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Bande dessinée  ->  Policier - Thriller  
 

No country for young men
Anthony Pastor   Bonbons atomiques
Actes Sud - l'An 2 2014 /  21.80 € - 142.79 ffr. / 256 pages
ISBN : 978-2-330-02819-0
FORMAT : 16,5x24 cm
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Sally Salinger est devenue détective par défaut. Suite à la disparition pure et simple de son mari il y a quatre ans – parti convoler avec une jeunette avant de se retrouver errant on ne sait où le bec dans l’eau et la barbe sale – Sally a repris les affaires. Elle qui était simple assistante est donc devenue détective dans cette petite ville de Trituro, que l’on situerait quelque part au Nouveau-Mexique. Les affaires sont rares et les clients ne se précipitent pas, aussi lorsque l’épouse d’un riche patron du coin vient demander de l’aide à Sally, celle-ci ne peut pas se permettre pas de refuser. L’épouse suspecte son mari de la tromper avec sa nouvelle jeune et jolie secrétaire, sorte d’Amy Winehouse version latina. Le patron en question c’est Douglas Sweet, le propriétaire d’AFB, pour Atomics Frozen Balls, la nouvelle friandise à la mode auprès des jeunes de Trituro et des environs ; ces « bonbons atomiques » ont en en effet de drôles d’effets sur ceux qui les consomment. On devient vite accro et ceux qui en abusent en viennent à avoir des hallucinations. Le propre fils de Sally est d’ailleurs un ardent consommateur de ces bonbons. Entres ses enfants, son amant sensible (Osvaldo le poète cowboy) et sa nouvelle affaire, la détective n’a donc pas le temps de s’ennuyer.

On avait déjà croisé Sally dans Castilla Drive, et c’est donc un plaisir de la retrouver dans ce nouveau récit. Après le froid et la tempête de neige qui balayait les pages de cette précédente bande dessinée, c’est la chaleur accablante qui reprend le dessus. Seuls les bonbons atomiques apportent un peu de fraîcheur mais le retour de bâton est délicat.

Comme toujours chez Pastor, le polar n’est qu’un prétexte pour mettre en place autre chose. Si ses premiers livres (Ice Cream et Hotel Koral), privilégiaient une ambiance absurde aux limites du fantastique, depuis Las Rosas, Pastor est passé à une chronique plus réaliste et aime à mettre en scène une quantité de personnages. Avec ces aventures de Sally Salinger – peut-être le début d’une saga ? – Pastor fait se rencontrer une foule de caractères tous singuliers et parfaitement campés. Il n’y a pas de figurants chez Pastor, chaque personnage croisé a comme un droit de présence et n’est jamais une simple silhouette. Il y a Sally, une fausse « héroïne », mais il y a aussi le touchant Osvaldo, le policier Ray, les enfants et dans ce nouveau livre d’autres personnages troublants et attachants comme Gabriela et Gabriel. Tous se découvrent petit à petit, ne dévoilant jamais rien d’un seul coup, laissant au lecteur le temps de les connaître et de les découvrir. Comme dans une pièce de théâtre, tout se jouent entre ces quelques personnages. Et même lors d’un important rassemblement (ici un concert de jeunes talents), ce sont toujours les mêmes figures qui se croisent et se toisent. Comme si le reste de la ville était endormi par trop de soleil, échaudé par trop de drames.

Fasciné depuis ses débuts par l’Amérique, Pastor, n’en finit pas de se battre avec les clichés pour mieux les apprivoiser, en faire sa propre matière: diners, motels, acteurs, stetson et mustangs, c’est une Amérique aux symboles usés qui accueille les personnages de Pastor. Une Amérique désuète et vide (ce goût pour les endroits désertés et abandonnés), comme un décor de cinéma laissé à l’abandon dans lequel le frenchy viendrait installer ses acteurs pour faire son propre film.

On savoure donc ces dialogues parfaitement menés, ces scènes qui sonnent toujours justes et ces ambiances étonnantes. Des thèmes apparaissent comme ceux de l’éducation et du fossé entre les générations : tous les parents ici présents semblent complètement dépassés par leur progéniture. Pour certains il ne s’agit que de menues broutilles (ma fille ne me parle plus), pour d’autres c’est plus compliqué (mon fils tire sur des gens). Une mélancolie constante plane sur ces personnages – des gens normaux –pourtant tous en quête de bonheur simple mais pour qui la vie n’en finit pas de jouer des tours.

On peut lire Bonbons atomiques sans avoir lu Castilla Drive, les deux récits étant indépendants. Mais on aurait pourtant tort, ce serait en effet passer à côté d’une autre petite merveille. Et tant qu’à faire autant relire tout Pastor, une œuvre originale et singulière qui ne ressemble à rien d’autre.


Alexis Laballery
( Mis en ligne le 25/02/2014 )
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  • Las Rosas
       de Anthony Pastor
  • Ice Cream
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