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Films  
Carnet d'ailleurs : Brésil
avec Serge Moati
Editions Montparnasse - Carnets d'ailleurs 2005 /  15  € - 98.25 ffr.
Durée film 83 mn.
Classification : Tous publics

Le documentaire sur São Paulo a été réalisé par Yves Billon et celui sur Bahia par Serge Moati.

Sortie Cinéma : 2000 (Sao Paulo) et 2002 (Bahia), France

Version : DVD5/Zone 2
Format vidéo : 4/3
Format audio : Français, Dolby digital, Mono
Sous-titres : aucun

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Les éditions Montparnasse proposent avec la collection Carnets d’ailleurs, des documentaires sur différentes villes de la planète dont un sur le Brésil (1) et ses deux anciennes capitales : São Paulo et Bahia. Point ici de vidéo publicitaire façon agence de voyage pour touristes en mal d’exotisme. Non, il s’agit plutôt d’impressions de voyages où la subjectivité se conjugue au hasard des rencontres.

SAO PAULO, LA VILLE-MOSAÏQUE

São Paulo a beau être estampillée « capitale du crime, du chômage, de la misère et de la pollution », les paulistes aiment leur ville et le font savoir. Notamment avec des chants déclamés en vers par les repentistas, ancêtres des slameurs qui s’affrontent lors de joutes verbales improvisées dans les rues. Au fil des rencontres, on croise les Tupis-Guaranis relégués en banlieue, dans des abris de fortune, victimes de la déforestation dont le parc du Trianon reste le triste symbole des vestiges d’une forêt amazonienne devenue fantôme dans cette région. Planté devant une ville industrialisée dont on tarde à reconnaître la beauté, trop bien masquée sans doute par ses tons monochromes, le réalisateur, Yves Billon, insiste sur le charme qui émane de l’étrangeté de São Paulo ainsi que sur l’apport des vagues d’immigrations successives, notamment japonaise et italienne, qui renforcent son aspect cosmopolite. La caméra réussit à capter la vitalité d’une ville aux identités multiples - à la fois chrétienne et païenne, mégalopole et village » - tentant de déborder sa désolante violence et son climat social tendu entre favelas et quartiers résidentiels privés. Yves Billon évite la tentation misérabiliste en tentant de rendre compte des multiples facettes de la ville. Seul le ton récité, académique des commentaires en voix off alourdit quelque peu l’ensemble.

A BAHIA, LE BRASSAGE CULTUREL FAIT LOI

Changement de décor, nous faisons escale à Bahia : autre destination, autre charme, plus méditerranéen celui-là, autre réalisateur aussi - Serge Moati - et autre style (il fait une savoureuse mise en scène avec une voyante). Le documentariste et journaliste nous convie à une promenade dans les rues et sur les plages de Salvador de Bahia. Des façades défilent imposant le baroque délabré des vestiges coloniaux ; on part à la rencontre d’une population bahiannaise toujours prompte à investir les plages, à animer ses rues et à peupler ses églises par des chants. Les bahiannais rythment leur ville par des musiques et des danses. La capoeira, à la fois danse et sport national, est une arme de combat créée par les esclaves Noirs contre les maîtres blancs ; elle rappelle les origines d’un peuple issu pour une grande partie de l’immigration. La main-d’œuvre étant insuffisante pour exploiter les richesses du Brésil tels le bois, le sucre puis l’or, les colons portugais ont réduit en esclavage les Noirs d’Afrique de l’ouest, lesquels partaient du Golfe de Guinée pour atterrir sur les côtes brésiliennes. La Porte du non-retour, érigée sur la plage bahiannaise, est là pour commémorer cette traite des Noirs. L’Eglise Notre-Dame du Rosaire était d’ailleurs la seule église ouverte aux esclaves Noirs, qui en furent les bâtisseurs.
L’affirmation identitaire des Brésiliens passe par la liberté de culte où règne un syncrétisme religieux, lieu de convergence entre de multiples divinités chrétiennes et africaines, où la musique devient le vecteur entre les mondes visible et invisible. Tout est métissage au Brésil, et si ses mille visages se confondent avec harmonie, c’est que nécessité – spirituelle et identitaire – y fait loi. Ces deux documentaires sur le Brésil atteignent leur but : faire un tour d’horizon de São Paulo et Bahia tout en gardant un regard personnel, et nous donner envie d’en découvrir davantage par une douce invitation au voyage.

(1) Signalons à l’occasion de l’année du Brésil en France, une série de films, de conférences et d’expositions. L’une d’entre elles est consacrée à la minorité indienne, Brésil indien, et se tient au Grand Palais à Paris. Le catalogue de l’exposition est disponible aux éditions RMN.


Tiphaine Rochereuil
( Mis en ligne le 18/04/2005 )
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