il a été victime par hasard. Il se rétablit dans une maison de repos et il essaye de se reconstruire. Son ancienne petite amie, Susan Kewley, une artiste, finit par le retrouver. Mais Grey n’a plus aucun souvenir d’elle. Peu à peu, la mémoire lui revient, et avec elle, l’évocation d’un don étrange que Sue posséderait : le glamour, la faculté de se rendre invisible. Commence alors la course à la mémoire, entre épisodes fantasmés, rêvés ou vécus.

Le Glamour est un récit réellement fantastique dans le sens où l’indécision entre réel et irréel n’est jamais révélée. Christopher Priest s'amuse à jouer avec ses lecteurs en leur donnant de fausses pistes, de faux souvenirs, de faux déroulements du passé du héros. Nous nous retrouvons aussi perdus que Richard, dans une altercation de différentes versions d'une même histoire. Est-ce que l’appartement de Grey a quatre ou cinq pièces ? Est-ce qu'il est allé à Saint-Raphaël ou au contraire a-t-il voyagé dans l'Angleterre ?

Si les quatre premières parties nous plongeaient dans l’univers chaotique de la mémoire de Grey, la cinquième nous place dans la subjectivité de Sue pendant plus d’une centaine de pages... hélas forts peu passionnantes, ce qui rompt la trame de la narration et le la thématique d’une façon artificielle. Et qu’est-ce que le glamour apporte à cette histoire ? Pas grand-chose et l’on y croit pas trop. Au lieu de jouer sur la pure perception de la réalité (ce que nous vivons, le vivons-nous réellement ?), l’auteur ajoute un élément «fantastique» peu crédible dans cette fiction réaliste. On peut se demander si une telle intrigue n’a pas été posée là d’une manière un peu trop facile, histoire de créer du mystère et de l’étrange, pour achever en définitive un récit intéressant mais dont la fin convenue, comme souvent, gâcherait toute la structure narrative.

Au final, Le Glamour est un roman prometteur et intéressant, construit sur plusieurs niveaux, mais différents passages (dont la fin) s’éloignent du thème original ou de l’intrigue.


Yannick Rolandeau
( Mis en ligne le 27/02/2012 )
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