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Le Promenoir des deux amants
Claude Debussy (1862-1918)
Gabriel Fauré (1845-1924)
Henri Duparc (1848-1933)
Jan Van der Crabben( baryton )
Inge Spinette( piano )

Explicit Records / Intégral 2001   
Sélection Paru.com 2001
Recommandé par Répertoire 2001
TT :  50 mn.
E!00005
1 CD

Debussy
Le Promenoir des deux amants

+ Fauré
"En sourdine", "La Lune blanche luit dans les bois", "Mandoline", "Clair de lune", "Tristesse"

+ Duparc
"Phidylé", "L’Invitation au voyage", "Sérénade florentine", "Le Manoir de Rosemonde", "Elégie", "Soupir", "La Vie antérieure", "Sérénade"

Enregistrement (studio) : septembre 1999. Superbe captation, mettant bien en valeur la beauté du timbre de Jan Van der Crabben.
Notice et texte des mélodies en néerlandais, français, allemand, anglais. Notice intéressante mais un peu succinte et mal traduite.

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Le merveilleux disque que voilà ! Et quel bonheur de voir que la mélodie française n’est plus le domaine réservé de quelques chanteurs hexagonaux ; après Bernard Kruysen et José Van Dam, une troisième voix septentrionale vient reprendre le flambeau laissé il y a plusieurs années déjà par un Gérard Souzay, un Pierre Bernac. A 36 ans, Jan Van der Crabben mène une carrière remarquée dans des répertoires essentiellement baroques (avec La Petite Bande de Sigiswald Kuijken) et classiques (musique sacrée de Mozart, notamment). S’aventurer dans Debussy, Fauré et Duparc est donc de sa part une démarche originale, pour ne pas dire périlleuse. Et le spectre d’une certaine école de chant "frrrançais" vilipendée par Roland Barthes de se dresser devant l’auditeur inquiet…

Or, divine surprise, dès les premières plages, on rend les armes, conquis. L’art de Jan Van der Crabben n’est pourtant pas de ceux qui prennent l’auditeur en otage à grands coups d’esbroufe – il suffit de voir les œuvres inscrites au programme pour le comprendre. Du ton de confidence du cycle de Debussy à la nostalgie désespérée des dernières mélodies de Duparc en passant par la résignation douce amère qui irise le miraculeux alliage Fauré-Verlaine, la palette d’atmosphères de ce récital tient en un camaïeu de gris peu gratifiant pour les gosiers virtuoses.

Ici, l’alchimie opère. Outre la beauté immédiate de cette voix de baryton où n’affleure qu’un très léger accent, on admire sans réserve sa tenue, même dans les passages bousculés ("Mandoline", "Le Manoir de Rosemonde", "La Vie antérieure"), sa diction, d’une lisibilité dont certains chanteurs français actuels pourraient s'inspirer, un vibrato maîtrisé et un médium capable de couleurs et de nuances infinies. Bref, une voix rêvée pour mettre en relief les délicats joyaux de poésie symboliste et maniériste qui composent ce programme et dont le sibyllin "Clair de lune" offre un parfait exemple.

Van der Crabben ne craint pas de s’y montrer expressif (quand l’option "hermétisme mallarméen" serait si facile à choisir), se joue avec brio des embûches rythmiques, géniales équivalences à la prosodie bancale de Verlaine ; enfin, semble se délecter en gourmet des sonorités sensuelles du poème, jusqu’au magique "Les grands jets d’eau sveltes parmi les marbres". Le reste du disque serait une calamité, on vous presserait tout de même de l’acheter, rien que pour ces deux minutes trente. Par chance, les quarante-sept autres sont du même acabit…

La réussite est tout aussi époustouflante du côté de l’accompagnement. Apparemment spécialisée dans le répertoire moderne et contemporain, la jeune Inge Spinette se montre d’une aisance, d’une sensibilité et d’une éloquence confondantes, que ce soit dans les brèves introductions des mélodies de Fauré ou dans les tournures archaïsantes de Debussy. De quels Préludes, de quelle Suite bergamasque serait-elle capable ? On brûle de le découvrir un jour.

Un reproche ? Le seul possible : dites, monsieur Explicit Records, vos disques, vous ne pourriez pas les faire un tout petit peu plus longs ?


Pierre Brévignon
( Mis en ligne le 22/03/2001 )
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