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Uwe Backes   Les Extrêmes politiques - Un historique du terme et du concept de l'Antiquité à nos jours
Cerf - Politique 2011 /  34 € - 222.7 ffr. / 466 pages
ISBN : 978-2-204-09471-9
FORMAT : 13,5cm x 21,5cm

Jean-Marie Argelès (Préfacier)
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Professeur de sciences politiques à l’université de Dresde en Allemagne et spécialiste de l’histoire des idées et des systèmes autocratiques, Uwe Backes est un fin connaisseur de l’histoire des extrémismes politiques. Dans le cadre de ses travaux scientifiques, profondément marqués par la dimension comparatiste, l’universitaire allemand a dernièrement écrit Les Extrêmes politiques. Une historique du terme et du concept de l’Antiquité à nos jours.

Paru aux éditions du Cerf, le présent ouvrage d’Uwe Backes aborde le concept d’extrémisme politique sous toutes ses multiples facettes. Il y avait fort à faire, tant cette notion a été utilisée en Occident depuis l’Antiquité. Si la notion d’extrémisme politique a fait florès pendant de très longs siècles, d’aucuns défendent l’idée que l’extrémisme serait un fruit direct de la modernité.

Comme l’indique l’auteur, l’historien britannique Eric Hobsbawm a écrit durant les années 1990 que les tout récents excès d’inhumanité du XXe siècle découleraient de la Première Guerre mondiale. La conflagration militaire aurait en effet ouvert le sinistre bal des horreurs. Il est vrai que ce fut la première fois que «la société civile d’Etats en guerre – essentiellement d’ailleurs celle de l’Empire allemand engagé sur plusieurs fronts – fut placée, dans sa totalité, au service d’un combat collectif où la survie était en jeu».

La stratégie de la guerre totale mit en péril de nombreuses vies humaines. En effet, «des millions de soldats perdirent la vie, beaucoup rentrèrent dans leurs foyers, mutilés ou psychologiquement brisés, incapables de se réintégrer un jour dans la société». C’est à la suite de la Première Guerre mondiale que s’imposèrent ce qu’Hans-Peter Schwarz appelait naguère des «monstres» politiques, comme Hitler, Lénine et Staline, des «hommes prêts à sacrifier des millions d’êtres humains pour faire triompher leurs visions politiques hybrides».

Sans la Première Guerre mondiale et son terrible cortège d’atrocités, la Révolution russe n’aurait probablement pas eu lieu. Il en va de même pour le putsch d’Octobre 1917 que les Bolcheviks accomplirent à Saint-Pétersbourg. Lénine et ses séides déclenchèrent, ensuite, une rigoureuse épuration. Tous les «parasites» entravant les objectifs de la Révolution socialiste furent tout simplement anéantis. La rupture avec l’histoire dite bourgeoise et la volonté de créer une nouvelle civilisation furent autant de prétextes aux meurtres de masse.

Comme l’écrivait Lénine, il s’agissait alors de «débarrasser la terre russe de tous les insectes nuisibles, des puces (les filous), une demi-douzaine d’ouvriers qui tirent au flanc (au comportement aussi grossier que celui de nombreux typographes de Petrograd, en particulier dans les imprimeries du Parti). Là, on les enverra nettoyer les latrines. Ailleurs, on les munira, au sortir du cachot, d’une carte jaune, afin que le peuple tout entier puisse surveiller ces gens malveillants jusqu’à ce qu’ils se soient corrigés. Ou encore on fusillera sur place un individu sur dix, coupable de parasitisme».

L’exemple des Bolcheviks fit des émules aux quatre coins du monde. Pourtant, d’après Uwe Backes, l’extrémisme politique n’est pas né au XXe siècle, loin s’en faut. Par exemple, la Révolution française fut notamment marquée par la vertu jacobine et les idées de Babeuf.

C’est donc bien la riche et longue histoire des extrêmes politiques que retrace l’universitaire allemand dans ce passionnant ouvrage.


Jean-Paul Fourmont
( Mis en ligne le 17/01/2012 )
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