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Vulgate philosophique
Lucien Jerphagnon   Histoire de la pensée - d'Homère à Jeanne d'Arc
Tallandier - Approches 2011 /  25.90 € - 169.65 ffr. / 600 pages
ISBN : 978-284734764X
FORMAT : 14 cm x 21 cm
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«La philosophie ? Le mot, déjà, inquiète, et la chose, pour autant qu’on en ait l’expérience, ne rassure pas». C’est ainsi que Lucien Jerphagnon s’exprime sur la philosophie, à laquelle il a consacré l’ouvrage Histoire de la pensée d’Homère à Jeanne d’Arc, paru aux éditions Tallandier. D’emblée, le Professeur annonce la couleur : dans ce livre, il prend quelque peu ses distances avec la vulgate officielle. Dès l’exorde, il moque gentiment ceux qui considèrent la philosophie comme une sorte d’«assistance intellectuelle» et d’«obstétrique de l’esprit. Ce serait en somme, continue-t-il, une curatelle de la pensée». Pêle-mêle, d’après lui, les philosophes prendraient souvent des allures de «donneurs de conseils, d’abstracteurs de quintessence, de redresseurs de torts, de signataires de pétitions».

Né en 1921 à Nancy, Lucien Jerphagnon est à la fois historien et philosophe. Il a été Professeur des universités, notamment à Caen, l’une des universités les plus anciennes de France. Elle fut en effet fondée par les Anglais, pendant la Guerre de Cent Ans, pour lutter contre l’influence de la Sorbonne. Ceci explique pourquoi L. Jerphagnon a eu comme élève Michel Onfray, lequel en garde un bon souvenir. L’auteur du très célèbre Anti-manuel de philosophie a par le passé déclaré que «les cours de Lucien Jerphagnon étaient très vivants, avec beaucoup d’improvisation» et de spontanéité. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, L. Jerphagnon fut dénoncé comme réfractaire au STO, le Service du travail obligatoire, puis il fut déporté outre-Rhin à Hanovre. Il y restera deux ans, avant d’être libéré par les troupes du Général Montgomery. «Honteux» d’avoir connu l’«esclavage», il suivit ensuite les cours de Jean Orcibal, spécialiste du jansénisme et du mysticisme. Il devint également disciple de Vladimir Jankélévitch et fut assez proche de Paul Veyne, lui aussi grand connaisseur de l’Empire romain.

Dans son ouvrage, couronné par l’Académie des sciences morales et politiques, L. Jerphagnon a délibérément opté pour la «vulgarisation». Se voulant «élémentaire», i.e. «ramené à l’essentiel, exposé sans détours et dans la langue de tout le monde», le propos n’est ni vague ni évasif ou négligé, loin s’en faut. En vue de ne pas décourager le lecteur de bonne volonté, le Professeur annonce vouloir faire fi de certains des canons de la recherche scientifique (érudition tous azimuts, notes de bas de page omniprésentes, expressions latines et grecques à profusion, etc.). En effet, précise-t-il, le propos de ce livre consiste à «donner accès à l’histoire de la philosophie». L’auteur entend «raconter cette aventure, hasardeuse, parfois terre-à-terre, parfois sublime ; narrer la marche séculaire de la pensée qui se découvre comme telle et qui prétend se rendre à elle-même un compte exact de ce qu’est «le monde» (…), de ce qu’elle est elle-même, et de ce qu’elle peut et doit y faire».

Pour ce faire, l’auteur a réduit cette aventure à l’Occident, qu’il considère comme «notre milieu nourricier». S’agissant de la pensée orientale, L. Jerphagnon avoue ne pas avoir «la compétence requise» pour la traiter de façon convaincante. Par ailleurs, «dans la pensée occidentale, explique-t-il, je m’en tiendrai aux seuls couches chronologiques qui me sont devenues familières au terme de soixante années d’études, dont vingt-cinq d’enseignement universitaire et de recherche : l’Antiquité et ce qu’il est convenu d’appeler le Moyen Age». La tradition est donc ancienne. L. Jerphagnon part du traité que Philodème de Gadara consacra, un siècle avant Jésus-Christ, à «cette manière de dire ce qu’on pense – même si l’on ne dit pas tout». A travers Philodème, l’auteur remonte à Démocrite, soit trois siècles plus tôt. Ainsi L. Jerphagnon désarme, d’emblée, quelques préventions.

Cette Histoire de la pensée est tout à fait remarquable. L’un de ses principaux mérites est de rendre la philosophie accessible à tout un chacun. Par ailleurs, l’ouvrage rappelle que la vérité n’est pas monolithique, mais plurielle et diverse. Quel qu’il soit, un courant de pensée ne parvient jamais à épuiser la richesse de la vérité. Pour le démontrer, L. Jerphagnon pioche notamment chez les sceptiques, chez les stoïciens, chez les épicuriens, etc. Son souci de comprendre les mondes ancien et moderne est évident. Méfiant vis-à-vis des philosophies qui ont prétendu durer plus longtemps que le bronze, exegi monumentum aere perenius (premier vers de la dernière ode du troisième livre des Odes d’Horace), l’auteur conclut que ce qui ne varie pas est cette prétention à la complétude et à l’éternité de la plupart des courants de la pensée, alors qu’ils n’éclairent au mieux qu’un moment du temps.


Jean-Paul Fourmont
( Mis en ligne le 05/04/2011 )
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