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Penser les extrêmes
Christophe Bourseiller   L'Extrémisme - Une grande peur contemporaine
CNRS éditions 2012 /  22 € - 144.1 ffr. / 298 pages
ISBN : 978-2-271-06949-8
FORMAT : 14cm x 22cm

Pascal Ory (Préfacier)
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En 1952, puis en 1956, la Cour constitutionnelle fédérale de la République fédérale Allemagne a interdit deux partis politiques extrémistes : le Sozialistische Reichspartei et le Kommunistische Partei Deutschlands, autrement dit respectivement une résurgence du parti nazi ainsi que le parti communiste. Les juges du Bundesverfassungsgericht justifièrent cette prohibition, notamment, par la volonté de protéger «l’ordre constitutionnel libéral-démocratique» de ses ennemis.

Cette conception militante de la démocratie tend à faire ressortir l’une des caractéristiques majeures de l’extrémisme politique, à savoir l’objectif d’un changement de société radical. Et comme l’affirme par exemple Edgar Morin, dans l’extrémisme, «au départ, il y a une minorité active, car tout commence par une «déviance», une remise en question de l’ordre officielle, la naissance de petits réseaux qui vont progressivement contester le paradigme dominant». D’où, par exemple, la théorie de la démocratie apte à se défendre que l’Allemagne a adoptée dès l’après-guerre.

A bien des égards, l’extrémisme est un sujet épineux. Christophe Bourseiller vient de lui consacrer un nouvel ouvrage, paru aux éditions du CNRS. Le péril extrémiste, rappelle-t-il d’emblée, n’est pas une nouveauté. Pis, historiquement, l’extrémisme n’a eu de cesse d’obnubiler classe politique et médias : ce véritable «serpent de mer (…) n’en finit pas de surgir et de ressurgir». Invariablement, en effet, «on l’invoque, on l’évoque, on le redoute, on le pourchasse». Pourtant, ce phénomène demeure relativement négligé par la science politique.

C’est donc en partie pour remédier à cette situation que d’aucuns tiennent pour dangereuse que Christophe Bourseiller s’est souvent penché sur le sujet. Dès la fin des années 1980, l’auteur avait ouvert le bal en publiant Les Ennemis du système, dont le présent ouvrage apparait comme une sorte d’actualisation (cf. S. Boulouque, «Mélenchon est-il «gauchiste» ?, Le Nouvel Observateur, 08/02/2012). L’enseignant à Sciences Po a en outre écrit Les Maoïstes (1996), puis Vie et mort de Guy Debord (1999). Bref, autant dire que l’extrémisme (de droite comme de gauche) est un sujet qu’il aime traiter.

Mais qu’est-ce que l’extrémisme ? L’expression est-elle si large qu’elle ne renvoie à aucune réalité bien précise, comme le pensent bien des auteurs ? N’y a-t-il ici rien à penser, s’interroge Christophe Bourseiller ? Naturellement, l’extrémisme doit être pensé. Mais ce dernier «fait problème», tant il est «fluctuant et incertain. Il se dérobe. Il se cache. Il conteste en général les écrits qui le concernent». Finalement, pour l’auteur, l’étude de l’extrémisme s’apparente tout à fait à un «exercice de funambule», dans le cadre duquel d’une part «décrire les convergences, c’est prendre le risque du malentendu», et d’autre part «pointer les différences, c’est esquiver le phénomène dans sa globalité».

Plus précisément, l’auteur définit l’extrémiste comme le «partisan d’une doctrine poussée jusqu’à ses extrémités, qui détermine un certain nombre de comportements et de pratiques». L’extrémiste souhaiterait «un changement radical de société» et, pour ce faire, n’exclurait pas le recours à la «violence». Sur le fondement de cette définition, C. Bourseiller fait le constat de l’immense diversité de l’extrémisme en analysant ses variantes de gauche, puis ses avatars de droite.


Jean-Paul Fourmont
( Mis en ligne le 06/03/2012 )
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