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Une génération très infortunée ?
Kate  Cambor   Belle Epoque - Jeanne Hugo, Léon Daudet et Jean-Baptiste Charcot face à leur destin
Flammarion - Champs 2011 /  9 € - 58.95 ffr. / 392 pages
ISBN : 978-2-08-124963-9
FORMAT : 11cmx18cm

Première publication en août 2009 (Flammarion)

Traduction de Laurent Bury

L'auteur du compte rendu : Grégory Prémon est agrégé d'histoire-géographie

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Dans Belle Epoque, Kate Cambor fait preuve d’une grande originalité : elle parvient en effet à détourner l’exercice biographique de son objet pour mieux dresser le portrait d’une génération à travers les vies de Jeanne Hugo, de Léon Daudet et de Jean-Baptiste Charcot.

Le principal trait d’union entre ces trois personnages est bien sûr leurs pères ou grand-père illustres, l’écrivain et défenseur de la République Victor Hugo, le célèbre Dr Charcot et l’auteur des Lettres de mon moulin, Alphonse Daudet. Kate Cambor évoque ainsi avec minutie la vie des ces trois hommes pour mieux faire ressentir le poids dont leur célébrité a pu peser sur la vie de leurs enfants. Jeanne Hugo est ainsi la petite-fille adorée de celui qui est devenu depuis son exil sur les îles anglo-normandes le commandeur de la République. Sur Jean-Baptiste Charcot pèse le poids d’un père dont les leçons sur l’hystérie à la Salpêtrière attirent les foules. Quant à Léon Daudet, il est l’héritier d’une tradition littéraire qu’incarne son père. Les trois hommes illustrent chacun à sa façon le XIXe siècle.

Le deuxième trait union entre Léon Daudet et Jean-Baptiste Charcot est Jeanne Hugo : elle épouse le premier en 1891 avant de divorcer et de se marier avec le second en 1896. De ces deux mariages malheureux – elle divorce en 1905 de son deuxième mari -, que retenir ? L’esprit de liberté de la jeune femme qui profite de la toute nouvelle loi Naquet sur le divorce pour retrouver son indépendance, ou plus simplement l’incapacité pour Jeanne Hugo de retrouver l’amour idéal que lui a porté son grand-père ? Sa vie reste en effet marquée par l’ombre de l’auteur des Misérables, qu’il s’agisse de l’événement mondain que constitue son premier mariage à sa mort, le New-York Times titrant alors le 30 novembre 1941 «Mort d’une descendante de Victor Hugo».

Jean-Baptiste Charcot vit également dans l’ombre envahissante de son père. Par tradition familiale, il met ses pas dans les siens, en entreprenant des études de médecine. Mais c’est sa passion de la navigation et son admiration pour les grandes explorations de son temps qui lui permettront de devenir le fameux «commandant Charcot» et ainsi de cesser d’être uniquement le «fils de». Après plusieurs années de navigation sur le \'\'Pourquoi pas ?\'\', il décide de se lancer dans une vaste expédition vers l’Antarctique et fait construire un nouveau bateau, \'\'Le Français\'\'. En 1905, à son retour, il a réussi à cartographier plusieurs centaines de kilomètres de côtes. Ses succès maritimes le conduisent pendant la Première Guerre mondiale à prendre le commandement d’un bateau chargé de la lutte contre les sous-marins allemands. Après la guerre, il mène plusieurs expéditions vers l’Arctique. C’est au retour de l’une d’entre elles en 1936 qu’il trouve la mort dans une tempête.

Quant à Léon Daudet, la maladie de son père – il est atteint par la syphilis – le pousse à entreprendre aux cotés de son ami Jean-Baptiste Charcot des études de médecine. Mais, c’est finalement en tant que polémiste qu’il connaît la célébrité. Il s’engage avec vigueur dans les rangs antidreyfusards à la fin du siècle avant de participer activement à la vie de l’Action Française avec Charles Maurras. Kate Kambor mêle habilement la vie publique et la vie privée de l’une des principales voix du nationalisme. Elle montre par exemple comment le suicide de son fils Philippe en 1923, à l’âge de 14 ans, devient rapidement une affaire publique et une véritable tribune pour les idées de Léon Daudet.

L’auteur fait ainsi preuve d’une méthode pertinente pour dresser le portrait d’une génération : au-delà de l’ombre des pères, Jeanne Hugo, Léon Daudet et Jean-Baptiste Charcot font le trait d’union entre les XIXe et XXe siècles, une génération qui a vécu les espoirs de la fin d’un siècle et les désillusions du début d’un autre. Ce livre d’histoire – les notes abondantes à la fin du livre nous montrent que chaque détail a été vérifié – permet à la science historique de renouer avec bonheur avec l’art du récit : du scandale de Panama à l’affaire Dreyfus, des salons parisiens aux dîner littéraires, le lecteur pénètre avec bonheur dans les arcanes de la bonne société parisienne.


Grégory Prémon
( Mis en ligne le 04/10/2011 )
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