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| Films -> Films historiques |
Comment survivre ?... de Stefan Ruzowitzky avec Karl Markovics, August Diehl, Devid Striesow France Télévisions Distribution 2008 / 19,99 € - 130.93 ffr. Durée film 98 mn. Classification : Tous publics | Sortie Cinéma, Pays : Allemagne, 2007
Sortie DVD : Fälscher, Die
Titre original : 10 septembre 2008
Version : DVD 9, Zone 2
Format vidéo : PAL, format 1.85
Format image : Couleurs, 16/9 compatible 4/3
Format audio : Allemand, Français, Dolby Digital 2.0 et 5.1
Sous-titres : Français, Français pour sourds et malentendants
Bonus :
- Coulisses du tournage
- Entretien avec Adolf Burger
- 4 scènes coupées
- Images de l’avant-première française
- Bande-annonce
+ Livret de 24 pages : entretien avec le réalisateur, rappels historiques, filmographies... Imprimer
Depuis quelques années, l’Allemagne regarde en face les ombres de son passé et sait, du moins semble-t-il à travers son cinéma, s’y confronter tout en s’en exorcisant. Après des chefs d’œuvres comme Good-Bye Lenin ! ou La Vie des autres, Les Faussaires ne détonne pas : l’histoire bassement humaine, sublimement humaine, d’hommes dans les rets de l’histoire et les blessures du nazisme.
De là à parler de «renouveau du cinéma germanique» comme peuvent le faire certains journalistes, ce serait tout simplement faire insulte à la vivacité d’un cinéma que les nombrilismes français feignent trop souvent de ne pas voir. Car il y a fort longtemps que le cinéma rayonne ailleurs que dans les limites de notre Hexagone, patrie certes des frères Lumière et de Méliès, mais simple primus inter pares dans la production cinématographique mondiale. Qu’on se le dise pour mettre en sourdine des envolées moins généreuses que condescendantes, oublieuses aussi des traversées du désert de notre production nationale…
Retour aux Faussaires : une histoire vraie, celle historique de l’opération Bernhard, entreprise par le régime nazi (produire en quantité des livres sterling et des dollars pour à la fois asphyxier les économies ennemies et, accessoirement, financer l’effort de guerre allemand) ; celle plus individuelle d’un itinéraire, celui de Sally (Salomon) Sorowitsch, Juif soumis au joug de la Gestapo à la veille de la guerre, et faussaire extrêmement talentueux.
C’est d’ailleurs ce talent inégalé qui lui évite les chambres à gaz. D’abord interné à Mauthausen où il échappe aux foudres nazies grâce à ses talents de dessinateur et de peintre, il est ensuite emmené à Sachsenhausen pour devenir la cheville ouvrière de cette gigantesque opération de malfaçon. Le capitaine Herzog, qui arrêta Sally 5 ans plus tôt, dirige l’opération. Avec d’autres Juifs apportant chacun sa valeur ajoutée (ils sont graphistes, typographes, imprimeurs, illustrateurs, etc.), Sally doit pouvoir créer des billets plus vrais que nature. Du succès de l’entreprise dépend la survie de tous… mais aussi la victoire de l’Allemagne contre ses adversaires.
Sally et l’un de ses collègues, Burger, incarnent ce dilemme moral. Salomon est l’exemple du survivant, prêt à tout – mais sans commettre de crime – pour passer au travers des massacres nazis. Si les autres s’en sortent aussi, ce sera un effet collatéral bienvenu. Donc, obéir et courber l’échine en suivant moins une morale aveugle qu’un pragmatisme moral, pourrait-on dire. Burger est plus noble d’une certaine manière, faisant passer sa vie après celle de ses comparses et l’issue de la guerre. Lui, il est prêt à saboter l’opération pour retarder ce qui donnerait un avantage décisif à l’Allemagne. Il est aussi moins solitaire que Salomon, il a perdu sa femme à Auschwitz.
Le film avance dans l’opposition et la cohabitation de ces deux attitudes, une intrigue parfaitement menée, riche d’un suspense prenant, si l’on ose dire, et ponctuée d’épisodes rappelant la barbarie nazie : les exécutions sommaires, les humiliations (Sally se fait uriner dessus par un sous-fifre du capitaine, exemple type - et caricatural - de la brute nazie) mais aussi les gestes d’entraide entre les prisonniers…
Juste, sobre, intelligent, le scénario est en outre porté par une réalisation de grande qualité : une photo où la couleur disparaît dans l’envahissement des gris, pâleurs des temps de guerre, quelques airs de tango pour habiller parfois tragi-comiquement des situations insupportables. L’acteur principal, Karl Markovics, incarnant Sally, est parfait : ni héros, ni salaud, il brille par son rapport à l’art, son acharnement à vivre et l’inextricable enchevêtrement des mesquineries et des gestes superbes et gratuits qui construisent une humanité véritable.
Un film à voir.
Bruno Portesi ( Mis en ligne le 26/09/2008 ) Imprimer
A lire également sur parutions.com:La Vie des autres de Florian Henckel von Donnersmarck Good bye Lenin ! de Wolfgang Becker | |
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