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Une drôle de chanson
Ryoko Fukuyama   Masked noise (tome 1)
Glénat - Shôjo 2016 /  6.90 € - 45.2 ffr. / 192 pages
FORMAT : 11,5x18 cm
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Au début de cette histoire, Nino est une petite fille perturbée par les disputes de ses parents. Pour se calmer, elle ouvre la fenêtre de sa chambre et appelle son voisin Momo, un garçon du même âge. Ensemble, ils chantent pour faire face au monde. Les années passent, les deux enfants gardent leurs habitudes. Le lien fusionnel de Nino et Momo dérange un peu leur entourage qui a sans doute compris avant eux la nature des sentiments qu’ils ont l’un pour l’autre. Un soir, la fillette qui n’arrive pas à dormir, appelle son copain. Pas de réponse. Elle insiste et c’est finalement sa mère qui entre dans la chambre pour lui expliquer que Momo et sa famille ont subitement déménagé. Nino croit naïvement qu’il va revenir. Elle passe des jours et des nuits à l’attendre. Le temps passe, la douleur devient insupportable. Elle se rend sur la plage pour pouvoir crier en espérant que cela l’aide à se sentir mieux. Elle est interpellée par un garçon aux longs cils. Il composait une chanson sur le sable et Nino l’a presque effacé avec ses pas. Elle lit les notes et se met à chanter en suivant la partition. Elle remarque aussitôt qu’elle respire mieux : la disparition de Momo devient supportable. Yuzu, le jeune compositeur de la plage, est émerveillé par cette interprétation. Il change d’attitude envers Nino qu’il décide de rebaptiser Alice. Cette relation ne dure pas longtemps et l’héroïne se retrouve encore seule. Le lecteur la retrouve à l’entrée au lycée. Elle n’a pas vraiment changé : un masque sur la bouche, asociale et naïve. Après 6 ans, elle va enfin recroiser la route de ces deux garçons.

L’intrigue de Masked Noise n’est pas simple à résumer. On sent que tout n’est pas encore en place et que certains éléments ne seront exploités que dans les tomes suivants. Par exemple, le groupe de musique masqué, le travestissement ou l’interdiction de chanter imposé à Yuzu. Même les personnages secondaires ont l’air d’avoir un rôle plus important à jouer dans la suite. “Crâne d’œuf” intervient de façon assez discrète, est-il voué à évoluer ou est-il là uniquement pour le comique de répétition ? Tout cela rend ce manga très vivant et nous aide à entrer dans l’histoire qui n’est pourtant pas très crédible. En effet, outre le génie musical des personnages, Nino est d’une naïveté déconcertante. Elle prend au premier degré les propos de Yuzu qui lui dit que si elle continue de chanter, Momo finira par l’entendre et elle le reverra. Du coup, la jeune fille passe son temps libre à chanter sur une plage (pour ne pas trop déranger) en espérant que cela fonctionnera. Ce trait de caractère assez invraisemblable la rend tout de même attachante. On reconnait le talent que Ryoko Fukuyama avait déjà exprimé dans Monochrome Animals pour nous charmer. Son graphisme si particulier participe à l’ambiance : les personnages filiformes paraissent fragiles et donnent une dimension touchante à ces adolescents. Les scènes de chant sont très réussies grâce aux points de vue changeants qui les rendent dynamiques et aussi grâce à l’expression de Nino. Elle chante avec une bouche grande ouverte, comme si elle criait. La mélodie qui séduit tant ceux qui l’entendent semble sortir de son corps presque malgré elle. On comprend rapidement que les personnages admirent l’expressivité de son chant et non sa qualité lyrique. C’est un aspect très réussi. Un aspect qui l’est moins, c’est le choix de la phrase qui marque le début du manga et qui est également reprise en quatrième de couverture : “Nous dissimulons nos véritables sentiments”. Il s’agit de la théorie que l’histoire du manga est sensé démontrée. On sait ce que ressentent les personnages, mais il est vrai que parfois, eux-mêmes n’identifient pas clairement leurs émotions. La douleur de Nino, par exemple, n’est jamais un manque affectif. Pour elle, la douleur est physique : elle respire mal. Jamais, elle ne l’exprime verbalement par de la peine. Le manga ne traite donc ni du mensonge, ni du déni ou de la mauvaise foi, mais d’une confusion émotionnelle propre au début de l’adolescence.


Delphine Ya-Chee-Chan
( Mis en ligne le 11/07/2016 )
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