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Fin de cycle
Philippe Esper   Un monde sans Europe ?
Fayard 2011 /  21,50 € - 140.83 ffr. / 250 pages
ISBN : 978-2-213-66295-4
FORMAT : 13,5cm x 21,5cm

Préface de Pierre Hassner
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Aspirée par le vide». Il y a quelques temps, c’est en ces termes que Nicolas Baverez qualifiait la situation de l’Europe. En effet, celle-ci ferait face à une «rupture» fondamentale marquée par l’achèvement de quatre cycles différents, le «cycle historique de la colonisation européenne», le «cycle idéologique» né de l’affrontement entre le capitalisme libéral et le communisme, le «cycle géostratégique» issu de la Guerre Froide ainsi que le «cycle économique et social de la régulation keynésienne». Si l’analyse de l’essayiste parait à certains égards excessive, il n’en demeure pas moins que la situation du «Vieux Continent» est à tout le moins trouble.

Les défis que l’Europe doit relever sont en effet nombreux. C’est la raison pour laquelle le Conseil économique de la Défense vient de se pencher sur l’hypothèse et le risque d’un monde sans Europe. Composé d’une centaine de personnalités de l’entreprise, de l’économie, de l’international, de l’université, des administrations civiles ou militaires et de la politique, le Conseil économique de la Défense s’est interrogé sur l’identification des menaces et des tensions en vue d’élaborer des propositions constructives et ce faisant d’élargir le champ des possibles.

Il ressort de ces entretiens dirigés par Philippe Esper, Christian de Boissieu, Pierre Delvolvé, Christophe Jaffrelot et Pierre Hassner que l’Europe n’est pas encore identifiée en tant que telle. A cet égard, le constat parait faire écho à la célèbre boutade d’Henry Kissinger. Ce dernier expliquait ne jamais savoir à quel interlocuteur s’adresser en Europe. Il est vrai que l’organisation institutionnelle européenne n’est pas la moins opaque. Dernièrement, Catherine Ashton aurait installé un standard téléphonique diffusant le message suivant : «for Germany, press one ; for France, press two ; for England, press three ; for Italy, press four ; for Poland, press five… ; for Malta, press twenty-seven». De prime abord amusant, le message reflèterait la division et l’impuissance de l’Europe.

Ce qui est inquiétant, car l’Europe doit faire face à de multiples défis. Du point de vue des évolutions démographiques, elle cultive le malthusianisme. A cet égard, seuls le Japon et la Russie rivalisent… L’Europe voit sa part du peuplement mondial fondre rapidement : alors que le Vieux Continent représentait 15% de la population mondiale en 1950, en 2050 il ne comptera que 5% des habitants de la planète. L\'Europe doit au surplus faire face à des flux migratoires importants, car elle se situe aux portes de zones surpeuplées et parce qu’elle est frappée par une pénurie de bras. De plus, l’attractivité du continent européen décline, si bien que la fuite des cerveaux est bien réelle. Sous peu, l’Europe devra également adapter son agriculture à l’évolution des climats.

Au fil des pages, les auteurs passent en revue la longue série des défis auxquels l’Europe est en passe de se confronter. Ils mentionnent notamment la crise de l’euro, les cyber-attaques, l’accès aux ressources naturelles, la question de la disparition progressive du pétrole, celles des terres rares et des métaux stratégiques, la prolifération des armes nucléaires, l’attitude agressive de la Corée du Nord et de l’Iran. L’inexorable montée en puissance de la Chine et de toute une kyrielle d’autres pays émergents tend au surplus à bouleverser les équilibres actuels. Bref, les «menaces» – pour reprendre l’expression des contributeurs - sont multiples et se renouvellent très rapidement.

En conclusion, les auteurs avancent l’idée que l’Europe doit réagir, car elle a besoin du monde et inversement. A cet effet, quelques pays européens devraient former un «groupe de progrès et de pression» auprès de la Commission européenne. Il s’agirait, par ce biais, de la faire évoluer afin qu’elle passe d’une philosophie exclusivement réglementaire et concurrentielle à une véritable politique industrielle européenne. Les auteurs de cet ouvrage préconisent, en sus, la possibilité d’approfondissements à la carte. Les «pays qui le veulent et qui le peuvent» joueraient donc un rôle moteur en matière d’intégration. A cet égard, la France occupe une place tout à fait centrale car «elle est le seul pays à faire partie des deux duos les plus importants pour l’Europe, avec l’Allemagne en matière économique et avec le Royaume-Uni en matière de défense».


Jean-Paul Fourmont
( Mis en ligne le 19/07/2011 )
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