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Les affres du néo-capitalisme
Christopher Lasch   Cornelius Castoriadis   La Culture de l'égoïsme
Climats 2012 /  10 € - 65.5 ffr. / 112 pages
ISBN : 978-2-08-128463-0
FORMAT : 11,5 cm × 18,4 cm

Myrto Gondicas (Traducteur)

Jean-Claude Michéa (Postfacier)

Michael Ignatieff (Interviewer)

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Ce petit livre, redécouvert grâce au philosophe Jean-Claude Michéa, résulte d\'un dialogue entre Cornelius Castoriadis et Christopher Lasch, animé par Michael Ignatieff. Il s\'agit de la retranscription d\'une émission de télévision diffusée sur la chaîne britannique Channel 4, le 27 mars 1986.

Cornelius Castoriadis (1922-1997), cofondateur du groupe et de la revue Socialisme ou Barbarie (1949-1967), a été économiste à l\'OCDE (1948-1970), directeur d\'études à l\'EHESS (1980-1995) puis psychanalyste (1973-1997). Auteur de plusieurs essais comme Le Carrefour du labyrinthe, il s\'est aussi intéressé à la cité grecque, notamment dans ses séminaires publiés par les éditions du Seuil sous le titre La Création humaine : Sur Le Politique de Platon (1999), Sujet et vérité dans le monde social-historique (2002), Ce qui fait la Grèce, 1. D\'Homère à Héraclite (2004), La Cité et les lois. Ce qui fait la Grèce, 2 (2008). Christopher Lasch (1932-1994) fut quant à lui sociologue et l\'auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels La Révolte des élites (Climats, 1996), Le Seul et Vrai Paradis (Climats, 2002) ou Le Moi assiégé (Climats, 2007).

Tous deux sont préoccupés par le surdéveloppement actuel du néo-capitalisme. Le titre du livre axe tout particulièrement l\'optique sur l\'atomisation des sociétés, consécutive de cette culture de l\'égoïsme devenue le fer de lance du système néolibéral. Ce concept de l\'intérêt individuel fut développé notamment par Bernard Mandeville (1670-1733) dans La Fable des abeilles ou Les fripons devenus honnêtes gens (1705) puis par Adam Smith dans Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (la fameuse «main invisible du marché») publié en 1776. Les deux auteurs théorisèrent que l\'égoïsme marchand ne pouvait que profiter à la société tout entière. Sans doute Mandeville et Smith ne pouvaient-ils pas entrevoir que cet égoïsme allait se déployer tous azimuts au point de s\'immiscer dans la sphère privée et contaminer toute la sphère publique, ruinant toute morale et toute éthique, et donc toute relations humaines avec au final une perte de la politique et une perte de la réalité.

Le \'\'moi\'\' qui apparaît après la Seconde Guerre mondiale prend son essor avec \'\'la société de consommation\'\' qui gagne en ampleur grâce à la rapidité de propagation des médias modernes, l\'envie, l\'égoïsme et le repli sur la sphère subjective. Ce n\'est donc pas l\'individualisme qui affleure mais le règne de l\'égo (en langage marketing, la fameuse \"personnalisation\") démultiplié à l\'échelle de la société. Les décideurs ont bien compris qu\'il ne s\'agissait plus de brimer l\'individu comme auparavant (ère du refoulement) mais de le renforcer dans son égoïsme (ère du défoulement) dans plusieurs domaines. Le moi de l\'individu devient donc un moi vide, rempli de l\'air du temps, sans recul critique, investi par les lobbies et les décideurs, massifié. Bref, perdant le sens de soi-même.

Cette vision permet de comprendre, autant à droite qu\'à gauche, et la politique économique et la politique culturelle comme un visage bicéphale. Cet ouvrage met le doigt sur ce développement du capitalisme qui a réussi à dépasser ses anciennes bases répressives pour œuvrer dans un nouveau champ, démocratique et égalitaire en apparence, mais enfermant l\'individu dans la prison de son moi alors que celui-ci se croit libéré.

La postface de Jean-Claude Michéa est, comme à l\'habitude de l\'auteur, fort offensive concernant les développements libéraux et \'\'progressistes\'\' de la société marchande, attaquant de plain-pied le capitalisme économique et sa composante culturelle avec sa lutte contre toutes les discriminations. Louis Schweitzer, ancien président de la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l\'Egalité), n\'est-il pas le président de la branche internationale du MEDEF ?...

Un ouvrage sans doute trop court mais très précieux.


Yannick Rolandeau
( Mis en ligne le 30/10/2012 )
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