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Histoire & Sciences sociales  ->  Biographie  
 

Un homme, son siècle
Jean-Claude Berchet   Chateaubriand
Gallimard - Biographies 2012 /  29.50 € - 193.23 ffr. / 1050 pages
ISBN : 978-2-07-073518-1
FORMAT : 15,6 cm × 22,5 cm
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Il dormira là-dessous, la tête tournée vers la mer ; dans ce sépulcre bâti sur un écueil, son immortalité sera comme fut sa vie, déserte des autres et tout entourée d’orages. Les vagues avec les siècles murmureront longtemps autour de ce grand souvenir ; dans les tempêtes, elles bondiront jusqu’à ses pieds, ou les matins d’été, quand les voiles blanches se déploient et que l’hirondelle arrive d’au-delà des mers, longues et douces, elles lui apporteront la volupté mélancolique des horizons et la caresse des larges brises. Et les jours ainsi s’écoulant, pendant que les flots de la grève natale iront se balançant toujours entre son berceau et son tombeau, le cœur de René devenu froid, lentement, s’éparpillera dans le néant, au rythme sans fin de cette musique éternelle».

Comme le relève le professeur Jean-Claude Berchet dans la récente biographie à la fois fine et très érudite qu’il vient de consacrer à Chateaubriand (1768-1848), c’est ainsi que Flaubert imaginait naguère le repos éternel du célèbre écrivain breton dans son ouvrage Par les champs et par les grèves. Cette étude de Jean-Claude Berchet arrive à point nommé, tant le vicomte de Chateaubriand se trouve être à bien des égards une figure paradoxale : l’«aristocrate des lettres» est certes un «auteur populaire», mais sa renommée se heurte à des «résistances tenaces» découlant de «l’ère du soupçon» inaugurée par Sainte-Beuve.

Si Chateaubriand est un «immense artiste, un écrivain original, un maître incontesté de la langue française» et s’il a directement «contribué à la naissance du régime parlementaire en France», selon certains esprits chagrins, son crédit parait toutefois difficile à établir. Comment lui faire confiance ? Après tout, ce «charlatan de la littérature comme de la politique» n’eut de cesse de chercher à faire «illusion». D’où le souhait de Jean-Claude Berchet de brosser le portrait de Chateaubriand, de «restituer sa véritable physionomie à un portrait défiguré par les à-peu-près, les clichés, les interprétations malveillantes ou inexactes». Pour ce faire, la démarche de l’universitaire se fonde sur une «empathie critique».

Né dans une noble famille de Bretagne, Chateaubriand a traversé l’un des siècles les plus agités de l’histoire de France et du Vieux Continent. En effet, il connut l’ancien régime, avant de faire l’expérience du «fleuve de sang» dont la source profonde réside dans la Révolution française et qui sépare l’ancien monde du nouveau. Débuta, en 1791, une riche valse de régimes et de constitutions dont Chateaubriand fut le témoin comme écrivain, publiciste, parlementaire, ministre et ambassadeur. Son engagement politique fut déterminé tant par ses sentiments de fidélité envers la monarchie légitime que par sa croyance en la marche des sociétés modernes vers la démocratie.

Après avoir servi dans l’armée de Condé, Chateaubriand fit son retour en France, où il collabora avec le Premier Consul, dont il fut secrétaire d’ambassade à Rome (1803), avant de devenir ministre de la France dans le Valais un an plus tard. La même année, l’exécution du duc d’Enghien le conduisit cependant dans l’opposition. Il quitta alors la vie publique jusqu’à la Restauration, qu’il aida en publiant en 1814 son pamphlet De Buonaparte et des Bourbons. Ministre du gouvernement exilé de Louis XVIII durant les Cents-Jours, il devint pair de France après la chute définitive de Napoléon.

Hostile à la dissolution de la chambre introuvable, il s’attira les foudres du monarque en publiant La Monarchie selon la Charte (1816), où il plaidait pour un monarque régnant sans gouverner. Vivement agacé par Louis XVIII qui s’appuyait sur des hommes ayant servi sous la Révolution et sous l’Empire, le vicomte rejoignit les rangs des ultras. Il devint néanmoins ambassadeur à Berlin, puis à Vérone. Il plaida à cette époque pour l’invasion de l’Espagne afin de nimber la Restauration de la gloire militaire. Par la suite, Louis XVIII le nomma ministre des affaires étrangères, mais il finit par tomber en disgrâce dès 1824, époque durant laquelle il se rapprocha des libéraux.

Il défendit alors les libertés publiques contre le gouvernement de Villèle. Il s’opposa, également, à la politique conservatrice du ministère Polignac. Lorsque le roi des barricades Louis-Philippe arriva au pouvoir en juillet 1830 à la suite des Trois Glorieuses, le légitimiste Chateaubriand démissionna de la chambre des pairs. Avec un nouveau pamphlet intitulé De la Restauration et de la monarchie élective (1831), il pourfendit la quasi-légitimité de la Monarchie de Juillet. Après avoir été inquiété en raison de l’affaire de la Duchesse de Berry, l’écrivain légitimiste se tint obstinément à l’écart des affres de la vie politique et écrivit son chef d’œuvre, les Mémoires d’outre-tombe, dans lequel il développe longuement ses idées libérales teintées de légitimisme.


Jean-Paul Fourmont
( Mis en ligne le 03/07/2012 )
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