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Un libéral classique ?...
Wilhelm von Humboldt   Essai sur les limites de l'action de l'Etat
Les Belles Lettres - Bibliothèque classique de la liberté 2004 /  15 € - 98.25 ffr. / 210 pages
ISBN : 2-251-39036-7
FORMAT : 13x21 cm

L'auteur du compte rendu: Guy Dreux est professeur certifié de Sciences Economiques et Sociales au lycée Michelet de Vanves (92). Il est titulaire d'un DEA de sciences politiques sur le retour de l'URSS d'André Gide.
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Cet ouvrage, qui inaugure une collection, la \"Bibliothèque classique des libertés\", est celui d\'un philosophe allemand plus connu pour ses réflexions sur le système universitaire (dont il sera un réformateur important) que pour ses réflexions de philosophie politique. Ce n\'est pas là le moindre intérêt d\'une telle publication.

Le titre de cet essai laisse assez clairement présager de son contenu. Comme de nombreux contemporains, Humboldt théorise sur le rôle et la place légitimes de l\'Etat. Celui-ci ne peut plus recourir à une quelconque référence divine et son autorité doit être fondée en raison, puisque comme le souligne l\'auteur, les Etats \"anciens recherchaient la vertu [et] les nouveaux recherchent le bonheur\".

En ce sens, l\'ouvrage d\'Humboldt semble appartenir à ce vaste travail d\'élaboration de l\'utilitarisme naissant, dont Jeremy Bentham sera la figure éminente. En plaçant l\'individu au cœur de son attention, en célébrant sa capacité à agir, Humboldt est très proche des économistes écossais de son époque, d\'un Smith par exemple. De même, dans le domaine politique, il témoigne d\'un attachement salutaire à l\'affirmation des libertés individuelles dans l\'ensemble des aspects de la vie, y compris en matière de sexualité. Ainsi, tout comme J. Bentham (voir, Défense de la liberté sexuelle, Ecrits sur l\'homosexualité, éd. Mille et une nuits) ou, dans une forme particulière certes, Sade (voir, Français encore un effort si vous voulez être républicains, éd. Mille et une nuits), Humboldt n\'hésite pas à contrer les préjugés de son époque en affirmant qu’\"on ne saurait punir les actes qui ne se rattachent qu\'à leur auteur ou qui se produisent du consentement de celui qu\'ils atteignent. Tous ces principes s\'y opposent et défendent même qu\'on les entrave. On ne peut donc punir aucune de ces infractions charnelles appelées fautes contre les mœurs (le viol excepté, [là est la différence de taille avec Sade]), qu\'elles causent ou non du scandale\".

Ces différentes propositions font de Humboldt un libéral, au fond assez classique. Ce qui toutefois peut retenir l\'attention, c\'est qu\'il semble vouloir se détacher du principe de l\'utilité. Ne cessant d\'affirmer un attachement profond à la diversité des êtres, il considère qu\'il est extrêmement difficile, en matière pénale notamment, de rendre compte de la proportionnalité de la peine, même s\'il adhère à ce principe. La notion d\'utilité ne suffit pas pour permettre une \"détermination générale\" de la \"mesure absolue des peines\". La peine, qu\'il veut douce, ne peut être que relativement proportionnelle. Comme en d\'autres matières juridiques, il ne croit pas à la possibilité d\'un dédommagement véritablement proportionné des actes délictueux et criminels du fait que \"la variété infinie des penchants et des caprices humains attribue à chaque chose et à chaque acte une utilité infiniment variable\".

Plus encore, il considère que toute action du législateur doit avoir pour but d\'augmenter la liberté et la \"force humaine\". Toutefois, le législateur doit prendre en compte la réalité de son temps. Là encore, le critère de l\'utilité n\'est pas nécessairement le meilleur, puisqu\'il \"exige des calculs de probabilités qui forcément ne peuvent point être exempts d\'erreurs\". Humboldt lui oppose le \"principe de nécessité\", entendu comme la nécessaire abstention de l\'Etat à poursuivre la libéralisation de la société dans les cas où la liberté accordée \"non seulement étoufferait tout progrès à venir, mais compromettrait l\'existence même de la société\".

Paradoxalement donc, le texte se termine par des considérations sur les limites de la limitation de l\'action de l\'Etat. On débouche alors sur un \"simple\" libéralisme politique, empreint d\'humanisme allemand.


Guy Dreux
( Mis en ligne le 26/08/2004 )
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