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Histoire & Sciences sociales  ->  Géopolitique  
 

Du bleu qui vire au rouge sang
Yves Lacoste   L'Eau dans le monde - Les batailles pour la vie
Larousse - Petite encyclopédie Larousse 2008 /  9.90 € - 64.85 ffr. / 128 pages
ISBN : 978-2-03-582578-0
FORMAT : 14,0cm x 19,0cm

L’auteur du compte rendu : Rémi Luglia, professeur agrégé d’Histoire et interrogateur en deuxième année dans une classe préparatoire commerciale, est doctorant à Sciences-Po Paris où il mène une recherche sur l’histoire de la protection de la nature en France de 1854 à nos jours à travers le mouvement associatif.
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Ce printemps, Larousse a enrichi sa collection « Petite Encyclopédie » de plusieurs livres tous plus intéressants les uns que les autres. Ouvrage réalisé par un spécialiste maîtrisant parfaitement son sujet ; thème en parfaite adéquation avec les préoccupations de nos sociétés contemporaines ; lecture agréable : tout est fait pour que chaque parution soit une réussite.

C’est bien le cas ici : le géographe Yves Lacoste est invité à traiter de l’eau dans le monde, en insistant particulièrement sur les aspects géopolitiques du problème. Il dresse en 128 pages un panorama complet des problématiques liées à l’eau dans le monde. En effet, l’eau est au cœur de multiples enjeux : développement humain, croissance économique, équilibres naturels, enjeux sanitaires, pollutions diverses, maîtrise des risques, changement climatique…

Car, si l\'on dit que l’or noir est un facteur majeur de la géopolitique, notamment à cause de la grande inégalité de sa répartition, la situation est parfaitement comparable pour l’eau. L’or bleu est relativement rare et, surtout, l’accès à la ressource est très inégal : certaines régions regorgent d’eau douce, d’autres en manquent très cruellement. Or, il est indéniable que la principale contrainte à toute implantation humaine n’est pas le froid ou la chaleur mais bien la disponibilité ou le manque en eau douce. Cette inégalité «géographique» est actuellement doublée de la question de la potabilité. Il n’est pas suffisant de disposer d’eau douce, encore faut-il quelle soit utilisable et consommable. A ce titre, l’accès à l’eau potable est un excellent marqueur de l’état de développement d’une société.

De même que le contrôle des risques. En effet, si certaines régions disposent de très peu d’eau (aridité), d’autres au contraire doivent faire face à un excédent d’eau, générateur de catastrophes aux conséquences plus ou moins importantes selon l’adaptation de la société qui y fait face et, là encore, son niveau de développement. Si l’on ajoute à ces thèmes les questions liées à la concurrence entre les différents usages de l’eau douce (agriculture et irrigation, industries, usages domestiques, hydroélectricité) ou au partage des ressources (Californie, Mésopotamie, Israël/Palestine, Nil,…), on comprend toute l’amplitude de l’ouvrage d’Yves Lacoste et la gageure que sa rédaction a dû constituer.

En sept chapitres, l’auteur fait le tour du sujet de manière simple et précise, et en tout cas très complète. Néanmoins, parfois, il est obligé de rentrer dans certains détails plus «techniques» et complexes mais cela n’altère en rien l’accessibilité de l’ensemble. Au contraire, cela permet à un public déjà averti de tirer également profit de la lecture de l’ouvrage.

Il commence par nous présenter globalement la situation mondiale concernant l’eau douce, et les différents problèmes qui se posent quant à sa disponibilité, particulièrement dans un contexte de croissance démographique et d’augmentation du niveau de vie mondial. C’est l’objet du deuxième chapitre : «l’eau et les changements au XXe siècle». Ensuite, il évoque les moyens techniques utilisés pour donner à l’homme une certaine maîtrise de l’eau, des moyens dont de très nombreuses civilisations ont su se doter et ce depuis des milliers d’années. On peut même parfois se demander si l’idée de «civilisation» n’est pas née du lien étroit qui s’est créé entre l’homme et l’eau.

Yves Lacoste pose alors naturellement la question de l’eau dans les «grandes civilisations agricoles» puis celle du rapport entre eau et villes, enjeu ô combien sensible avec la croissance urbaine. Enfin il termine en analysant les «enjeux géopolitiques» («hydropolitiques»…) ainsi que les perspectives pour le XXIe siècle. Une prospective inquiétante tant apparaît insoluble l’équation qui rassemble la formidable croissance actuelle de la demande en eau douce et la raréfaction de la ressource disponible.

Complet, clair et synthétique, le lecteur aura plaisir à faire le tour du sujet avec cet ouvrage. Au travers de ce thème de l’eau, c’est une image du monde qu’Yves Lacoste nous donne à voir et nous explicite.


Rémi Luglia
( Mis en ligne le 10/07/2008 )
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