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Guérilla sémiotique
Dick Hebdige   Sous-culture - Le sens du style
La Découverte - Zones 2008 /  13 € - 85.15 ffr. / 154 pages
ISBN : 978-2-355-22000-5
FORMAT : 14cm x 20,5cm

Traduction de Marc Saint-Upéry.

L'auteur du compte rendu : Scénariste, cinéaste, Yannick Rolandeau est l’auteur de Le Cinéma de Woody Allen (Aléas) et collabore à la revue littéraire L'Atelier du roman (Flammarion-Boréal) où écrivent, entre autres, des personnalités comme Milan Kundera, Benoît Duteurtre et Arrabal.

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Le livre de Dick Hebdige Sous culture : le sens du style est paru pour la première fois en 1979. Cette oeuvre est l\'un des textes fondateurs des «cultural studies» et tente de comprendre et d\'établir les développements théoriques d\'une sociologie du punk.

Dick Hebdige explique son sujet : \"J’ai choisi de commencer cet ouvrage par des extraits de Genet parce que c’est un auteur qui, plus que tout autre, a su explorer tout à la fois dans sa vie et dans son art les implications subversives du style. Tout au long de cet ouvrage, je ne cesserai de reprendre les thèmes majeurs de Genet : le statut et le sens de la révolte, l’idée de style comme forme de refus, le crime comme forme d’art (même si, dans notre cas, les «crimes» étudiés ne sont que des transgressions de codes). Tout comme Genet, nous sommes intéressés par les sous-cultures, par les formes et les rituels expressifs de groupes subalternes – teddy boys, mods, rockers, skinheads et punks – qui sont tour à tour ignorés, décriés et canonisés, considérés tantôt comme des menaces à l’ordre public, tantôt comme des clowns inoffensifs. Et, tout comme Genet, nous portons notre attention sur les objets les plus triviaux – une épingle à nourrice, une chaussure à bout pointu, une motocyclette – qui, pourtant, à l’instar du tube de vaseline, se chargent d’une dimension symbolique, d’une valeur de stigmate, d’emblèmes d’un exil volontaire. Enfin, tout comme Genet, nous cherchons à recréer la dialectique entre action et réaction qui donne sens à ces objets. Car, de même que le conflit entre la sexualité «contre nature» de Genet et l’indignation «légitime» des policiers peuvent être encapsulés dans un seul objet, les tensions entre groupes dominants et groupes subalternes se reflètent à la superficie des différentes sous-cultures à travers les styles construits grâce au détournement d’objets triviaux désormais dotés d’un double sens\" (p.6).

La première partie du livre met au jour une homologie entre les différents aspects du style des sous cultures (robe, vêtements, coiffure, musique, argots, rituels, médicaments), qui sont effectivement des panoplies signifiantes. Cet ouvrage tente de comprendre la circulation des signes et des identités qui traverse les sous cultures juvéniles. L\'intérêt de cet essai réside essentiellement dans la description des différentes musiques. Etonnamment, il parle peu des autres sous cultures à l\'oeuvre à la même époque.

L\'auteur développe dans une seconde partie tous les rituels que ces sous cultures ont développés et interroge leurs significations. Il tente de comprendre ces sous cultures en appliquant les concepts issus de la linguistique. Notamment, l\'auteur décrit les conflits sociaux comme des luttes pour l\'appropriation et la réinterprétation de signes, dans ce qu\'il appelle, à la suite d\'Umberto Eco, une «guérilla sémiotique». La question de la pertinence, de la beauté et du réel intérêt de ces sous cultures n\'est pas vraiment posée dans cet essai. Cette question manque cruellement pour permettre un plus grand recul sur l\'émergence de cette cacophonie culturelle d\'où émergeront par la suite toute une série de sous styles.

Très influencé par Roland Barthes et sa sémiologie ainsi que par Jean Genet, Dick Hebdige interprète ces cultures jeunes du point de vue d’une influence entre adolescents noirs et blancs, rejoignant la théorie de Norman Mailer dans son livre The White Negro mais en l’appliquant à l’Angleterre et au monde des sous cultures adolescentes (Teddy Boys, Skinheads, Punks, Glam-Rock, Hippies et Rasta).

Si le livre reste trop dans l\'analyse sémiologique à la mode de l\'époque, il permet de cerner le phénomène dans sa globalité, notamment la jeunesse britannique des années 1970, creuset du punk et du glam-rock avec la figure de Bowie et Roxy Music, mais aussi d\'une sous-culture rasta importée en Angleterre. Pour comprendre l\'émergence du punk, il faut saisir l\'importance de ces dialogues, par styles interposés, entre jeunesses britannique et immigrée : les sous cultures se répondent entre elles dans un jeu complexe d\'échanges, de déplacements et de citations.

Il y a là, que l\'on soit pour ou contre, un rebricolage de toute la \"culture\" mélangeant drogue, rebellion jeuniste, avant-garde littéraire et cinéma underground. Patti Smith, chanteuse punk américaine et ancienne étudiante des Beaux-Arts, prétendait avoir inventé un genre nouveau, la «poésie rock», et incorporait des lectures de Rimbaud et de William Burroughs à ses performances. Il y eut aussi des sous cultures réactionnaires comme les skinheads qui, à partir de la fin des années 1960, constituaient déjà une sous culture arborant un style agressivement prolétarien, puritain et nationaliste (cheveux en brosse, bretelles, shorts, jeans Levi’s larges, pantalons «Sta-Prest», chemises à col boutonné Ben Sherman et Doc Martens).

Le livre de Dick Hebdige constitue une bonne introduction pour appréhender une telle \"révolte culturelle\".


Yannick Rolandeau
( Mis en ligne le 23/12/2008 )
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