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Bande dessinée  ->  Humour  
 

Mars attaque
 Jason   Le Dernier Mousquetaire
Carabas 2007 /  13 € - 85.15 ffr. / 48 pages
ISBN : 978-2-35100-285-8
FORMAT : 21x29,7 cm
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Jason aime le cinéma et les grands genres populaires qui ont façonné dès ses premières années sa magie. Tel l’un de ces réalisateurs pionniers qui enchaînait les bobines et les univers, l’auteur norvégien passe d’un genre à l’autre à chaque nouvel album qu’il multiplie à une belle cadence. Après s’être attaqué à la créature de Frankenstein, à la machine à remonter le temps, au suspense hitchcockien et aux zombies, voilà qu’il revient avec un mousquetaire dans ses cartons. Un pour tous, tous pour un ? À d’autres ! Voilà un mousquetaire esseulé et nostalgique - comme beaucoup des héros de Jason - et totalement perdu dans le monde qui l’entoure. Athos, puisque c’est bien lui, a en effet bien du mal à trouver sa place dans ce vingtième siècle qu’il a atteint on ne sait trop comment. Lui rêve toujours de servir son roi, de protéger la reine et de batailler de-ci de là, mais dans cette vie plus terne où les héros n’existent plus il est difficile de se faire accepter comme tel. Même son vieux copain Aramis a rangé la cape et l’épée pour mener une vie plus douillette dans son appartement tranquille. Athos erre alors dans les rues, anachronisme ambulant, costumé comme pour un bal masqué, quémandant quelque monnaie pour boire un verre et se faisant jeter comme un malpropre par des gens qui n’ont que faire de ses soucis de justicier déchu.

Heureusement pour ce mousquetaire solitaire, l’occasion va lui être donnée à nouveau de prouver sa loyauté et son courage lorsqu’une violente attaque extra-terrestre s’abat sur la ville. Après quelques habiles manigances, voilà le héros d’autrefois en route pour Mars et prêt à en découdre avec le vil empereur qui rêve de conquérir la Terre. La bataille des planètes et des âges ne fait que commencer.

Avec ce point de départ aussi absurde qu’original, Jason élabore une drôle d’histoire captant l’essence du feuilleton, celui classique à la Dumas et celui plus récent du serial à la Flash Gordon. L’auteur enchaîne ensuite au gré d’une inspiration parfois il est vrai un peu mollassonne, des péripéties amusantes et piochant dans le répertoire de la science fiction de papa : rayon laser meurtrier, gros robot, princesse en fuite... Le fil rouge étant réduit à un simple affrontement entre le bien et le mal, avec tout le faux premier degré dont Jason est capable pour raconter ses histoires. Pour l’occasion, ce doux hommage aux films de science fiction un peu brinquebalants des années 50 se pare de couleurs kitch et voyantes, toujours emprisonnées dans une ligne noire parfaite et pure Les dialogues pince sans rire et les décors réduits au strict essentiel apportent comme d’habitude chez Jason une apparente naïveté narrative, toujours source de jolis moments. Pas de moquerie ni de parodie, au contraire un amour du genre et une envie de se l’approprier avec son propre style, à la manière d’un Trondheim qui trimbalait il y a encore quelques années son Lapinot dans différents de ces registres codifiés.

Exemplaires modèles de la ligne claire et de l’épure, les histoires de Jason, si elles ne tiennent parfois qu’à un cheveu comme ici, restent toujours d’égale humeur : les grands rebondissements comme les petits moments de blanc toujours traités avec la même valeur, la même tranquillité proche d’une douce apathie que le lecteur suivra avec plus ou moins d’intérêt selon son affinité avec cet univers il est vrai parfois déconcertant. Jason file son récit comme il vient, sans prétention, sans chercher à taper fort ou à étonner. Clown triste de la bande dessinée, il révèle derrière l’absurde et le délirant de ses histoires une part d’amertume et de tristesse. Ses personnages aux grands yeux vides et aux gestes lents se cognent à la vie et aux événements tragiques avec une déprimante décontraction, comme d\'inébranlables fatalistes à qui on ne la fait décidément pas. Dès lors, la rencontre entre ces êtres tristes et ces genres censés d’abord divertir procure une drôle d’alchimie, entre amertume et nostalgie d’une période révolue.

Certes, Le Dernier Mousquetaire ne fait pas partie des meilleurs crus de Jason, on lui reprochera un manque de surprise et une histoire qui tire un peu en longueur, mais c’est toujours une agréable rencontre avec un univers singulier et un style narratif toujours accrocheur.


Alexis Laballery
( Mis en ligne le 09/10/2007 )
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