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L’Etat, c’est le droit ?
Jean Picq   Histoire et Droit des Etats - La souveraineté dans le temps et l'espace européens
Presses de Sciences Po 2005 /  29 € - 189.95 ffr. / 409 pages
ISBN : 2-7246-0953-0
FORMAT : 17x24,5 cm

L'auteur du compte rendu : Sébastien Laurent, agrégé et docteur en histoire, est maître de conférences à l’Université Bordeaux 3 et à Sciences-Po Paris. Il consacre ses recherches depuis plusieurs années aux services de renseignements militaires et policiers aux XIXe et XXe siècles dans le cadre d’une histoire de l’État. Il est le fondateur de la section "Histoire & sciences sociales" de Parutions.com.
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Il faut saluer cet ouvrage marqué par une double ambition. Celle de se pencher sur un sujet – l’État – considéré comme banal et fort travaillé, alors qu’il l’est très peu sinon par les juristes. Il faut aussi relever qu’il s’agit d’un manuel universitaire. Sur les deux plans, la réussite est complète. Il s’agit en effet d’un premier essai de synthèse, large, s’étendant du Moyen-Age à la fin du XXe siècle, dont l’objet est de cerner ce que l’auteur appelle les «figures» de l’État.

L’ensemble se présente sous une forme très didactique comprenant schémas, frises chronologiques, encarts divers et surtout de nombreux textes fondateurs, connus mais peu lus, du droit des États occidentaux. On relève là d’ailleurs avec cette primauté du droit, l’une des qualités de l’ouvrage et l’une de ses limites. Il s’agit néanmoins d’un très bon manuel, doublement original donc, par un auteur qui – il faut le souligner – n’est pas un universitaire, ni un enseignant de métier non plus qu’un chercheur, mais un haut fonctionnaire (de la Cour des Comptes) qui a depuis 2000 dispensé un enseignement éponyme à Sciences-Po Paris. Il fut l’auteur en 1995 d’un important rapport, L\'Etat en France: servir une nation ouverte sur le monde (La Documentation française), après avoir entrepris la réforme d’une structure étatique importante, celle du secrétariat général de la défense nationale.

La dimension comparée de l’ouvrage est réelle et la perspective d’ensemble – comprendre l’État – est rendue tout à fait claire par la mise en valeur des phénomènes étatiques étrangers. On pourra regretter que la bibliographie fasse la part belle et exclusive aux ouvrages d’histoire du droit et d’histoire des idées de l’État aux dépens des très nombreux travaux issus du programme «genèse de l’État moderne» des années 1980. La raison principale de cet oubli réside dans le fait que, pour l’auteur, l’État c’est avant tout le droit (public) et les textes qui en sont le support. Il aurait peut-être fallu à cet égard intituler l’ouvrage Histoire du droit des États. Il serait absurde de nier la part essentielle du droit positif dans la constitution – au double sens du terme – des États en Occident. Mais d’abondants travaux historiques ont montré que l’État est tout à la fois, bien plus et bien moins que cela.

La dimension culturelle et sociale de l’action de l’État pourtant clairement mise en avant par les travaux classiques de Pierre Rosanvallon n’est pas abordée. Mais surtout l’auteur s’en tient à une curieuse approche, très romaniste, de l’État : les pratiques, c’est-à-dire l’État en actes, sont ignorées. Or cette histoire est en plein essor et montre, sans surprises, que du marbre des principes à la réalité des pratiques de l’État, la distance est grande. L’intérêt d’une histoire de l’État au quotidien, dans son emprise politique et sociale n’est pourtant plus à montrer.

Il reste que ce livre suggère, en contrepoint, au-delà de ses partis pris méthodologiques non clairement avoués, tant le terme de «figures» est flou, l’intérêt d’une histoire du non-État : les histoires millénaires de la Chine, du Japon et de l’Afrique montrent que les modernités politiques ne sont pas toutes occidentales et étatiques.


Sébastien Laurent
( Mis en ligne le 25/09/2005 )
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