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L’outsider du dedans
Albert Thibaudet   Histoire de la littérature française
CNRS éditions 2008 /  10 € - 65.5 ffr. / 591 pages
ISBN : 978-2-271-06632-9
FORMAT : 12,0cm x 19,0cm

Avant-propos de Michel Leymarie.

L'auteur du compte rendu : Enseignant et critique de nationalité belge, Frédéric Saenen est diplômé en philologie romane et agrégé de langue italienne. Il a publié plusieurs recueils de textes poétiques et participé à de nombreux ouvrages collectifs et revues littéraires. Il co-dirige avec Frédéric Dufoing une revue de réflexion politique, Jibrile, proche des courants anti-impérialistes, libertaires écologistes et post-développementistes.

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Qui pourra éviter Albert Thibaudet en ce début de XXIe siècle ? La poussière qui s’était accumulée sur les articles et les nombreuses publications du prestigieux critique a en effet été récemment soulevée par plusieurs rééditions d’importance, telles que ses Réflexions sur la littérature (Quarto) et ses Réflexions sur la politique (Bouquins). Mais c’est surtout au travail de Michel Leymarie, son biographe, que l’on doit de redécouvrir l’imposante stature intellectuelle de cet «outsider du dedans».

Il manquait au tableau d’honneur l’Histoire de la littérature française de 1789 à nos jours, un panorama auquel Thibaudet travailla jusqu’à son dernier souffle, en avril 1936, et qui couronne son œuvre. L’ouvrage paraîtra chez Stock grâce aux bons soins de ses deux exécuteurs testamentaires, Léon Bopp et Jean Paulhan.

Cette Histoire de la littérature peut se lire d’une traite, mais c’est peut-être là le plus sûr moyen d’en déceler les lourdeurs et les lacunes. Par contre, y retourner régulièrement, y grappiller quelques pages avant se replonger dans un classique permet de goûter pleinement la finesse et la justesse des jugements de Thibaudet. Son unique ambition ? Être, humblement, un passeur. Et cette mission est accomplie : car si lire une notice de Thibaudet ne permet pas de se faire une impression synthétique à propos d’un auteur, cela donne par contre l’envie de s’immerger dans son univers. En cela, cet ouvrage ne pourra jamais tenir lieu de manuel scolaire, encore moins de Digest permettant d’alimenter les conversations et de se doter d’un vernis de culture. Il est plutôt un incitant au contact direct avec le style, partant avec l’homme qui se cache derrière.

Cependant, un défaut majeur subsiste chez Thibaudet, qui réside moins dans son approche chronologique par générations que dans le recours citationnel sur lequel il s’appuie. Fin lettré, helléniste et latiniste, Thibaudet use et abuse en effet de comparaisons qu’il n’explicite pas, ce qui confère parfois à ses propos un tour verbeux. Parlant de la trilogie de Zola, il commente : «Lourdes était écrit par Homais, Rome par Bouvard, et Paris par Pécuchet». Cet exemple, parmi tant d’autres, illustre à quel point le commentaire confine au trait d’esprit stérile, et fonde une attitude qui persiste, hélas, dans la critique contemporaine : «Vous ne comprendrez ce livre et ce que j’en dis que pour avoir lu et compris tel autre». Le plus regrettable est qu’aujourd’hui, le port de ce masque référentiel n’est en général là que pour dissimuler l’indigence de la pensée. Une tare qu’on se gardera bien d’imputer à Thibaudet…

Malgré le nouvel essor que prennent donc ses textes, Thibaudet semble voué à rester un «critique pour quelques-uns» ; mais, au fond, la littérature s’adresse-t-elle à beaucoup plus ?


Frédéric Saenen
( Mis en ligne le 02/07/2008 )
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