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L’Amérique en déclin ?
Emmanuel Todd   Après l'empire - Essai sur la décomposition du système américain
Gallimard - Folio actuel 2004 /  6 € - 39.3 ffr. / 293 pages
ISBN : 2-07-031300-X
FORMAT : 11x18 cm

Ouvrage paru une première fois en septembre 2002 (Gallimard).
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Il existe une riche littérature sur le thème de la décadence des Empires en général, et de celui des Etats-Unis d’Amérique en particulier. Depuis Montesquieu jusqu’à Paul Kennedy, en passant par Jean-Baptiste Duroselle, on s’est convaincu, s’offrant au passage un frisson non exempt de plaisir, que «Tout empire périra». L’argument est ainsi répété à l’envi par les anti-Américains professionnels – et ils sont légion en France - qui confondent le slogan et sa démonstration. Ce qui n’est pas le cas d’Emmanuel Todd.

Un peu d’histoire, très récente. La chute de l’Empire soviétique en 1991 a laissé les USA seule superpuissance mondiale. Fin de la guerre froide et en parallèle, montée chez les dirigeants américains du vertige du pouvoir, ou encore de « l’hyper puissance » chère à Hubert Védrine. Vers 1995, l’équilibre traditionnel interne à la classe dirigeante américaine, entre camps démocrate et impérialiste, se serait rompu, en faveur du dernier. Mais les USA, affirme Emmanuel Todd, n’auraient pas les moyens, notamment financiers, de leurs ambitions. Ce qui lui permet d’écrire que «les USA sont en train de devenir pour le monde un problème [alors que] nous étions habitués à voir en eux une solution». De protecteurs du «Monde libre», ils seraient devenus ses prédateurs. Pourquoi et comment ?

Hypothèse de l’auteur : nation au potentiel industriel vacillant, et vivant au-dessus de ses moyens, l’empire américain a besoin du «tribut» financier de ses vassaux, à commencer par les deux extrémités eurasiennes, l’Europe et le Japon. Or, comment obtenir que ceux-ci payent dans un monde pacifié, dans lequel le «gendarme» américain ne serait pas indispensable ? Pire encore, le monde, sorti de la guerre froide, tend à l’équilibre. Lecteur de Fukuyama - qui pour lui ne prête pas qu’au dénigrement - Emmanuel Todd croit que la démocratisation progresse, notamment grâce à l’alphabétisation : et que, ainsi que l’avance le très médiatique auteur de La fin de l’Histoire, les démocraties ne se font pas la guerre. Hypothèse terrifiante pour les USA, qui ont besoin que le monde ait besoin d’eux ! Emmanuel Todd propose quelques pistes pour expliquer la politique étrangère américaine, par ailleurs qualifiée de gesticulation irrationnelle et contre-productive à court terme. Et d’expliquer les rodomontades, les démonstrations et les fausses sorties d’une nation qui jouerait à faire peur au monde. Quitte à créer des problèmes bien réels.

Fort d’une autorité morale et scientifique indiscutée, Todd avance parfois à trop grands pas, au cours de ses démonstrations. Fort curieusement, les chapitres traitant de démographie - sa spécialité - sont les moins convaincants, peut-être parce que, pour l’auteur, certaines connaissances vont de soi… Toujours est-il qu’après ce bon mais trop court essai d’Emmanuel Todd, on ne pourra que suggérer la lecture d’un livre de Hannah Arendt, Du mensonge à la violence. A partir de la guerre du Vietnam, La politologue décrit le processus d’auto-intoxication de l’administration américaine, qui s’était convaincue, à coups de sophismes et d’intégrales mathématiques, qu’elle viendrait facilement à bout du nain asiatique… Faut-il se réjouir d’avoir localisé le talon d’Achille ?


Vianney Delourme
( Mis en ligne le 18/02/2004 )
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