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Bible platonicienne
 Platon   Luc Brisson    Collectif   Platon - Oeuvres complètes
Flammarion 2011 /  39 € - 255.45 ffr. / 2198 pages
ISBN : 978-2-08-124937-0
FORMAT : 16,3cm x 23,5cm

L'auteur du compte rendu : Sébastien Dalmon, diplômé de l’I.E.P. de Toulouse, est titulaire d’une maîtrise en histoire ancienne et d’un DEA de Sciences des Religions (EPHE). Ancien élève de l’Institut Régional d’Administration de Bastia et ancien professeur d’histoire-géographie, il est actuellement conservateur à la Bibliothèque Interuniversitaire Cujas à Paris. Il est engagé dans un travail de thèse en histoire sur les cultes et représentations des Nymphes en Grèce ancienne.
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Les éditions Flammarion rééditent les œuvres complètes de Platon en un seul ouvrage, trois ans après une première édition en 2008. On n’a ici que les traductions, essentiellement d’après le texte grec des Œuvres complètes du fondateur de l’Académie publiées par les éditions des Belles Lettres entre 1920 et 1956. Le texte reprend généralement les traductions des dialogues platoniciens publiées dans la collection GF entre 1987 et 2006 par différents savants, à savoir Jean-François Pradeau, Chantal Marboeuf, Louis-André Dorion, Catherine Dalimier, Monique Canto-Sperber, Francesco Fronterotta, Daniel Loayza, Monique Dixsaut, Frédérique Ildefonse, Georges Leroux, Nestor L. Cordero, Michel Narcy et surtout Luc Brisson, Directeur de recherches au CNRS et spécialiste de philosophie antique, qui a coordonné l’ensemble. Les Epigrammes reprennent le texte traduit par Luc Brisson dans Diogène Laërce, Vies et doctrines des philosophes illustres (La Pochothèque, 1999). Le même savant propose aussi la traduction inédite de quinze ouvrages douteux ou apocryphes (le second Alcibiade, l’Alcyon, l’Axiochos, le Clitophon, Définitions, le Démodocos, l’Epinomis, l’Eryxias, l’Hipparque, Sur le juste, le Minos, les Rivaux, le Sisyphe, le Théagès et Sur la vertu). Cette édition, qui compte 2200 pages, ne reprend pas les introductions, les notices et l’ensemble des notes des ouvrages publiés en poche dans la collection GF. Chaque dialogue est présenté au maximum en deux pages. La lecture n’est éclairée que par un minimum de notes indispensables à la compréhension. La pagination traditionnelle de Henri Estienne (1578), utilisée pour les citations des textes de Platon, est reproduite en marge du texte, sauf pour l’Alcyon et les Epigrammes que l’humaniste n’avait pas inclus dans son édition.

Platon, qui donna au terme «philosophie» le sens qui est le sien aujourd’hui, était issu d’une famille aristocratique athénienne. Au cours de sa vie (428/7-348/7 av. J.-C.), il chercha à jouer un rôle politique, comme conseiller ou législateur (à l’imitation de son ancêtre Solon), non seulement à Athènes (mais il fut disqualifié par ses liens familiaux et amicaux avec certains des Trente Tyrans, régime oligarchique mis en place par les Spartiates vainqueurs de la guerre du Péloponnèse) mais aussi en Sicile, à Syracuse, où il connut quelques déboires avec le tyran Denys. Vers l’âge de vingt ans, soit vers 408-407 av. J.-C., il s’attacha à Socrate, jusqu’à l’exécution de ce dernier en 399 av. J.-C., dont il prétend rendre compte dans son Apologie. Il côtoya ainsi d’autres disciples du maître tels Callias (l’homme le plus riche d’Athènes), Xénophon, les hommes politiques Critias, Charmide (qui firent tous deux partie des Trente Tyrans) et Alcibiade, et des philosophes aussi divers qu’Aristippe de Cyrène (fondateur de l’école cyrénaïque hédoniste), Antisthène (fondateur de l’école cynique) ou Euclide de Mégare (fondateur de l’école mégarique). Au retour de son premier voyage en Sicile, il fonda l’Académie, qu’Aristote fréquenta avant de fonder sa propre école. Platon mourut octogénaire, alors qu’il travaillait à la rédaction des Lois. Une école platonicienne se maintint pendant près de mille ans, jusqu’à l’aube de l’époque byzantine, en 529 ap. J.-C. Le texte de Platon y était vénéré, ce qui explique que l’on ait conservé la quasi-totalité de l’œuvre du philosophe. C’est probablement au cours de ce processus de transmission qu’apparurent les titres (d’après le nom de l’interlocuteur principal de Socrate) et sous-titres (indiquant le sujet et le genre) des dialogues ; en effet, il ne semble pas que le maître de l’Académie ait donné lui-même un titre définitif à ses écrits.

Dans ses œuvres, Platon veut rappeler les faits et gestes de son maître Socrate, le mettant en scène surtout dans ses premiers dialogues, à l’aide de la méthode de la réfutation, qui suit une logique particulière : l’interlocuteur de Socrate défend une thèse ; Socrate l’amène ensuite à accepter ses propositions, mais celles-ci contredisent en fait la thèse précédemment exposée. Assez rapidement, Platon développe cependant dans son œuvre un certain dogmatisme dont on n’est pas sûr qu’il était professé par son maître. Selon cette doctrine, les perceptions par les sens ne sont qu’une pâle image d’un ensemble de formes intelligibles, qui représentent en fait la réalité véritable, l’Être. De plus, l’âme est immortelle et l’homme ne saurait se réduire à son corps. Seule l’âme, justement, est capable de se déplacer entre les deux niveaux du sensible et de l’intelligible. Mais Platon cherche aussi à établir un ordre politique différent fondé sur des principes moraux absolument sûrs. Il s’agit pour lui de définir les vertus essentielles du parfait citoyen, ainsi que de la cité parfaite.

A la fin de ce copieux volume, on trouvera un très utile index des noms propres et des termes correspondant à des institutions ou à des notions importantes, ainsi qu’un index des citations. Les annexes présentent des arbres généalogiques, des cartes (avec de menues coquilles, car celle de la Grèce indique l’Arcadie à la place de l’Elide, et mentionne la «Phythie» au lieu de la «Phthie», patrie d’Achille), des schémas (capitale de l’Atlantide selon le Critias, structure du territoire, de la ville et du village dans la cité des Lois…), voire des développements sur des points particuliers (magistratures politiques et judiciaires dans les Lois, nombre nuptial, structure mathématique de l’âme du monde, mouvements des corps célestes…), permettant ainsi d’approfondir la compréhension de dialogues qui demeurent encore aujourd’hui des monuments de la philosophie et de la littérature.


Sébastien Dalmon
( Mis en ligne le 20/12/2011 )
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