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La petite autrichienne et le soldat anglais
Ingeborg Bachmann   Journal de guerre - Suivi des Lettres de Jack Hamesh à Ingeborg Bachmann
Actes Sud - Lettres allemandes 2011 /  16 € - 104.8 ffr. / 118 pages
ISBN : 978-2-330-00046-2
FORMAT : 10cm x 19cm

Hans Höller (Postfacier)

Françoise Rétif (Traducteur)

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Ingeborg Bachmann est souvent considérée comme la plus importante poétesse de langue allemande de l’après-guerre. Femme engagée, libre et féministe, elle a fait partie du «groupe 47», avec entre autres Heinrich Böll et Günter Grass, qui avait pour ambition de produire pour la littérature allemande une langue nouvelle, en tenant compte de l’histoire du désastre de la Seconde Guerre mondiale. Alternant nouvelles en prose et recueils de poèmes, Ingeborg Bachmann connut un succès critique et public très remarqué en Allemagne et en Italie (où elle passa la fin de sa vie) jusqu’à sa mort en 1973.

De prime abord, on a du mal à réaliser l’intérêt de publier ce journal, écrit par une jeune autrichienne de 18 ans, originaire d’une famille nazie convaincue, dans la Carinthie autrichienne de 1945, occupée par l’armée britannique qui la libéra quelques mois auparavant. Ingeborg est «légèrement» (dans tous les sens du terme) amoureuse d’un jeune soldat de l’armée britannique, qui, lui, ne cache pas sa passion pour la jeune fille. Mais Jack, le jeune homme, a une double identité qui va s’inscrire dans le sens de l’histoire : il est juif, et autrichien d’origine.

Le «véritable» journal d’Ingeborg occupe une place très limitée dans l’ouvrage (34 pages), et c’est dans sa deuxième partie - les lettres envoyées après son départ d’Autriche par Jack à Ingeborg – que le livre va prendre un envol résolument épique, romantique et historique : le jeune homme a quitté Vienne en 1946, pour rejoindre le long cortège des exilés juifs de cette époque : une étape en Italie du Sud, puis c’est le départ vers la Palestine, terre nouvelle où se construisent le destin et le pays de milliers de ses frères. Et c’est dans ces pages décrivant la naissance d’Israël que réside tout l’intérêt littéraire et historique du livre : on y comprend la genèse d’une nation, à travers l’identité de la construction (nouveau pays, nouvelle langue, nouveau climat, nouvelles coutumes) par tous ces pionniers venus d’une Europe Centrale qui les a rejetés vers une terre qu’ils doivent conquérir de leur courage et de leurs espoirs. «Comme tu vois, chère Inge, la Palestine vit malgré tout. C’est ici que les Juifs jouent leur dernière chance, du moins tant que les autres peuples ne se seront pas détournés de la haine du Juif c’est ici le seul lieu où les Juifs survivants d’Europe pourront trouver refuge et une nouvelle vie» (p.79).

Jack est bien le symbole de ce peuple qui a tant souffert et qui maintenant doit se poser sur une Terre qu’on lui a attribuée. L’amour assez banal des deux jeunes gens prend alors une autre dimension, quasi-historique, à travers ce récit d’une destinée humaine. A la lumière des lettres de Jack, le journal d’Ingeborg porte déjà les traces d’une rébellion qui fera plus tard d’Ingeborg Bachmann une des femmes les plus engagées de son époque : dans son refus d’adopter les opinions de sa famille, elle marque sa différence. «C’est donc ainsi. Tous parlent de moi, naturellement aussi toute la parenté : «Elle va avec le Juif». Et maman est naturellement très nerveuse à cause des commérages, et elle ne peut absolument pas comprendre ce que tout cela signifie pour moi» (p.32).

Un livre à lire d’un trait (il est très court), pour traverser avec la jeune poétesse autrichienne et le soldat juif les années d’après-guerre remplies de drames et d’espoirs...


Michel Pierre
( Mis en ligne le 11/01/2012 )
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