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Hommes et masculinité
Daniel Welzer-Lang   Les Hommes aussi changent
Payot 2004 /  23 € - 150.65 ffr. / 446 pages
ISBN : 2-228-89827-9
FORMAT : 14x23 cm

L'auteur du compte rendu: titulaire d’une maîtrise de Psychologie Sociale (Paris X-Nanterre), Mathilde Rembert est conseillère d’Orientation-Psychologue de l’Education Nationale.
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Le sociologue Daniel Welzer-Lang, maître de conférences à l’université de Toulouse-le-Mirail, synthétise dans son dernier ouvrage les résultats d’années de recherche sur les hommes et le masculin. Il a en effet soit écrit soit dirigé pas moins de quinze ouvrages en quinze ans, sur l’homophobie, l’échangisme, les violences, le SIDA, la prostitution, le viol, le partage des tâches ménagères…

La première moitié de cet ouvrage, plutôt érudite, fera reculer le lecteur non spécialiste des questions de genre et des rapports sociaux de sexe : l’auteur y retrace un historique des théories, du naturalisme d’Engels au renouveau de la pensée féministe des années soixante-dix, marqué par les textes fondateurs de Delphy, Mathieu et Guillaumin, en passant par la théorie des «rôles de sexe» qui fit florès dans les années soixante chez des auteurs comme Sullerot, Chombart de Lauwe ou Rocheblave-Spenlé. En ce temps-là, l’homme était singulièrement absent des études sociologiques qui s’intéressaient aux femmes. Ce n’est qu’en 1975 que Lefaucheur et Falconnet publient La Fabrication des mâles.

En interaction avec les évolutions de la recherche, les mouvements sociaux se transforment : suite à la vague féministe des années soixante-dix, apparaissent des groupes de conscience d’hommes, puis émerge un mouvement d’hommes «proféministes» - appellation discutable, dont les défenseurs expliquent qu’elle permet de respecter l’autonomie du mouvement des femmes. En effet, des hommes autoproclamés féministes pourraient donner des leçons de féminisme aux femmes elles-mêmes, ce qui serait un comble… Les années quatre-vingt-dix verront naître la théorie queer qui met en relation l’antisexisme et le mouvement gai et lesbien.

L’auteur s’attarde sur la question des apports et limites des hommes sociologues qui ont travaillé sur les rapports sociaux de sexe et le genre. L’anthropologue Godelier a étudié dans les années quatre-vingt une société à forte domination masculine, celle des Baruyas. C’est sans doute le titre de son ouvrage, La Production des grands hommes, que Daniel Welzer-Lang détourne avec humour lorsqu’il évoque les «Grands Sociologues». Bourdieu, auteur de l’ouvrage controversé La Domination masculine, en fait bien évidemment partie et prend au passage du plomb dans l’aile. Welzer-Lang aborde alors l’œuvre d’un autre sociologue plus récent, De Singly, qui travaille sur la famille.

Arrivé au milieu de l’ouvrage, l’auteur quitte la théorie pour exposer les recherches qu’il a menées avec ses collaborateurs et ses étudiants depuis quinze ans. Cette deuxième partie est donc beaucoup plus facile d’accès. En prenant comme exemple le comportement des hommes à la maison (propreté et rangement, violences conjugales) et leur comportement sexuel (bisexualité, prostitution, échangisme…), Daniel Welzer-Lang montre que «les hommes changent aussi» - peut-être pas comme on le voudrait, où comme on l’attendrait… Mais tout de même.

C’est que nous avons bien du mal à penser le changement, conclut l’auteur. Pour ce faire, on peut comparer des donnés chiffrées actuelles et anciennes (par exemple, sur le partage des tâches ménagères), ou bien essayer de penser ce que serait une société sans domination masculine (on est alors dans le domaine de l’utopie) ou encore tenter de comprendre le cheminement individuel de personnes qui parviennent à s’émanciper des contraintes de genre. L’auteur classifie ainsi certains hommes dans la catégorie des «rejetés de la virilité», «insoumis» ou «réfractaires». Leur parcours montre qu’il existe bel et bien des mobilités sociales de genre chez les hommes.


Mathilde Rembert
( Mis en ligne le 05/10/2004 )
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