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Histoire & Sciences sociales  ->  Géopolitique  
 

La révolution vénézuélienne, mode d’emploi
Michel Collon   Les 7 péchés d'Hugo Chavez
Couleur livres 2009 /  20 € - 131 ffr. / 408 pages
ISBN : 978-2-87003-530-6
FORMAT : 16cm x 24cm

L'auteur du compte rendu : Romancier, essayiste, docteur en sociologie, Frédéric Delorca a publié entre autres, aux Editions du Cygne, Transnistrie : Voyage officiel au pays des derniers Soviets (2009).
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Michel Collon, journaliste belge engagé à gauche, s’est spécialisé à partir de la première guerre du Golfe dans la dénonciation des mensonges des grand médias (ce qu’il appelle les «médiamensonges»). Il a produit divers livres polémiques sur les conflits de Bosnie, du Kosovo, et sur les guerres menées par l’administration de George W.Bush. Il propose cette année un ouvrage didactique à destination du grand public sur les réalisations de la révolution bolivarienne menée par Hugo Chavez et le contexte géopolitique dans lequel elles se situent.

Comme tous les travaux de vulgarisation, l’ouvrage pèche parfois par des excès de simplification. On relève notamment une constante dans ses livres, qui consiste à citer le point de vue de tel général, ou de tel extrémiste d’un gouvernement donné en tentant de convaincre le lecteur par un artifice rhétorique qu’il s’agit là de la vérité ultime du système analysé (ainsi par exemple quand il voit dans la déclaration d’un général de Bonaparte, selon laquelle il faut «supprimer tous les nègres des montagnes», la preuve de l’inhumanité du colonialisme napoléonien).

Certaines démonstrations sont pour le moins rapides – par exemple quand Michel Collon entend expliquer l’échec des monnaies couplées au dollar par le fait que «quand deux monnaies sont arrimées ensemble, la spéculation internationale ne peut manquer d’attaquer la plus faible». Certaines informations pour le moins troublantes comme celles selon lesquelles les États-Unis auraient accusé Al Qaïda et le Hamas d’avoir des bases en Amazonie, ou encore la famille Bush y aurait acheté 40 000 ha dans le cadre de la «guerre de l’eau» (p.101), auraient à tout le moins mérité une note de bas de page pour éclairer leurs sources… Enfin, certaines affirmations sont des plus approximatives telles celle selon laquelle «à elle seule la Colombie compte plus de 90 % des assassinats de syndicalistes dans le monde» (p.108). Le John F. Henning Center en 2000 et Rick Rozoff plus récemment retenaient le chiffre de la moitié, ce qui est déjà énorme pour un aussi petit pays.

Néanmoins le livre trouve une certaine solidité dans l’utilisation qu’il fait de sources «classiques» de l’altermondialisme comme le film Memoria del Saqueo de Fernando Solanas, le livre Les Veines ouvertes de l’Amérique latine d’Eduardo Galeano, ou des ouvrages peu connus en France comme Tous pouvoirs confondus de Geoffrey Geuens ou Le Gouvernement des lobbies de Raoul-Marc Jennar.

Dans son étude du Venezuela, Collon n’esquive aucune des difficultés du sujet, notamment celles qui font couler le plus de salive et d’encre à gauche de la gauche : le pouvoir personnel de Chavez, et sa tolérance à l’égard d’un appareil d’Etat et d’un secteur privé conservateurs. Il s’emploie à en défendre les réalisations au nom du réalisme et du pragmatisme, en insistant sur le rapport de force défavorable que son pays doit affronter au niveau international.

C’est sur le volet de cette description du contexte géopolitique que le lecteur trop habitué aux analyses des médias dominants trouvera sans doute des éléments d’approche nouveaux. Outre des phrases bien senties sur les stratégies des multinationales pour confisquer la biodiversité, ou l’imposition de la monoculture du soja, il découvrira peut-être des noms d’organisations (le Council on Foreign relations, la Commission trilatérale, le groupe de Bildberg) ou de stratèges (Zbigniew Brzezinski) très influents qui ne font pas nécessairement la «une» des grands journaux. Sans nécessairement adhérer à la conclusion que tire Michel Collon, selon laquelle les multinationales du pétrole joueraient un rôle central dans le gouvernement des États-Unis et donc seraient les plus déterminantes dans les récents processus impériaux «globaux», on peut voir dans les éléments d’analyse donnés sur les liens entre responsables gouvernementaux états-uniens et européens (de gauche comme de droite) et grands groupes capitalistes une contribution utile à la compréhension des mécanismes du pouvoir à notre époque.

En plaidant en conclusion pour un «droit à l’alternative» au profit des peuples d’Amérique latine et de l’ensemble du Tiers-Monde contre une «gauche de salon» européenne enfermée dans un purisme moralisateur, Michel Collon entend faire de ses analyses critiques autant de raisons de s’engager et d’espérer… ce qui n’est pas tout à fait inutile dans le monde actuel.


Frédéric Delorca
( Mis en ligne le 06/10/2009 )
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