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Vous le valez bien !
Catherine Lanoë   La Poudre et le fard - Une histoire des cosmétiques de la Renaissance aux Lumières
Champ Vallon 2008 /  26 € - 170.3 ffr. / 295 pages
ISBN : 978-2-87673-480-7
FORMAT : 15,5cm x 24,0cm

Préface de Daniel Roche.

L'auteur du compte rendu : Matthieu Lahaye, professeur agrégé d’histoire, poursuit une thèse consacrée au fils de Louis XIV à l’Université Paris-VIII.

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Avec son étude consacrée à la fabrication et aux utilisations des cosmétiques à l’époque moderne, Catherine Lanoë nous offre à lire l’un des livres les plus originaux de cette année éditoriale 2007-2008. L’auteur s’inscrit dans la féconde lignée des historiens des pratiques culturelles dont l’un des plus éminents représentants est le préfacier du livre : Daniel Roche.

Pour commencer, l’auteur rappelle que la culture des apparences devient une composante essentielle de la société de cour après 1530. François Ier, subjugué par l’Italie, recommande parfums et poudres à ses courtisans. Dès lors, le visage fardé, mouché, rougi ne témoigne pas seulement d’une volonté de s’embellir, mais participe aussi du jeu social. L’une des pierres angulaires de cette culture cosmétique est le blanchiment de la peau, témoignage de pureté morale autant que de l’otium nobiliaire. Jusqu’au XVIIIe siècle, l’idéal courtisan du contrôle de soi favorise les épais mastics blancs à base de poudre métallique capables de gommer les expressions du visage. Après 1760, les stratégies du paraître changent : l’aristocratie utilise de plus en plus le maquillage pour mettre en valeur les traits du visage.

Plomb, bismuth, fruits, pain, miel, vin, lait, huile, suif, saindoux, craie, chapon, pigeon, cigogne, petit chien sont autant d’ingrédients que l’auteur a trouvés dans les livres de recettes de cosmétiques dont la fabrication est jusqu’au siècle des Lumières avant tout domestique. Cet inventaire hétéroclite trahit la proximité du maquillage avec les pratiques alchimiques susceptibles, aux yeux de certains et de certaines, de délivrer la formule de la beauté éternelle. C’est sans doute ces conceptions quelque peu magiques qui devaient justifier les interventions répétées de la Société Royale de médecine au XVIIIe siècle. Dans un monde de plus en plus soucieux d’hygiène et de santé publique, la Société lutta contre les charlatans et recommanda, pour des raisons sanitaires évidentes, la suppression des produits de beauté à base de métaux.

Avec une connaissance approfondie des publications les plus récentes, Catherine Lanoë, montre comment la chimie moderne bouscule progressivement les savoir-faire traditionnels. Dès lors, l’émergence de professionnels des cosmétiques, les gantiers-parfumeurs, est inévitable. Nous pénétrons ainsi dans le monde de leurs boutiques où mortiers, flacons, coffres à amidons disputent leur place aux plantes aromatiques, aux creusets indispensables à la fabrication des pommades, de la poudre à cheveux et du rouge.

Le livre s’achève sur un tableau de l’offre et de la demande des cosmétiques à Paris. Si, au milieu du XVIIIe siècle, un duc de Coigny dépense, pour sa poudre, pas moins de 400 livres par an – équivalant à un salaire annuel d’un maçon parisien de l’époque -, Sébastien Mercier, dans son Tableau de Paris, remarque que «la rage de la frisure à gagné tous les états». Par mimétisme, le soin apporté à son visage et à son image gagne des milieux moins riches. Le développement de la publicité n’est sans doute pas pour rien dans la diffusion sociale des cosmétiques.

Après pas moins de dix ans d’un travail rigoureux au minutier central des notaires de Paris, aux archives de la Seine où sont conservés des dossiers de faillites de parfumeurs et dans les fonds de la Société royale de médecine, les six chapitres nécessaires à ce livre pour écrire une histoire totale des cosmétiques, situés à la croisée de deux traditions historiographiques, celle du corps et celle de la culture, témoignent assurément du talent et de l’inventivité d’une jeune historienne.


Matthieu Lahaye
( Mis en ligne le 10/04/2008 )
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