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Dossier : Paroles de poilus
Les Poilus
Lettres d'un fils 1914-1918
L'Occupation allemande de Noyon. 1914-1917
Carnets d'un poilu girondin
Chronique de la Grande Guerre à Riquewihr
Un évêque aux armées en 1916-1918
La Guerre de mon père
Mémoire de papier
Frères de tranchées
Ultimes sentinelles
Les Années sanglantes 1914-1918
La Peur
Ecrit du front
Ceux de 14
Journal d’un poilu
Mon Papa en guerre
Croquis et dessins de combattants. Des hommes dans la guerre
Ennemis fraternels 1914-1915
La Guerre censurée
Si je reviens comme je l'espère
14-18, le cri d'une génération
Musicien-brancardier...
Histoire d'un Poilu
Petite chronique d'une grande guerre
Je t'écris de la tranchée
Les Carnets de l'aspirant Laby,
Le Procès des témoins de la grande guerre
5ème de campagne
1914-1918
Le Feu

Ennemis fraternels 1914-1915
Ackart Birnstiel   Rémy Cazals   Ennemis fraternels 1914-1915 - Hans Rodewald. Antoine Bieisse. Fernand Tailhades. Carnets de guerre et de captivité
Presses universitaires du Mirail 2002 /  16.80 € - 110.04 ffr. / 190 pages
ISBN : 2-85816-616-1
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L’intérêt des lettres, journaux intimes et témoignages oraux des anciens combattants n’est plus à démontrer. Rémy Cazals avait publié en son temps ce qui est devenu un classique du genre : Les Carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier, plusieurs fois réédités. Il s’intéresse cette fois aux prisonniers de guerre, dans cette étude croisée du destin d’un soldat allemand et de deux poilus de la Grande Guerre. Longtemps parents pauvres de l’historiographie, ces «soldats sans armes» ont fait l’objet d’études récentes de la part de François Cochet, Odon Abbal et Annette Becker, notamment. Quelques témoignages seulement ont été publiés, dont celui de Charles Gueugnier en 1998. On se réjouit donc de voir cette thématique continuer d’être explorée ici.

L’originalité de l’ouvrage de Rémy Cazals réside dans l’approche du sujet, très personnalisé puisqu’il est question de ses grands-pères et de ceux du co-auteur dès l’introduction. La Grande Guerre n’est pas un phénomène historique comme les autres puisqu’elle a directement touché l’ensemble des familles françaises et allemandes. Qui plus est, son souvenir demeure, pour quelques années encore, relié de manière directe et intime à des images et des récits entendus dans le cercle restreint de la parenté ou du voisinage par les plus de trente ans. La perspective franco-allemande, source d’enrichissement mutuel, ajoute encore à l’intérêt de cette démarche.

L’introduction situe le parcours des trois témoins dans le déroulement général du conflit, avant que la parole leur soit donnée. Le lecteur est alors aussitôt immergé dans l’atmosphère du début du conflit, période cruciale qui marque – on le saura plus tard – la charnière entre le XIXe et le XXe siècle. Etonne tout particulièrement l’importance des rumeurs, souvent sans aucun fondement, comme ce récit de l’assassinat d’un uhlan allemand par un prêtre chez qui il croyait avoir trouvé un havre de paix (et qui, en prime, découpe le cadavre pour le faire disparaître !). L’importance de l’histoire des représentations a été soulignée maintes fois par les historiens. Bien réelles – et finalement peu étudiées – apparaissent en revanche ces atrocités commises par les Allemands en Belgique et en France en août 1914, ou cette stupeur des soldats des deux camps devant la découverte du «feu» sur le champ de bataille. Le reflet de ces horreurs est heureusement inverse : une fois blessé Hans Rodewald est soigné par un Français, véritable « brave type », tandis qu’Antoine Biesse, déjà agonisant, est sauvé par les brancardiers lorrains de l’armée allemande. Commencent pour eux plusieurs années de captivité.

Peu convaincu par les conclusions de «l’école de Péronne», Rémy Cazals remet en cause la notion même de «culture de guerre», fondement de l’approche historique d’Annette Becker et de Stéphane Audoin-Rouzeau. Il lui oppose une «culture de paix» de personnes qui n’avaient absolument pas demandé à se trouver sous l’uniforme et n’aspiraient qu’à retrouver leur foyer. Cette étude apporte donc un nouvel élément à un débat historiographique en cours.


Jean-Noël Grandhomme
( Mis en ligne le 13/03/2003 )
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