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L'homme des droits de l'Homme
Antoine Prost   Jay Winter   René Cassin
Fayard 2011 /  25 € - 163.75 ffr. / 441 pages
ISBN : 978-2-213-63794-5
FORMAT : 15cm x 23,5cm

L'auteur du compte rendu : Alexis Fourmont a étudié les sciences politiques des deux côtés du Rhin.
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Dans leur excellente biographie sur René Cassin (1887-1976), les historiens Antoine Prost et Jay Winter reviennent notamment sur la «panthéonisation» du Prix Nobel de la paix de 1968, laquelle eut lieu en octobre 1987. Émouvante, la cérémonie se clôtura par la lecture d’un texte auquel le juriste attachait une grande importance. En effet, René Cassin demanda expressément à ce qu’il soit placé dans son cercueil. Il s’agissait du texte de l’allocution de 1940 qu’il prononça à la radio de Londres pour célébrer l’anniversaire de la victoire de la Marne.

Faisant parler avec emphase la célèbre figure du Soldat inconnu, R. Cassin avance alors que «ce n’est pas pour cela que je suis mort (…). Ce n’est pas pour que les mains impies des traîtres officiels ou de leur laquais accomplissent des rites dérisoires sous la protection des hommes d’Hitler. Malédiction sur eux ! (…) Je suis mort pour vous tous, Français, pour que la France et son Empire vivent libres dans la paix et la sécurité. (…) Jeunes Français qui voulez regagner et transmettre l’héritage, pour vous, je sortirai de ma tombe. Je combattrai encore. Je me dresserai pour la défense de tout ce que j’incarne. Ensemble, nous libérerons à nouveau la patrie. Et je reprendrai mon sommeil éternel dans une France libre, grande et belle. Soldat inconnu ! Les Français libres de l’Armée de de Gaulle ont compris ! Le jour où, après avoir sauvé l’honneur, ils auront rendu à la Patrie sa grandeur et ses libertés, ce jour-là – ils en font le serment – ils se dirigeront vers ta dalle sacrée, et, sous la voûte immense, ils te crieront : c’est fait».

Si René Cassin se distingua par son patriotisme républicain, la postérité ne lui a pas accordé la place qui pourtant lui revient. C’est en partie pour réparer cette injustice que les historiens Antoine Prost et Jay Winter ont écrit cette biographie. Toutefois, comme l’indiquent d’emblée les auteurs, «écrire l’histoire d’un homme pose des problèmes spécifiques. Il est impossible, tout d’abord, de mener à bien l’entreprise sans une certaine sympathie pour la personne dont on raconte la vie». Ensuite, la biographie propose un regard panoramique, alors que René Cassin a «vécu en fait plusieurs vies dont chacune mériterait une biographie particulière». La troisième difficulté qu’ont rencontrée A. Prost et J. Winter réside dans ce que P. Bourdieu appelait «l’illusion biographique» consistant à rechercher la cohérence et à dégager la logique de la trajectoire de l’individu étudié. Conscient de ces difficultés, les auteurs ne prétendent pas avoir écrit «un livre définitif».

Homme remarquable s’il en est, René Cassin naquit à Bayonne. D’origine juive, il provient de la classe moyenne. Dans sa jeunesse, il étudia le droit et l’histoire, mais ne put pas passer l’agrégation de droit en raison de la Grande Guerre. La guerre de 1914-1918, à laquelle il prit part en tant que soldat, le marqua profondément. D’ailleurs, il fut grièvement blessé dès 1914 et mit des mois à s’en remettre. Outre ses activités d’enseignement, René Cassin fut par la suite un inlassable militant des droits des victimes du conflit, puis héraut des droits de l’Homme. Persuadé que seule la solidarité internationale entraverait la résurgence de la guerre et de son triste cortège d’horreurs, il fonda un mouvement international d’anciens combattants, avant de devenir membre de la délégation française à la SDN.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, René Cassin rejeta l’armistice et rejoignit de Gaulle dès juin 1940. Le général lui confia d’importantes responsabilités, ce qui permit au juriste de jouer un rôle décisif s’agissant du rétablissement de la légalité républicaine après la défaite des puissances de l’Axe. Après la Libération, R. Cassin présida le Conseil d’Etat, à la tête duquel il demeura entre 1945 et 1960. Tout au long de sa vie, il œuvra pour l’édification d’un nouvel ordre international démocratique, fondé sur la souveraineté non plus absolue mais relative des Etats ainsi que sur la primauté des droits de l’Homme. En 1948, René Cassin participa en outre à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Le Prix de Nobel de la paix et son entrée au Panthéon constituèrent le couronnement de sa trajectoire hors du commun. Bref, René Cassin fut bel et bien un homme d’exception.


Alexis Fourmont
( Mis en ligne le 20/09/2011 )
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