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Commode pantin ?...
Masha Gessen   Poutine, l'homme sans visage
Fayard 2012 /  22,30 € - 146.07 ffr. / 330 pages
ISBN : 978-2-213-66856-7
FORMAT : 13,5 cm × 21,5 cm

Marie-France de Paloméra, Odile Demange, Sylvie Lucas (Traduction)
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Journaliste indépendante d’origine russe, mais ayant vécu avec sa famille aux Etats-Unis avant de retourner à Moscou en 1991, Masha Gessen a dernièrement écrit une intéressante enquête sur l’actuel président de la Fédération de Russie, qui vient d’être traduite en français. Intitulé Poutine. L’homme sans visage, l’ouvrage est paru aux éditions Fayard.

Collaborant avec des publications connues, tels que Vanity Fair, The Republic, Granta et Slate, la journaliste est par ailleurs l’auteure de nombreux ouvrages sur la Russie post-soviétique. Autant dire qu’elle connait bien son sujet. Dans ce livre, qui est le fruit d’une enquête minutieuse sur des matériaux totalement inédits, Masha Gessen revient sur la face obscure du puissant maître du Kremlin. A tel point que, durant son enquête, la journaliste a dû faire face à de nombreuses menaces et intimidations…

Dans un pays où la liberté de la presse n’est qu’imparfaitement garantie (c’est un euphémisme…), l’enquête de Masha Gessen est dangereuse à bien des égards. Tout le monde se souvient probablement de l’assassinat brutal de la reportrice Anna Politkovskaïa en 2006… Celle-ci n’a pas été la seule à périr de la sorte. Ici, la journaliste russe M. Gessen revient sur la progressive et mystérieuse montée en puissance de Vladimir Poutine.

En effet, rien ne prédestinait cet ancien du KGB à jouer un rôle politique de tout premier plan. Initialement, Vladimir Poutine était un pur produit de la Loubianka, le tristement célèbre immeuble qui abrita pendant des décennies le quartier général des services de renseignement soviétiques, puis russes, ainsi qu’une terrible prison.

C’est dans sa jeunesse que V. Poutine devint membre du KGB. Patiemment, il gravit les échelons. Au milieu des années 1980, Vladimir Poutine atterrit en Allemagne de l’Est. Après la chute du Mur de Berlin et juste avant l’effondrement de l’URSS, qu’il qualifia de «plus grande catastrophe géopolitique du siècle», l’agent du KGB revint en Russie et obtint d’importantes responsabilités à l’université de Leningrad, où il avait notamment pour mission de surveiller les intellectuels.

Certes Vladimir Poutine était de basse extraction et manquait sans aucun doute d’envergure, mais il fut finalement appelé aux plus hautes responsabilités par Boris Elstine. Pourquoi une ascension politique si fulgurante ? D’après Masha Gessen, l’entourage de Boris Elstine entendait lui trouver un successeur du fait de son inquiétant état de santé et de sa côte de popularité tout aussi préoccupante. Il s’agissait d’assurer la pérennité de la transition du soviétisme vers la démocratie libérale, ou du moins d’empêcher certains partis politiques d’accéder au pouvoir suprême…

Pour ce faire, les plus hautes éminences de l’Etat russe s’efforcèrent de trouver quelqu’un capable de «prendre la tête de la plus grande masse continentale du monde, avec toutes ses ogives nucléaires et son passé tragique (…)», sachant que les éléments les plus prometteurs de la classe politique russe s’étaient peu à peu détournés de Borise Elstine. Il fallait en outre que cette personne soit quelqu’un de malléable, bref une sorte de commode pantin.

Proche du puissant homme d’affaires Bérézovski, Vladimir Poutine fut présenté au président russe. Après l’attribution de la direction du FSB en 1998, un an plus tard, c’est vers la politique que chemina V. Poutine : premier ministre en 1999, il devint quelques mois après président de la Fédération. Masha Gessen rapporte que sa campagne aurait été financée par certains oligarques et que des attentats auraient été financés par ces derniers afin de mettre en valeur la stature d’homme d’Etat de l’ancien agent du KGB.

Dans cet ouvrage sans concession, l’auteure revient assez finement sur la pratique poutinienne du pouvoir suprême, qui aurait rompu avec celle de son prédécesseur, ainsi que sur ses multiples connexions – souvent troubles et ambivalentes - avec les milieux d’affaires et la mafia. En outre, Masha Gessen explique comment les médias ont été mis en coupe réglée par Vladimir Poutine et comment la démocratie a été «démantelée». Bref, elle revient sur la façon dont le président a rétabli la verticale du pouvoir.


Jean-Paul Fourmont
( Mis en ligne le 01/05/2012 )
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