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Doigts de moins
Laia Fabregas   La Fille aux neuf doigts
Actes Sud 2010 /  18 € - 117.9 ffr. / 174 pages
ISBN : 978-2-7427-9126-2
FORMAT : 11,6cm x 21,8cm

Traduction d'Arlette Ounanian
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Née dans une famille de résistants à Franco dans l’Espagne des années 60, Laura a été élevée dans l’amour de ses parents et la haine de la dictature. Avec sa sœur Moira, elle traverse l’enfance apparemment sans encombre, sauf quelques détails qui clochent dans ce panorama du bonheur.

Tout d’abord, Laura n’a que neuf doigts ; l’histoire familiale dit qu’elle est née ainsi, mais le doute s’installe dans l’esprit de Laura adulte : cette anomalie date-t-elle réellement de sa naissance, comme le répète sa mère Carme, ou un secret entoure-t-il ce dixième doigt absent ? Le meilleur moyen de le savoir serait de pouvoir consulter des photographies de Laura enfant ; mais là, encore une fois, quelque chose cloche : le père, Tomas, a définitivement interdit les photographies dans la famille. A la place, il apprend à ses deux filles l’art de la «photo-pensée», manière de se créer des images mentales qui serviront de souvenirs sans encombrer de lourds albums photos. Là aussi, le doute s’installe : Laura et Moira sont persuadées d’avoir vu leur père les prendre en photo quand elles étaient enfants : où sont passées ces photos, et surtout pourquoi leur père ne leur accorde-t-il pas le droit de les voir ? Car, sans représentation physique de ce que fut leur vie, «comment décider de ce qui est vrai et de ce qui ne l’est pas ?», se demande Laura. Le mystère est d’autant plus intenable que des photos de petites filles qui leur ressemblent commencent à arriver par la poste dans la boîte aux lettres de Laura.

«Je m’appelle Laura. J’ai neuf doigts». Ces mots ouvrent le roman. Ponctuellement cette phrase aussi courte que cruelle ouvrira chaque chapitre, avec le récit terrifiant d’une mutilation nouvelle. «Je m’appelle Laura. J’ai huit doigts» ; «Je m’appelle Laura et j’ai sept doigts» ; jusqu’à ce «Je m’appelle Laura et j’ai un doigt, un seul» du dernier chapitre.

Roman de la quête identitaire de deux femmes sur leur passé et leur enfance, roman complexe mélangeant un certain réalisme social, dans les scènes décrivant le combat politique des deux parents, la poésie onirique dans le concept de «photo-pensée» et les brèves apparitions d’un certain «Arnau», irréelle figure de l’amour dans la vie de Laura, La Fille aux neuf doigts nous entraîne et nous perd habilement dans un labyrinthe entre passé et présent, rêve et réalité, mensonge et vérité, mémoire et oubli. On en sort émerveillé, les yeux perdus dans le vague, pour tenter de se graver en mémoire une «photo-pensée» des pages lues…

«Pendant le petit déjeuner de ce jour où j’ai perdu mon annulaire gauche, les cueilleurs d’olives furent présentés les uns aux autres. Il y avait chaque année de nouvelles personnes et ce jour-là ne fit pas exception. Une fillette de sept ou huit ans fut fascinée par mes mains et, après les avoir fixées un moment, elle demanda, d’une voix timide, si je pouvais cueillir des olives avec des mains si incomplètes. Elle avait un visage rond, de grands yeux et cinq doigts à chaque main. Je lui répondis que j’y arriverais sûrement, que cela ne m’avait pas posé de problèmes l’année dernière, qu’il n’y avait donc pas de raison pour que cela m’en pose cette année. Plus tard, un ami me demanda à voix basse si je n’avais pas un doigt de moins depuis l’année dernière et je lui fis signe que oui».

Née à Barcelone, Laia Fabregas est partie travailler à Rotterdam après ses études. La Fille aux neuf doigts, écrit en néerlandais, est son premier roman ; il a fait sensation aux Pays-Bas.


Michel Pierre
( Mis en ligne le 14/07/2010 )
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