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Vers une nouvelle classe ouvrière ?
Naïri Nahapétian   L'Usine à vingt ans - Avec 1 CD audio
Les Petits Matins - Bruits 2006 /  18 € - 117.9 ffr. / 173 pages
ISBN : 2-915879-08-7
FORMAT : 13,5cm x 20,0cm

Préface de Denis Clerc.

L'auteur du compte rendu: Guy Dreux est professeur certifié de Sciences Economiques et Sociales en région parisienne (92). Il est titulaire d'un DEA de sciences politiques sur le retour de l'URSS d'André Gide.

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En 1999, Stéphane Beaud et Michel Pialoux faisaient paraître Retour sur la condition ouvrière (éditions Fayard). L\'ouvrage avançait quelques propositions simples : il existe encore des ouvriers en France, ils sont six millions ; ils subissent une vraie intensification de leur travail ; il existe une fracture entre les ouvriers et le reste de la population, mais aussi entre les vieux ouvriers et les plus jeunes… Enfin, les auteurs signalaient que la quasi inexistence politique de ce groupe était particulièrement problématique.

Ces remarques paraissent aujourd\'hui assez évidentes. Mais il faut se rappeler que dès les années 1980, la thématique de la modernisation portait avec elle l\'idée que les ouvriers étaient une catégorie sociale qui allait disparaître. Les partis politiques, les journalistes comme les chercheurs partageaient très largement cette croyance. Et il a fallu attendre le 21 avril 2002 (Le Pen au second tour de l\'élection présidentielle), pour que les yeux se dessillent.

Depuis, deux orientations ont émergé. Pour le dire simplement, une pensée experte s\'est développée pour présenter le \"peuple\" comme le nouvel ennemi de la démocratie (pour une critique forte de cette tendance, on peut se référer à l\'ouvrage de Jacques Rancière, La Haine de la démocratie). Mais on assiste aussi, sous des formes diverses (enquêtes, articles, films ou même bandes dessinées) à un renouveau d\'intérêt pour la condition ouvrière.

L\'ouvrage de Naïri Nahapétian s\'inscrit dans cette dernière perspective, et son intérêt est triple. D\'une part, elle est une jeune journaliste (née en 1970). Cela peut paraître anecdotique, mais au moment où l\'on parle beaucoup des nouvelles lignes de fractures de la société française, et que l\'on s\'interroge sur une possible fracture générationnelle, Naïri Nahapétian témoigne de la possibilité pour de jeunes \"intellos\" de se réinscrire dans une histoire qui ne leur a, en effet, pas toujours été transmise facilement.

D\'autre part, l\'ouvrage part essentiellement du terrain. Fruit d\'une enquête fortement nourrie d\'entretiens qu\'elle a pu avoir avec de jeunes ouvriers, Naïri Nahapétian a su composer un juste équilibre entre des données statistiques, des témoignages et des réflexions plus théoriques. Cet équilibre fait de son ouvrage un livre à la fois très accessible (pédagogique presque) et riche de questionnements et de références.

Enfin, et ce n\'est pas la moindre de ses qualités, l\'ouvrage défend une thèse. Certes, l\'auteur est particulièrement prudente, mais on comprend aisément qu\'elle entend sinon prendre le contre-pied de Beaud et Pialoux, du moins nuancer leur diagnostic. Ces deux auteurs, très souvent cités dans l\'ouvrage, avaient en effet insisté sur la décomposition de la classe ouvrière. Or, pour Naïri Nahapétian, on ne peut exclure qu\'une nouvelle classe ouvrière soit en train de se reconstituer, principalement à partir d\'un rapprochement de plus en plus net entre une partie des employés, notamment les plus précarisés, et les ouvriers. Consciente des phénomènes de décomposition, de ghettoïsation ou encore d\'émergence des problématiques ethniques, l\'auteur reste mesurée sur cette hypothèse, mais il est clair qu\'elle entend relativiser l\'isolement, l\'atomisation et la division des ouvriers. Une attitude optimiste en quelque sorte.

Un intéressant CD accompagne l\'ouvrage, sur lequel on peut entendre quelques entretiens où les personnes interrogées exposent leur parcours et leurs conditions de travail.


Guy Dreux
( Mis en ligne le 05/05/2006 )
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