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Autorité, modernité et tradition
Hannah Arendt   De la révolution
Gallimard - Folio essais 2013 /  9.90 € - 64.85 ffr. / 502 pages
ISBN :  978-2-07-045079-4
FORMAT : 11,0 cm × 17,8 cm

Marie Berrane et Johan Frédérik Hel-Guedj (traduction)
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Hannah Arendt (1906-1975), philosophe allemande naturalisée américaine, ne se considérait pas comme philosophe mais comme professeur de théorie politique. Elle est surtout connue pour ses travaux sur la politique, le totalitarisme et la modernité (Les Origines du totalitarisme - 1951, Condition de l\'homme moderne - 1958, La Crise de la culture - 1961). Son livre Eichmann à Jérusalem, suite au procès d\'Eichmann en 1961, a suscité controverses et polémiques.

Dans son ouvrage De la Révolution, au style tendu et soutenu (il faut aimer le droit et ses subtilités), elle met en parallèle les Révolutions américaine (1775-1783) et française (1789-1793). Elle oppose ainsi une Révolution américaine libérale à une Révolution française égalitaire. Du point de vue d’Hannah Arendt, la Révolution américaine a réussi à installer un fonctionnement public dans un cadre traditionnel tandis que la Révolution française a bel et bien rompu avec la tradition (voir aussi les derniers ouvrages de Marcel Gauchet). Pour Hannah Arendt, la Révolution française a donné le mauvais son de cloche de la politique moderne (avec les révolutions russes de 1917).

La Révolution américaine se base sur la notion de liberté et prône un mode de vivre ensemble par l’association. Le modèle politique et social repose sur les promesses et un contrat opposé à la notion de souveraineté générale qui ne peut garantir la liberté des citoyens. Dans cette notion, le peuple est trop abstrait par rapport à la notion de citoyens unis par des promesses. Hannah Arendt rappelle l’influence de Montesquieu (1689-1755) sur la Révolution américaine, notamment par la séparation des trois pouvoirs, judiciaire, législatif et exécutif, séparation qui, ancrée dans la tradition, assure une stabilité des institutions. A l’inverse, la Révolution française et ses concepts d’égalité, d’absolu politique ou de souveraineté générale, portait intrinsèquement le risque du basculement dans le règne de la terreur et la dictature d\'un parti unique, et, plus tard, le totalitarisme.

Pour démasquer cette fureur égalitaire, héritée du Rousseauisme de la Révolution française, déguisée derrière une sorte de vertu folle qui ne pouvait que dévier vers le sang et la violence, Hannah Arendt ne se prive pas de critiquer Robespierre et ses idéaux. La Révolution française échoua ; en prétendant lutter contre la misère du peuple, contre la pauvreté par la politique, la révolution installa un danger, avec, pour Hannah Arendt, la négation du pluralisme.

Cet essai signale et annonce ainsi remarquablement les apories de la politique contemporaine, éclatée entre autorité, modernité et tradition.


Yannick Rolandeau
( Mis en ligne le 08/10/2013 )
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