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Le troisième homme ?...
Richard Robert   La Possibilité d'un centre - Stratégies de campagne de François Bayrou
Editions Michalon 2007 /  12 € - 78.6 ffr. / 141 pages
ISBN : 978-2-84186-407-2
FORMAT : 13,0cm x 20,5cm

L'auteur du compte rendu : Mathieu Zagrodzki est diplômé en droit privé de l’Université Paris II et de Sciences Po Paris. Il est actuellement doctorant au sein du Pôle Action Publique du Centre de Recherches Politiques de Sciences Po (CEVIPOF).
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Paru quelques semaines avant le premier tour de l’élection présidentielle, à un moment où le candidat centriste semblait encore pouvoir se glisser au second tour aux dépens de Ségolène Royal, La Possibilité d’un centre se propose d’analyser le «phénomène Bayrou». Comment en effet l’ancien ministre de l’Education Nationale est-il parvenu à passer d’un modeste score de 6,84 % en 2002 au statut de prétendant crédible à la magistrature suprême cinq ans plus tard ? Pour répondre à la question, Richard Robert décortique dans trois parties distinctes le discours, le programme et l’assise sociologique de François Bayrou.

Il est intéressant tout d’abord de se pencher sur le discours et le positionnement politique de Bayrou. En effet, la configuration partisane de la Ve République, marquée par le clivage gauche/droite, ne laisse que très peu de place à un centre véritablement indépendant. Le candidat UDF a pourtant réussi à tourner ce clivage traditionnel à son avantage, en se présentant comme une sorte de candidat anti-système se démarquant des élites symbolisées par le PS d’un côté, l’UMP de l’autre. Se rapprochant en cela de la posture d’un Jean-Marie Le Pen dénonçant pendant trois décennies la «bande des quatre», François Bayrou a ainsi voulu incarner un vote contestataire, tout en demeurant, et c’est là l’originalité de sa stratégie, un candidat aux propositions réalistes et modérées. C’est ainsi que le député des Pyrénées-Atlantiques s’est lui-même défini comme un «protestataire républicain».

Son programme est-il pour autant aussi révolutionnaire que l’attitude revendiquée ? La réponse est négative, à en croire Richard Robert. L’insistance sur le problème de la dette publique a en effet surtout servi à masquer le flou programmatique, voire le manque de courage du président de l’UDF. Sur le chômage, l’éducation, les effectifs de la fonction publique ou l’environnement, les propositions de François Bayrou se distinguent avant tout par leur manque de clarté. A trop vouloir ménager tout le monde et assurer d’éventuelles alliances des deux côtés de l’échiquier politique, Bayrou a refusé de trancher sur des enjeux essentiels.

La vision de la société qu’il nous propose est encore moins innovante. On peut même aller jusqu’à dire qu’elle est franchement conservatrice. L’auteur constate ainsi le crédit qu’accorde François Bayrou dans ses discours à des groupes socioprofessionnels comme les enseignants ou les médecins, qui ont longtemps constitué, notamment dans la France rurale d’avant mai 68, des figures respectées et écoutées. Ce qui amène Richard Robert à la conclusion que, loin d’être moderne, la France proposée par le leader centriste est une société fondée sur des hiérarchies stables et traditionnelles, où les notables locaux retrouveraient la place qui était la leur avant la montée de l’individualisme et l’augmentation du nombre de diplômés. Rien d’étonnant finalement quand on connaît l’histoire et la sociologie électorale de l’UDF.


Mathieu Zagrodzki
( Mis en ligne le 20/06/2007 )
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