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Louis XIII ou la gloire de l’Etat
Jean-Christian Petitfils   Louis XIII
Perrin 2008 /  28 € - 183.4 ffr. / 970 pages
ISBN : 978-2-262-02385-0
FORMAT : 15,5cm x 24cm

L'auteur du compte rendu : Matthieu Lahaye poursuit une thèse consacrée au fils de Louis XIV sous la direction du professeur Joël Cornette à l’Université Paris-VIII.
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Jean-Christian Petitfils a démontré depuis longtemps ses talents de biographe, que ce soit avec son Louis XIV (1995), resté une référence, ou avec son Louis XVI dix ans plus tard, décapant de fond en comble l’image du dernier roi absolu. Dans son dernier ouvrage consacré à Louis XIII, il tente de réhabiliter un souverain dont la dernière grande biographie remonte à 1979. A l’époque, Pierre Chevalier n’avait pas totalement démenti l’image traditionnelle d’inconsistance politique collée par l’historiographie à ce souverain pris en tenaille entre les deux très charismatiques Henri IV et Louis XIV.

Dans ce travail très informé, au fait de la bibliographie la plus récente, l’auteur montre au contraire que Louis XIII, tout au long de son règne, suit une ligne politique claire, celle définie par son père : lutte contre l’Espagne à l’extérieur et approfondissement du pouvoir central contre les Grands à l’intérieur. Au plus près des sources contemporaines, Jean-Christian Petitfils montre que le roi sait imposer cette politique aux moments critiques de son règne.

Éduqué dans la très haute idée de sa dignité royale, Louis XIII, homme à la fois solitaire et orgueilleux, est sans concession à l’égard de ceux qui empiètent sur sa liberté souveraine de commander. Ainsi, en avril 1617, il n’hésite pas à faire éliminer le tout puissant ministre Concini, inféodé à sa mère, Marie de Médicis. Il n’hésite pas non plus à exiler cette dernière, partisane d’une alliance avec l’Espagne, mais surtout cabaleuse impénitente, prête à tout pour garder l’ascendant sur son fils. Il en ira de même avec son frère cadet, Gaston, aussi agité que couard, sous ses airs vifs et charmeurs.

L’auteur ne dissimule pas les faiblesses du monarque. Complexé par son bégaiement, timide à l’excès, misogyne au point de se priver d’un héritier jusqu’en 1638, le souverain ressent le besoin de s’appuyer sur des confidents affectionnés. Ce fut Luynes d’abord, Cinq-Mars ensuite, mais surtout Richelieu qui fut sans doute le seul à saisir sa personnalité complexe, étrange alliance de soumission et de désirs dominateurs. Si Louis XIII lui délégua l’essentiel de la direction des affaires, le roi ne se détourna pas pour autant des dossiers, préservant jalousement sa capacité d’arbitrer.

Va-t-en guerre, endurant dans le combat, un courage confinant à l’intrépidité, Louis XIII fut à l’origine des dernières guerres contre les protestants, mais aussi de l’engagement de la France dans la grande mêlée européenne que l’on allait bientôt appeler la guerre de Trente Ans. Refusant de succomber au défaitisme de son principal ministre après la chute de Corbie (août 1636) qui ouvrait aux Espagnols la route de Paris, c’est le roi qui organisa la défense de sa capitale, lançant une contre-attaque à la tête d’une armée affaiblie.

Dans son abaissement des Parlements, il alla même plus loin que Richelieu ne le désirait – nous apprend l’auteur -, se permettant de recevoir le premier président du parlement de Bordeaux par trop insolent avec des mots d’une rare violence : «A genoux, petit homme, devant votre maître» (p.620). Parfois cruel, sans pitié pour ceux qui manquaient à leur devoir de fidélité, il envoya à l’échafaud Michel de Marillac aussi bien que le très noble et très puissant gouverneur du Languedoc, Henri de Montmorency.

Dans cette monumentale biographie de plus de 800 pages écrite comme d’habitude avec élégance – en dépit de chapitres un peu indigestes sur l’état du royaume -, Jean-Christian Petitfils montre aussi en filigrane que Louis XIII, malade chroniquement, incapable de régner seul, n’arriva pas à trouver une formule politique permettant de créer un large consensus autour de son pouvoir. Cette œuvre appartiendra à son fils et successeur, Louis XIV.


Matthieu Lahaye
( Mis en ligne le 23/09/2008 )
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