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Dossier LE SOLEIL ET SES RAYONS
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Les Valets de chambre de Louis XIV
Etre femme au temps de Louis XIV
Chronique de la Fronde
Le Despotisme éclairé

Succéder à Colbert
Laurent Dingli   Colbert, marquis de Seignelay - Le fils flamboyant
Perrin 1997 /  22.75 € - 149.01 ffr. / 393 pages
ISBN : 2-262-01341-1
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Atlantide engloutie en un jour par le flot de la Révolution, l'Ancien Régime fut longtemps le continent perdu de l'historiographie française. Au XIXe siècle, les derniers de nos rois étaient souvent associés à des légendes noires : Louis XIII, timide et falôt, Louis XIV, despote mégalomane, Louis XV, paresseux et débauché, Louis XVI, faible et sans volonté. Depuis la guerre, cependant, une école historique révise ces jugements abrupts, dans un sens généralement plus favorable. Ce grand mouvement de "réévaluation" des règnes s'accompagne d'un renouveau de l'histoire politique de l'époque moderne, domaine où se multiplient études sociales et institutionnelles. Souvent la légende noire fait place à la légende dorée, et nos contemporains retrouvent les accents louangeurs des historiographes de la monarchie défunte, pour saluer dans le roi-soleil "le plus grand roi du monde".

Après les maîtres le tour est venu des serviteurs : chanceliers, surintendants et contrôleurs généraux des finances, ministres et secrétaires d'État. Des ministres de l'Ancien Régime, seuls survivaient dans la mémoire collective Sully, Richelieu, Mazarin et Colbert. Ce dernier surtout avait fait l'objet d'un culte parfois délirant, qui le transformait en précurseur tantôt de la Monarchie de Juillet, tantôt de la IIIe République. Depuis quelques années, la recherche universitaire s'intéresse aussi à des figures moins en évidence. Des thèses ont été consacrées récemment au chancelier Duprat, au chancelier de Bellièvre, à Hugues de Lyonne, au comte d'Argenson, aux surintendants des bâtiments, à bien d'autres encore. Il n'est pas jusqu'aux obscurs secrétaires d'État de la famille Phélypeaux qui n'aient suscité des travaux. Après eux viendront les conseillers d'État, les intendants, les grandes figures parlementaires...

Le fils et homonyme du grand Colbert, Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay, est mort si jeune et après un ministère si bref que longtemps son oeuvre est restée confondue avec celle de son illustre père. Les historiens de notre marine commencent cependant de lui rendre justice et lui attribuent désormais le mérite de la constitution et de la modernisation de la flotte louis-quatorzienne.

Né en 1651, Seignelay est destiné dès l'enfance aux plus hautes charges de l'État. Il bénéficie d'une éducation soignée, est confié aux soins du père jésuite Bouhours et envoyé au collège de Clermont. A la formation théorique succède la formation pratique: de 1670 à 1671, le jeune homme visite les ports du royaume puis l'Italie, la Hollande et la Grande-Bretagne. Sous la surveillance constante de son père, il s'initie au vocabulaire maritime et aux constructions navales. En 1672, son apprentissage terminé, Seignelay, secrétaire d'État en survivance, est admis à suivre les affaires de la marine. En 1675, il épouse Marguerite d'Aligre, morte en couches trois ans plus tard. Il se remarie en 1679 avec Catherine de Matignon-Thorigny. En 1683, Colbert mort, le voilà seul secrétaire d'Éttat de la marine et de la maison du roi; il est ministre d'État en 1689.

Entre 1660 et 1690, le père et le fils font passer la marine royale de 18 vaisseaux et 10 galères à 125 vaisseaux. Ils réorganisent les arsenaux d'État, développent les fortifications des places maritimes, crJent une industrie franHaise d=armement naval, instituent le corps des officiers des vaisseaux, mettent en place le système des classes pour le recrutement des équipages, instituent les invalides de la marine. Servi par une immense puissance de travail et une vive intelligence, Seignelay "réussit là où Colbert ébauche". Leur grande politique trouve sa récompense dans la victoire navale de Béveziers (Beachy Head), remportée le 10 juillet 1690 sur les Anglais et les Hollandais.

Mais la machine s'est usée prématurément, à la suite d'excès de toutes sortes. Le jeune ministre s'étiole peu à peu ; il succombe dans de grandes souffrances, le 3 novembre 1690, avant d'avoir atteint sa quarantième année. Mourir à cet âge et de cette manière, finir si vite après de tels commencements : quelle leçon, quel beau motif pour les prédicateurs et les mémorialistes ! La mort de Seignelay frappa les imaginations, elle flattait l'esthétique baroque de la chute et de la surprise.

Tiré d'une thèse de doctorat soutenue en 1994, sous la direction de M. le professeur Jean Meyer, le livre de M. Laurent Dingli se divise en quatre parties. Dans la première, "Héritage et pouvoir", il retrace la jeunesse de Seignelay et étudie ses méthodes et son entourage. Dans la seconde, l'auteur traite de la marine de guerre sous Colbert et son fils. La troisième partie est consacrée aux "Terres lointaines", Siam et Antilles. Enfin, M. Dingli révèle le rôle propre de Seignelay dans la politique de répression dirigée contre les protestants.

On sent bien le déséquilibre de la composition, qui éclipse presqu'entièrement la maison du roi au profit de la marine, et accorde à la marine autant de place qu'à un épisode somme toute secondaire (l'aventure siamoise). A l'intérieur même de chaque partie, l'agencement du discours est souvent défectueux. L'esprit de synthèse fait défaut dans les développements consacrés à la police de Paris, aux Antilles, à l'entourage du ministre. De plus, certaines questions ayant été omises volontairement (le commerce, le Canada, l'affaire de la régale), le tableau paraît inachevé.

Ca et là, on relève quelques erreurs ou impropriétés de détail : Louvois est censé avoir dans son département le commerce du "dedans" (p. 63), qui relevait en fait du contrôleur général Le Peletier; les secrétaires d'État sont caractérisés anachroniquement comme "secrétaires d'État à tel département", alors que leur appellation usuelle sous l'Ancien Régime, est "secrétaire d'État de la guerre, de la marine, des affaires étrangères, de la maison du roi". "Lieutenant du roi" (p. 82-83) est employé pour "lieutenant au régiment du roi", etc.

Ces réserves illustrent la difficulté de travaux comparatifs qui permettraient de fixer les temps forts et les temps faibles, de distinguer les grands ministères des administrations médiocres, de "réévaluer" les règnes successifs de l'ancienne monarchie. Le travail du roi, la part respective du souverain et de ses conseillers, les distorsions entre intentions affichées, mesures effectives et résultats obtenus rééllement : autant de questions essentielles, dont l'étude n'est qu'esquissée et qui recèlent encore bien des mystères. Riche d'informations nouvelles sur un ministre méconnu, l'ouvrage de M. Dingli contribue à enrichir la connaissance du grand oeuvre politique des Colbert, au tournant du siècle de Louis XIV.


Thierry Sarmant Mathieu Stollet
( Mis en ligne le 17/03/1999 )
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