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Deux princes en Démocratie
Farid Ameur   Philippe d' Orléans   Voyage en Amérique. 1861-1862 - Un prince français dans la guerre de Sécession
Perrin Fondation Saint-Louis 2011 /  25 € - 163.75 ffr. / 655 pages
ISBN : 978-2-262-03568-6
FORMAT : 15,5cm x 24cm
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Les éditions Perrin et la Fondation Saint-Louis viennent de publier Voyage en Amérique 1861-1862, Un prince français dans la guerre de Sécession. Il s’agit de la chronique que le Comte de Paris Philippe d’Orléans a écrite, lorsqu’outre-Atlantique il prit part à la guerre de Sécession dont on fêtera bientôt le 150e anniversaire.

Dans cet ouvrage, Farid Ameur présente et annote le récit du voyage du petit-fils de Louis-Philippe, roi déchu à la suite de la Révolution de 1848 qui a abouti à la IIe République. Après son élection à la présidence de la République en 1848, Louis-Napoléon Bonaparte procédera à un coup d\'État en 1851 et établira le Second Empire. Ce qui contraindra à l’exil les deux princes d’Orléans, le comte de Paris et le duc de Chartres. Pour terrasser leur désœuvrement, sous l’impulsion de leur oncle le duc de Joinville, les princes décidèrent d’aller s’informer sur place de l’état de la démocratie américaine. Sitôt arrivés, ils revêtirent assez rapidement l’uniforme bleu des troupes de l’Union fédérale et furent affectés comme capitaines à l’état-major du général McClellan, qui dirigeait l’armée du Potomac et que les princes surnommèrent assez curieusement le «jeune Napoléon».

Chargé de cours à l’Université de Versailles-Saint-Quentin, F. Ameur a soutenu en avril 2010 une thèse de doctorat sur les Français dans la guerre de Sécession. Autant dire qu’il était tout désigné pour commenter le Voyage en Amérique du comte de Paris, qui est une chronique de ses deux années de guerre. Désireux d’aller voir «la bagarre de près», le prince écrivit dès le début des hostilités que «loin d’étonner les Américains, notre venue dans les circonstances actuelles leur fait plaisir. Très sensibles à l’opinion que l’on a d’eux en Europe, ils y voient la preuve qu’il y a là-bas encore des gens qui ont confiance dans leur avenir. Nous ne rencontrons dans la conversation, poursuit-il, aucune des difficultés que nous avions pu craindre. (…) Nous ne sommes pas gênés et pouvons exprimer carrément nos opinions. Toutes nos sympathies sont pour l’Union et nous souhaitons ardemment de la voir rétablie ; nous la regardons comme une œuvre à demi française, comme un puissant contrepoids à l’Angleterre. Comme Français, nous sommes attristés de voir le déchirement d’un grand peuple qui n’a jamais fait la guerre à la France, qui est son alliée naturelle ; comme libéraux, de l’argument que ces évènements donnent aux ennemis des peuples libres et de leurs institutions».

A l’évidence emprunt de la politique de «juste milieu» que Guizot entendait mettre en œuvre sous la défunte Monarchie de Juillet, le prince précise plus avant son dessein : «nous ne voulons pas faire ici une campagne abolitionniste. (…) Il nous est facile de dire aux Américains tout ce que nous souhaitons pour leur pays, sans nous avancer plus loin que nous le voulons. Nous pouvons leur dire franchement que nous souhaitons le rétablissement de l’Union, mais que pour cela il faut que le Nord, après avoir montré sa force, montre aussi sa modération, et que pour que leur cause demeure juste, pour qu’elle continue à exciter toutes les sympathies libérales, il faut qu’elle se borne à la défense du droit et qu’elle ne s’associe pas à des entreprises contraires aux droits les plus sacrés, contraires aux traités, contraires à la Constitution et justifiables tout au plus comme derniers moyens de guerre contre un ennemi irréconciliable».

L’intégration des princes dans l’armée de la République américaine ne posa aucun problème, loin s’en faut. Souvent en première ligne, ils participèrent pleinement aux opérations militaires, d’ailleurs sans succès contre les confédérés du Sud, que soutenaient quant à eux les Bourbon. Pour être tout à fait exact, l’escapade des deux princes devait initialement rester confidentielle. Les deux princes souhaitaient au départ se borner à la découverte la démocratie américaine et ne pensaient pas s’investir de la sorte. Mais, compte tenu de leur patronyme célèbre, le secret fut éventé fort rapidement.

Pour ce qui est des caractères, le comte de Paris parait très introverti et manifeste peu de goût pour la chose militaire, tandis que le duc de Chartres semble bien plus impétueux. A leur retour, les princes ont été considérés comme des héros. Toutefois, pour certaines mauvaises langues, ils auraient déserté dans la mesure où les troupes du Nord subissaient des difficultés militaires majeures. Comme devait l’affirmer Karl Marx lui-même, «tout Français qui tire l\'épée pour le gouvernement national américain apparaît comme l\'exécuteur testamentaire de La Fayette».


Jean-Paul Fourmont
( Mis en ligne le 29/03/2011 )
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