L'actualité du livrerencontre rencontrefemme Lundi 22 janvier 2018
  
 
     
Le Livre
Histoire & Sciences sociales  ->  
Biographie
Science Politique
Sociologie / Economie
Historiographie
Témoignages et Sources Historiques
Géopolitique
Antiquité & préhistoire
Moyen-Age
Période Moderne
Période Contemporaine
Temps Présent
Histoire Générale
Poches
Dossiers thématiques
Entretiens
Portraits

Notre équipe
Littérature
Essais & documents
Philosophie
Beaux arts / Beaux livres
Bande dessinée
Jeunesse
Art de vivre
Poches
Sciences, écologie & Médecine
Rayon gay & lesbien
Pour vous abonner au Bulletin de Parutions.com inscrivez votre E-mail
Rechercher un auteur
A B C D E F G H I
J K L M N O P Q R
S T U V W X Y Z
Histoire & Sciences sociales  ->  Sociologie / Economie  
 

Les classes moyennes n’existent plus
Christophe Noyé   Christophe Guilluy   Atlas des nouvelles fractures sociales en France - Les classes moyennes précarisées et oubliées
Autrement 2004 /  14.95 € - 97.92 ffr. / 63 pages
ISBN : 2-7467-0552-4
FORMAT : 18x25 cm
Imprimer

La France aujourd’hui ? Une société dans l’ensemble intégrée, grâce aux fameuses classes moyennes, à laquelle s’opposent des minorités, plus marginales, issues de l’immigration et concentrées dans les quartiers dits difficiles ? Ce portrait souvent brossé par les médias et les discours politiques est en fait bien loin de la réalité. L’Atlas des nouvelles fractures sociales en France vient s’inscrire en faux par rapport à cette conception confortable intellectuellement. Le plus grand mérite de ce petit opuscule est sans aucun doute de briser les miroirs aux alouettes et d’affirmer dans son sous-titre que «les classes moyennes [sont] oubliées et précarisées».

L’analyse de Christophe Guilluy et Christophe Noyé s‘appuie principalement sur les résultats du dernier recensement de la population, réalisé en 1999. Graphiques et cartes organisés par double page livrent une radiographie de la population, de ses «classes» et du territoire français. Ils servent une démonstration assez impitoyable : les métropoles et l’accès au progrès aux bourgeois traditionnels et aux fameux «bobos», nouvelle bourgeoisie intellectuelle mais qui se veut sociale, et les périphéries, de plus en plus éloignées et sous-équipées aux couches populaires qui ne peuvent plus se permettre de payer un loyer en ville. Certes, grâce au parc social et au logement inconfortable, des poches plus populaires demeurent dans les villes, mais sans empêcher la ghéttoïsation par le haut que provoque la gentrification. Les auteurs préfèrent donc à l’expression «la France d’en bas» celle de «France périphérique».

Les principales conséquences sociales de l’exclusion spatiale des villes centres sont le repli sur l’individu et son habitat, et par là, la désorganisation des classes populaires. Car le départ du centre se fait souvent au prix de l’accession à la propriété. Le cadre de vie et sa préservation sont du coup surinvestis par ceux qui ont dû quitter des centres urbains bien équipés pour des zones de plus en plus éloignées des centres, donc souvent rurales. La relégation dans des banlieues populaires, identifiées culturellement et politiquement représentées par le parti communiste a ainsi cédé la place à une France populaire aphone. En effet, les classes populaires, quoique toujours majoritaires, se sont retirées du monde associatif et sont de moins en moins syndiquées, en général. La conséquence ultime de cette lente perte de voix qui s’est faite dans les vingt dernières années est la constitution d’une sorte de contre-culture par opposition aux partis politiques de gouvernement. Contre-culture qui s’est traduite par une forte abstention conjuguée au vote extrême (principalement Front national) lors des derniers scrutins.

La conclusion de cet atlas, amère, tire la sonnette d’alarme et rappelle aux médias, politiques et associations, l’urgence de la situation. C’est un appel à oublier la casuistique des discours sur la mixité sociale et l’intégration, afin de mieux se saisir de questions telles que la surévalution foncière ou la précarisation des salariés les plus modestes.


Amélie Rigaud
( Mis en ligne le 01/11/2004 )
Imprimer
 
SOMMAIRE  /  ARCHIVES  /  PLAN DU SITE  /  NOUS ÉCRIRE  

 
  Droits de reproduction et de diffusion réservés © Parutions 2018
Site réalisé en 2001 par Afiny
 
livre dvd