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Histoire & Sciences sociales  ->  Biographie  
 

Biographie classique d'un despote éclairé
François Fejtö   Joseph II - Un Habsbourg révolutionnaire
Perrin 2005 /  22 € - 144.1 ffr. / 380 pages
ISBN : 2-262-02254-2
FORMAT : 14x23 cm

Edition revue et corrigée.

L'auteur du compte rendu : Françoise Hildesheimer, conservateur en chef aux Archives nationales, est professeur associé à l'université de Paris I. Elle a notamment publié Fléaux et société. De la Grande Peste au choléra . XIVe-XIXe siècles (Hachette, 1999), et, récemment, une biographie de Richelieu (Flammarion).

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Parmi les expériences de gouvernement relevant du «despotisme éclairé» qui se déroulent dans l’Europe des années 1770-1780, celle autoritairement menée en Autriche par Joseph II est l’une des plus systématiques. La couronne impériale constituait le lien unique entre des peuples divers dont l’empereur voulut modifier radicalement les lois et coutumes. Là où sa mère Marie-Thérèse avait fait montre d’un pragmatisme empirique et souplement réformiste, qui permit de progresser vers la centralisation et d’imposer le gouvernement monarchique sans heurter les particularismes et s’affronter directement aux diversités locales, il prit le parti tout théorique d’une radicale réforme s’étendant jusqu’aux modes de vie de ses sujets.

Joseph II fut empereur dès la mort de son père François Ier en 1765, mais fut co-régent de la monarchie avec sa mère ; il ne devint seul maître qu’à la mort de cette dernière, le 24 octobre 1780, enfin libre d’imposer ses vues. Son idée fondamentale est que le système étatique repose sur le travail des sujets dont il convient d’accroître le rendement ; abolition du servage et hostilité aux ordres contemplatifs sont les conséquences directes de ce principe.

Réforme générale du gouvernement, restructurations administratives, interventions autoritaires dans l’exercice du catholicisme et suppression des communautés monastiques contemplatives dont les biens reviennent à l’État, subordination du clergé catholique transformé en agents impériaux, création d’une Église nationale et mise à distance de Rome, autorisation du culte protestant et orthodoxe, réforme de la condition paysanne, réforme fiscale passant par l’établissement d’un cadastre, toutes ces mesures autoritaires se succèdent en rafales imposées à tous sans égards ni distinction et s’accompagnent de l’objectif permanent d’assurer la grandeur de l’État par le moyen de l’action militaire. Or, en ce domaine, Joseph II ne manifeste pas un génie stratégique à la hauteur de ses ambitions : s’il fait effectivement de l’Autriche une très grande puissance militaire, contre la Prusse, la Turquie et contre les Belges, il essuie des revers qui permettent aux rancœurs et oppositions soulevées par ses réformes de se manifester ouvertement.

Les deux dernières années de son règne sont marquées par des concessions auxquelles Joseph II se trouve contraint et que son frère et successeur, le pragmatique Léopold II, saura habilement récupérer pour sauver un pouvoir impérial malmené par les erreurs, brutalités et maladresses d’un règne qui visait pourtant avant tout au renforcement du pouvoir impérial.

La biographie de François Fejtö n’est pas une nouveauté, puisqu’elle date de 1953. Elle nous livre un récit haché en brefs chapitres de la vie d’un Empereur à la psychologie difficile à cerner, d’abord entre révolte et soumission à sa mère (sur laquelle on souhaiterait souvent en savoir plus), puis entre rationalité et déséquilibre réformateurs. La Hongrie, centre des travaux de l’auteur, y est fort bien servie, mais il est vrai qu’il s’agit d’une pièce essentielle de l’échiquier impérial. En revanche, on regrettera que dans la présente édition «corrigée et complétée» aucune référence bibliographique ne fasse état de travaux plus récents, notamment ceux, essentiels, de Jean Bérenger (Histoire de l’Empire des Habsbourg, 1990) ou classiques de Victor-Lucien Tapié (L’Europe de Marie-Thérèse, 1973), sans parler des biographies de Joseph II parues à l’étranger (notamment : Paul von Mitrofanov, Vienne 1910, traduit du russe ; Derek Beales, t. I, Cambridge, 1987 ; Gustav Otruba, Vienne, 1988). Bref, si Joseph II est «un Habsbourg révolutionnaire» sa biographie ainsi rééditée ne l’est guère…


Françoise Hildesheimer
( Mis en ligne le 14/01/2005 )
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