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Redécouvrir Pompidou
Alain Frerejean   C’était Georges Pompidou
Fayard 2011 /  26 € - 170.3 ffr. / 456 pages
ISBN : 978-2-213-66256-5
FORMAT : 15,3cm x 23,5cm

L'auteur du compte rendu : Alexis Fourmont a étudié les sciences politiques des deux côtés du Rhin.
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En tout temps, le peuple veut avoir devant lui quelqu’un qui soit sincère et humain». Extraite du Nœud gordien, ce livre inachevé de réflexions politiques écrit par G. Pompidou en 1974, cette citation a été placée en exergue de C’était Georges Pompidou d’Alain Frerejean. Cette publication est la version enrichie d’un livre paru il y a quelques années sur le deuxième président de la Ve République. A l’occasion du centenaire de la naissance de Georges Pompidou, de nouveaux documents et témoignages ont offert la possibilité à l’auteur d’actualiser cet ouvrage de référence.

L’œuvre politique qu’accomplit Georges Pompidou tout au long de sa vie est certes majeure, mais elle parait assez paradoxalement méconnue et très souvent négligée. Celui qu’Alain Frerejean présente comme «l’un de nos meilleurs chefs d’Etat» ne semble pas occuper la place qu’il mérite dans l’imaginaire national. La liste de ses faits d’armes est pourtant longue. Provenant du fin fond de la terre française, cet homme «sauva le pays de l’anarchie en 1968 et peut-être de la guerre civile, donna une formidable impulsion à notre industrie, lança les autoroutes, Ariane, Airbus, le TGV et les centrales nucléaires». Autre avancée, et pas des moindres, il reconnut «à des millions de travailleurs manuels une dignité et une sécurité refusées jusqu’alors» en les mensualisant.

On le voit, Georges Pompidou fit réaliser des progrès notables au pays. Il se démarqua au surplus des autres hommes politiques en raison de son rapport au pouvoir. En effet, «ce Premier ministre et ce président de la République n’avait pas un goût inné du pouvoir». Ainsi, comme l’observe A. Frerejean, ce n’est pas par «ambition personnelle», mais plutôt par «la curiosité intellectuelle et le dévouement à un homme d’exception» qu’il fut poussé sur le devant de la scène. Lorsqu’il était enseignant, ce trait se manifestait déjà chez lui : Georges Pompidou était toujours prompt à «délaisser l’estrade pour circuler de long en large à travers la classe» afin de chercher «à dissiper les inhibitions, à éveiller les talents, susciter les vocations». Une fois les cimes du pouvoir atteintes, «il n’aura d’ambition que pour ses concitoyens».

Son existence ne fut pas exclusivement consacrée à la politique. Il fut pèle-mêle professeur de lycée, chargé de mission, commissaire adjoint au Tourisme, maître de conférences à Sciences Po, maître de requêtes au Conseil d’Etat, fondé de pouvoir puis directeur d’une maison de banque. Comme l’indique à cet égard Alain Frerejean, «la vie, il la regarde avec humour et l’actualité avec recul». Si bien qu’après avoir aidé le général de Gaulle à fonder les institutions de la Ve République et à préparer la France au Marché Commun, il s’empressa de quitter les lambris d’or de la République pour retrouver les charmes de l’anonymat.

Toutefois, c’était sans compter sur le destin qu’il le rattrapa une fois encore. Le général de Gaulle le nomma Premier ministre en avril 1962. Après avoir vécu «quelques années dans l’ombre du géant, il prit goût à la fonction et se prépara même à lui succéder au terme d’une extravagante course d’obstacles». Malade, G. Pompidou mourut au cours de son mandat. Son bilan est enviable. Tout en enracinant les institutions de la Ve République, il donna à la politique française une orientation plus européenne et renonça à poursuivre certains desseins de son prédécesseur pour faire converger tous ses efforts vers un objectif essentiel : faire de la France une puissance industrielle de premier rang, rivalisant avec ses concurrents les plus dynamiques.

Inhabituel, parfois insolite même, le parcours de Georges Pompidou le fut assurément. C’est la raison pour laquelle «cette lutte perpétuelle entre la nonchalance, longtemps dominante, et le désir de primer, qui finit par l’emporter du seul fait du hasard» a de quoi intriguer. Le grand mérite de ce passionnant ouvrage est d’éclairer sous un jour nouveau le si singulier destin de Georges Pompidou.


Alexis Fourmont
( Mis en ligne le 06/09/2011 )
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