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Unité & pluralisme
Jacques Le Goff   Georges Gurvitch - Le pluralisme créateur
Editions Michalon - Le Bien commun 2012 /  10 € - 65.5 ffr. / 125 pages
ISBN : 978-2-84186-582-6
FORMAT : 11,6cm x 18,7cm

L'auteur du compte rendu : Alexis Fourmont a étudié les sciences politiques des deux côtés du Rhin.
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Ce livre vous donne le sens du changement de la philosophie juridique pour s’adapter aux nouveaux besoins» (p.9). C’est ainsi que l’universitaire britannique Harold Laski salua naguère L’idée du droit social, la monumentale thèse du philosophe, juriste et sociologue Georges Gurvitch. A la fois ambitieuse et iconoclaste, la réflexion gurvitchienne n’en demeure pas moins méconnue. Avec l’intéressante étude du professeur Jacques Le Goff, dernièrement parue aux éditions Michalon, l’injustice est en passe d’être réparée.

Né en 1894, Georges Gurvitch est originaire de Russie, où il se destine très tôt à une carrière académique. Il enseigne la philosophie du droit aux Universités de Petrograd et de Tomsk. Déçu par la révolution bolchevique, à laquelle il participe puisqu’il la tient ni plus ni moins pour «l’aurore de la société autogérée chère à Proudhon», Gurvitch s’exile sans avoir été «ni banni ni proscrit». En 1920, il devient donc professeur à l’Université de Prague, avant d’enseigner en France et aux États-Unis d’Amérique.

Néanmoins, tout au long de sa carrière universitaire, l’impasse russe ne cesse de le tourmenter : en effet, synthétise Jacques Le Goff, «pourquoi est-on si vite passé d’un projet de société libérée à un dispositif entièrement cadenassé ?» Pourquoi le dessein prométhéen des révolutionnaires russes a-t-il été trahi ? Cette interrogation fondamentale n’aura de cesse d’alimenter sa réflexion.

Comme l’indique à cet égard le professeur Jacques Le Goff, «la révolution russe fait figure d’évènement matriciel où se condensent la plupart de ses grandes intuitions dans un puissant besoin d’intelligibilité». Appuyée sur la sociologie, la pensée politique et le droit, sa pensée est axée sur la société, et ce «dans ses structures comme dans ses transformations. Plus qu’une sociologie, explique l’auteur, elle est une socio-dynamique, une pensée du changement social».

L’œuvre de G. Gurvitch consiste à explorer les liens entre unité et pluralisme, que Jacques Le Goff présente comme découlant d’une certaine façon de la religion orthodoxe et plus spécialement de «la pluralité reconnue constitutive de Dieu lui-même en trois personnes. Ce qui revient à reconnaître dans la divinité le jeu d’une distance unitive, d’un écart entre les personnes compatible avec leur unité mystique». Prolongeant cette réflexion d’ordre théologique, Gurvitch se demande de quelle façon une «pluralité dispersive» peut concourir à l’«unité intégrative» et comment il est concevable de rejoindre l\'«aire du centripète à partir du centrifuge» (pp.11-15).

Autant d’interrogations fécondes qui ont conduit Georges Gurvitch à étudier le pluralisme par le biais de prismes ontologique, juridique et politique. Récusant inlassablement tout «stato-centrisme» (p.40), Gurvitch défend notamment l’idée que la réalité juridique excède le droit étatique, car la société fonctionne de façon autonome, chaque groupe social produisant son propre système juridique à l’aide notamment des «faits normatifs». Ceux-ci permettraient «la fécondation du social «brut» par la justice en tant que source primaire du droit» (p.55). La justice irradierait donc la production normative. «Engendré par la totalité qu’il intègre» (p.46), le droit serait social.


Alexis Fourmont
( Mis en ligne le 06/03/2012 )
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