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Pierre Laval vu par sa fille
Yves Pourcher   Pierre Laval vu par sa fille d’après ses carnets intimes
Le Cherche Midi 2002 /  22 € - 144.1 ffr. / 569 pages
ISBN : 2862749486
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L’histoire d’un homme gagne souvent en intensité par la connaissance raisonnée du regard de ses proches. L’ouvrage qu’Yves Pourcher consacre à Pierre Laval le prouve. Largement inspirée des carnets intimes de sa fille, Josée de Chambrun, cette relation de la vie de l’homme de Châteldon prend une saveur tout autre que celle laissée par ses précédents biographes, Fred Kupferman ou Jean-Paul Cointet.

Il ne s’agit pourtant pas d’une biographie à proprement parler - ce qui distingue ce livre de ses devanciers -, puisque la vie de Laval n’est appréhendée qu’à travers le prisme filial, c’est-à-dire de façon diachronique et partielle dans ses bornes chronologiques, du milieu de l’entre-deux-guerres à une date bien postérieure à l’exécution de l’ancien président du Conseil. Cela signifie aussi que les faits rapportés ont été vécus ou entendus par la narratrice. Or, il est bien évident que tous ne l’ont pas été. C’est enfin sous le regard d’une fille aimante et présente que, par petites touches, Laval prend corps, chair et caractère. Le lien affectif pèse bien entendu lourdement sur l’objectivité de la source première. C’est un écueil, qu’en bon marin du genre, Yves Pourcher a su anticiper et contourner bien au large pour le plus grand profit du lecteur.

Au fil des pages un monde familial, une «ronde mondaine» se déploie, s’offre à la curiosité de chacun. On y découvre, derrière le personnage madré et secret, un homme d’une grande culture, doué d’une faconde de tous les instants, d’un entregent certain. Autour de lui puis de sa fille, les ombres feutrées de Paul Morand, François Mauriac, Marcel Jouhandeau croisent celles de Coco Chanel ou d’Arletty, mais aussi celles de René Bousquet, d’Alfred Fabre-Luce ou Fernand de Brinon avant comme après la guerre. On assiste également à l’ascension politique d’un Laval maire, député, sénateur, ministre, président du Conseil. Sur celle-ci, le récit fourmille d’anecdotes croustillantes glanées par une fille toujours aux côtés de son père dans ses combats électoraux. Présente, elle est également lors des voyages officiels du ministre des Affaires étrangères qui le conduisent de Washington à Moscou ou Rome.

Le retour aux affaires de Laval en 1940, son renvoi, son rappel puis son action jusqu’en 1944 sont également abordés par le menu. Témoin omniprésent de ces quatre années, elle observe avec son époux le comte de Chambrun le petit monde de la capitale de l’État français depuis Paris, Châteldon ou Vichy. Moins diserte sur ce point, elle fréquente également assidûment la fine fleur de l’occupation comme les plus sinistres collaborateurs, quelque peu bernée sur leur compte par la confiance aveugle qu’elle a toujours eue envers son père.

S’il n’est fait aucune révélation majeure d’ordre diplomatique, politique ou décisionnelle dans ces pages, on a le sentiment de refermer le livre en connaissant mieux l’homme Laval, dans ses intentions, ses hésitations, la conscience - ou non - de ses erreurs. Le récit de son incarcération, de son procès, de sa condamnation et de son suicide prend, sous la plume de sa principale admiratrice, une dimension quelque peu tragique. Car les dernières confidences, la perspective inéluctable de la mort de son père rendent bouleversante la peine de Josée de Chambrun dont la plus grande partie de l’après-guerre sera consacrée à la défense irréfragable de Laval.

Rendons encore une fois hommage à Yves Pourcher d’avoir su, en historien consciencieux, exciper d’un récit à la fois brut, immédiat, souvent tendancieux parce que dicté par une sorte d’ «absolu filial» les informations utiles pour une meilleure connaissance historique de Pierre Laval.


Jérôme Cotillon
( Mis en ligne le 08/02/2003 )
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