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Pompidou président ou la Cinquième République sans De Gaulle
Jacques Foccart   Dans les bottes du Général - Journal de l’Elysée, tome III : 1969-1971
Fayard 1999 /  29.77 € - 194.99 ffr. / 791 pages
ISBN : 2-213-60316-2
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Celui qui fut une des plus mystérieuses figures du gaullisme aborde dans ce troisième tome de ses mémoires son expérience élyséenne immédiatement postérieure au départ du général de Gaulle en 1969. La campagne électorale de Georges Pompidou, la constitution du gouvernement, le fonctionnement des institutions, les principaux défis politiques et administratifs font partie des sujets généraux abordés par Jacques Foccart. Néanmoins et cela est sans doute consubstantiel à la vocation même d’un journal, l’objet principal de ce volume est Jacques Foccart. L’historien ne s’en plaindra pas dans la mesure où la réputation sulfureuse du personnage continue à empêcher d’en faire une étude sereine. Les informations apportées par le personnage ne peuvent donc qu’enrichir le dossier des biographes. Cependant, la lecture de ce volume invite à pondérer ces espoirs. Si un nouvel éclairage est incontestablement apporté sur les premières années du mandat de Georges Pompidou, le rôle et l’action de Jacques Foccart persistent à se \"défiler\" en dépit du foisonnement apparent d’informations.

L’intérêt de l\'aspect humain de ce journal mérite sans aucun doute d’être souligné. Quel que soit le jugement que l’on puisse porter sur Charles de Gaulle, il apparaît nettement au fil de ces pages que le départ du général prive le régime d’une dimension supérieure et fait paraître au grand jour les rivalités entre clans, les mesquineries politiciennes et la quête des prébendes. Selon Jacques Foccart, le général de Gaulle aurait ainsi dit à propos de la nouvelle donne politique et gouvernementale : «c’est la Quatrième en pire». Si Georges Pompidou parvient tant bien que mal à endosser un habit présidentiel coupé dans une taille nettement supérieure à la sienne, les autres barons du gaullisme se lancent dans des querelles fratricides que le nouveau président s’efforce d’arbitrer. Dans cette perspective, la lutte que se livrent Michel Debré et Jacques Chaban-Delmas pour l’obtention de la charge de Premier ministre est une parfaite illustration du nouveau contexte politique. Véritable statue du commandeur, la figure du général de Gaulle constitue le filigrane sur lequel se tisse toutes ces intrigues, chacun s’efforçant d’apparaître comme le seul héritier valable de l’oeuvre du général. Jacques Foccart n’échappe pas au phénomène, se présentant comme le compagnon de toujours, soucieux de l’intérêt supérieur de la nation et rejetant les combinaisons politiciennes.

Tout au long de ce journal, Jacques Foccart semble animé d’un constant souci d’autojustification. Dès les premières pages, l’auteur aborde les questions des «réseaux Foccart», des polices parallèles ou encore du Service d’Action Civique (S.A.C.) et qualifie de simples calomnies toutes les allégations qui ont été portées contre lui à ce sujet. Foccart aurait ainsi été injustement attaqué par une presse hostile afin d’affaiblir indirectement Georges Pompidou. Dès lors, il n’accepte guère que ses compagnons semblent hésiter à se commettre avec lui, c’est pourquoi il n’a de cesse d’intervenir directement auprès du président Pompidou afin de retrouver son poste de secrétaire général de la présidence de la République pour les affaires africaines et malgaches, satisfaction qu’il obtiendra rapidement.

On aimerait suivre la présentation de l\'auteur dans ce qu’elle a de simple, mais il est est peu convaincant. En effet, Foccart relate de façon détachée de nombreuses réunions avec les responsables du S.A.C., ses contacts fréquents avec des chefs d’antenne du service de documentation extérieure et de contre-espionnage (S.D.E.C.E.), sans compter d’innombrables rencontres avec des personnalités africaines et malgaches (rendues possible par la délégation très souple donnée par Georges Pompidou qui n’exige qu’un compte-rendu bi-hebdomadaire à la différence du général de Gaulle, beaucoup plus exigeant). De tous ces contacts, Jacques Foccart donne une version tout à fait neutre, voire anodine. Cela ne peut convaincre un lecteur averti.

Ce volume mérite néanmoins d’être lu quelles qu’en soient les faiblesses. Il est doté d’un indéniable pouvoir évocateur et restitue habilement les balbutiements du gaullisme sans de Gaulle. Il ne faut cependant pas espérer y trouver des révélations sensationnelles. Personnage habile s’il en fut, Jacques Foccart s\'est fourvoyé dans la présentation qu’il fait de lui-même. Sa ligne angélique, si elle ne parvient pas à convaincre, conduit à renforcer le halo mystérieux du personnage. Ni ange, ni démon, Foccart fut sans aucun doute un très habile manoeuvrier qui laissera une marque profonde mais discrète dans l’histoire de la Cinquième République.


Guillaume Zeller
( Mis en ligne le 13/08/2001 )
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