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Il caimano et son pays
Marc Lazar   L'Italie à la dérive - Le moment Berlusconi
Perrin 2006 /  13 € - 85.15 ffr. / 156 pages
ISBN : 2-262-02447-2
FORMAT : 13,0cm x 20,0cm

L'auteur du compte rendu : Raphaël Muller, ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, est allocataire-moniteur en histoire contemporaine à l'université de Paris I.
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Au mois de mars 2006, à quelques jours des élections législatives italiennes, Marc Lazar, professeur à Sciences-po, spécialiste de la gauche européenne et de l’Italie contemporaine, faisait paraître un bref essai consacré au phénomène Berlusconi et la situation socio-économique de la péninsule. Les élections sont désormais passées, et la coalition de droite qui dirigeait le pays depuis 2001 a cédé la place à la gauche amenée par l’ancien président de la commission européenne Romano Prodi. Mais L’Italie à la dérive n’en demeure pas moins un instrument précieux pour comprendre la scène politique transalpine.

Au cœur de l’essai, la figure – ô combien controversée - de Silvio Berlusconi. Self-made man à l’américaine, même si l’origine de sa fortune reste douteuse, l’homme le plus riche d’Italie règne depuis les années 80 sur un empire médiatique gigantesque. Egalement propriétaire du prestigieux club de football Milan AC, il décide en 1993 de se lancer en politique. Le succès est immédiat puisqu’il devient immédiatement président du conseil, mais l’expérience tourne court et Berlusconi est contraint à la démission en 1994, après seulement sept mois à la tête du gouvernement. Il doit attendre 2001 pour effectuer son retour au pouvoir : cette fois l’expérience durera cinq années.

Marc Lazar montre toute la complexité du phénomène Berlusconi. Surgi dans un paysage politique bouleversé par l’opération «mains propres», il cavaliere incarne un espoir de changement et prétend rompre avec le système politique en place depuis la Seconde Guerre mondiale. Toutefois la pratique du pouvoir est bien différente : elle implique tractations, négociations, compromissions avec les différentes composantes de l’échiquier politique, mais aussi avec les partenaires internationaux. De même le statut du parti, Forza Italia, pose problème : conçu comme une machine électorale vouée à être réactivée lors des consultations, il a pourtant tendance à s’institutionnaliser, mais peut-il pour autant s’émanciper de la tutelle de son leader ? Ces tensions constantes entre discours et pratique, entre déclarations chocs et promesses non tenues, sans oublier les conflits d’intérêts récurrents, impliquent de constants ajustements, qui sont analysés avec une grande finesse par l’auteur, dont l’objectif est bel et bien de substituer aux clichés largement diffusés une compréhension fine et nuancée du phénomène Berlusconi et des réactions d’hostilité qu’il a suscitées.

Mais ces quelques pages sont également pour Marc Lazar l’occasion de brosser le portrait politique, social et économique d’un pays qu’il connaît parfaitement. Baisse spectaculaire de la fécondité, délabrement des finances publiques, précarisation du marché du travail, croissance atone, tels sont quelques-uns des aspects d’une crise tout autant structurelle que conjoncturelle. Faut-il pour autant y voir le signe d’un déclin irrémédiable de l’Italie ? C’est précisément cette hypothèse que Marc Lazar s’efforce d’interroger mais également de nuancer en soulignant par exemple le dynamisme de la société civile.

L’Italie à la dérive est un essai stimulant, qu’il faut recommander à tous les Français qui souhaitent comprendre l’Italie actuelle. Sa lecture s’avère d’autant plus nécessaire que rares sont les ouvrages en langue française consacrés à la péninsule.


Raphaël Muller
( Mis en ligne le 19/07/2006 )
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