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Bande dessinée  ->  Fantastique  
 

Métamorphoses
Sylvie Fontaine   Le Poulet du Dimanche
Tanibis 2007 /  16 € - 104.8 ffr. / 120 pages
ISBN : 9782848410074
FORMAT : 21,5x28 cm
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Comme dans Le Bandard fou de Mœbius, la première partie du livre de Sylvie Fontaine met en image une longue transformation sur chaque planche de gauche. Ainsi sur une vingtaine de pages, c’est un étrange ballet qui se déroule, où la chair devient pierre, et où des excroissances poussent et se développent avant de se tordre et de s’imbriquer.
Au-delà de cette simple séquence, c’est tout le livre qui joue du changement de forme des êtres et des choses ; d’une vignette à l’autre, rien n’est jamais fixe, tout est sujet à une étrange et impressionnante mue. Du minéral au végétal, de l’organique au cacophonique, le statisme n’a pas sa place dans ces images fixes et Sylvie Fontaine entraîne son lecteur à la découverte de ces micro-événements (une promenade en famille, un déjeuner…) qui virent soudainement au cauchemar ou à la farce monstrueuse.

Derrière le rituel, le quotidien et l’habitude se cachent donc les transformations secrètes, les métamorphoses étonnantes, les mutations temporaires. Marre du sempiternel poulet le dimanche ! La routine provoque la colère qui engendre, même fugitivement, une violente évolution. Chacune des saynètes (de six cases dans un premier temps avant de passer à quatre après un long entracte tout aussi riche et mouvementé), met donc en présence une situation de crise, une tension qui conduit à l’explosion, ou au contraire une rencontre amoureuse qui vire au méli-mélo des corps. Sylvie Fontaine nous parle de famille en ruine, d’incommunicabilité répétitive et d’horizons perdus. Observatrice, elle coupe le son, ne s’attachant qu’à ce qu’elle voit, et ce qu’elle perçoit entre les lignes, entre les gestes. Le corps humain est toujours en proie à d’incroyables changements, reflets visibles d’un mental torturé. Ici, l’homme s’allonge et s\'étire devant une jolie fille, tandis que sa femme devient une petite chose qui se ratatine. Là, c’est une autre jeune femme qui pratique un strip-tease intégral devant son soupirant, découvrant une végétation luxuriante sous sa peau. Les formes s’opposent ou se reconnaissent, les opposés s’attirent et qui se ressemble s’assemble. Sous le crayon de Sylvie Fontaine, le quotidien devient source de scènes oniriques et mouvementées.
Créatrice de formes inspirée et infatigable, elle déploie dans ces pages une belle énergie graphique au service de toute une gamme de personnages et d\'une grande variété de styles, de l’underground d’un Crumb à la naïveté d’un mignon dessin animé. Le dessin ne tient pas en place, il pioche partout et s’immisce tant qu’il peut. En noir sur blanc, l’artiste compose des planches qui délaissent le minimalisme pour d’autres mouvements plus dynamiques : cubisme, futurisme, expressionnisme… L’ouvrage est riche et rempli à ras bord de planches, d’illustrations diverses, de visages griffonnés et de vues complexes. Le trait noir est partout, remuant et envahissant, pluriel dans ses formes, singulier dans son identité. En feuilletant, dans un premier geste curieux, l’ouvrage, c’est en effet cette avalanche de lignes, ce trop-plein d’images et de cadres qui, fatalement empêchent le rapide coup d’œil de se prolonger : voilà un album qui ordonne violemment à son lecteur de ne pas le lâcher ! Un livre vivant qui impose qu’on le découvre où qu’on le délaisse mais qui ne s’accommode pas de la demi-mesure.

Mœbius/Jean Giraud - encore eux - préface ce livre : ultime gage de confiance qui devrait pousser les derniers irréductibles à découvrir ces étonnantes pages pleines d’une poésie noire et fantastique.


Alexis Laballery
( Mis en ligne le 13/02/2007 )
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